L’ÉDU­CA­TION, SE­MENCE POUR L’IN­TÉ­GRA­TION ÉCO­NO­MIQUE DUMAGHREB

La Presse Business (Tunisia) - - TRIBUNE - Par MAH­MOUD TRI­KI, Uni­ver­si­taire

Le contexte

Pour mieux pré­pa­rer leurs di­plô­més à réus­sir dans une éco­no­mie mon­dia­li­sée, les uni­ver­si­tés ont in­ter­na­tio­na­li­sé leurs pro­grammes de for­ma­tion et de re­cherche à tra­vers des ac­cords de par­te­na­riat com­pre­nant, entre autres, des pro­grammes d’échanges d’étu­diants et de pro­fes­seurs. Cer­taines ont ou­vert leurs propres cam­pus dans d’autres pays, et plu­sieurs exigent de leurs étu­diants d’ef­fec­tuer une par­tie de leurs pro­grammes à l’étran­ger. A titre in­di­ca­tif, chaque an­née, plus de trois cents mille étu­diants amé­ri­cains ef­fec­tuent des voyages d’études à l’étran­ger (Stu­dy Abroad Pro­gram). En­fin, la ma­jo­ri­té des uni­ver­si­tés fa­vo­risent l’ad­mis­sion d’étu­diants in­ter­na­tio­naux pour créer au sein de leurs uni­ver­si­tés un en­vi­ron­ne­ment mul­ti­cul­tu­rel bé­né­fique à l’en­semble de leurs étu­diants. Un des cri­tères uti­li­sés par les or­ga­nismes d’ac­cré­di­ta­tion est le nombre d’étu­diants étran­gers ins­crits dans le pro­gramme. Par ailleurs, les gou­ver­ne­ments de plu­sieurs pays dé­ve­lop­pés ac­cordent des bourses aux étu­diants in­ter­na­tio­naux pour contri­buer à l’in­té­gra­tion de leurs éco­no­mies dans l’éco­no­mie mon­diale et pour pro­mou­voir l’ex­por­ta­tion de leurs tech­no­lo­gies. Quand la Tu­ni­sie a vou­lu for­mer mille in­gé­nieurs en Amé­rique du Nord en dé­but des an­nées 1980 l’Usaid avait ini­tia­le­ment re­fu­sé le sou­tien fi­nan­cier à ce pro­jet. Lorsque le même pro­jet a été pré­sen­té au Sous-Se­cré­taire d’Etat amé­ri­cain comme moyen d’in­tro­duire la tech­no­lo­gie amé­ri­caine en Tu­ni­sie et de la pro­mou­voir dans la ré­gion, le gou­ver­ne­ment US a contri­bué avec cinq mil­lions de dol­lars par an sur une pé­riode de plu­sieurs an­nées. En­fin, l’étu­diant in­ter­na­tio­nal est po­ten­tiel­le­ment un fu­tur ami du pays d’ac­cueil ; il dé­ve­loppe des af­fi­ni­tés avec ses ca­ma­rades de classe, ce qui fa­vo­rise le dé­ve­lop­pe­ment fu­tur de re­la­tions d’af­faires et de pro­jets conjoints.

La si­tua­tion au Magh­reb

Dans les pays du Magh­reb, mis à part des ac­cords in­ter­gou­ver­ne­ments qui res­tent fort li­mi­tés, il n’y a pra­ti­que­ment pas d’échanges d’étu­diants et de pro­fes­seurs entre les ins­ti­tu­tions uni­ver­si­taires magh­ré­bines. Sur le plan in­di­vi­duel, peu d’étu­diants magh­ré­bins s’ins­crivent dans des uni­ver­si­tés des pays voi­sins. Ce­la est at­tri­bué à trois prin­ci­paux fac­teurs, à sa­voir (1) la cen­tra­li­sa­tion pous­sée au ni­veau des mi­nis­tères de la ges­tion des uni­ver­si­tés pu­bliques ne lais­sant pas beau­coup de li­ber­té et de moyens aux di­ri­geants des ins­ti­tu­tions uni­ver­si­taires pour l’or­ga­ni­sa­tion de pro­grammes d’échanges d’étu­diants et/ou de pro­fes­seurs; (2) la li­mi­ta­tion des capacités d’ac­cueil qui sont ré­ser­vées prin­ci­pa­le­ment pour sa­tis­faire les be­soins des na­tio­naux; et (3) le faible ni­veau de la qua­li­té des pro­grammes of­ferts par les uni­ver­si­tés magh­ré­bines. Les jeunes Magh­ré­bins à la

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