QUE DE MAU­VAISES NOU­VELLES !

La Presse Business (Tunisia) - - POST-SCRIPTUM - Par Saous­sen BOULEKBACHE

La si­tua­tion éco­no­mique conti­nue à être très cri­tique. Pour les plus pes­si­mistes, l’éco­no­mie tunisienne se­rait au bord de l’ef­fon­dre­ment. D’ailleurs, rien de plus concret dans ce sens que les sta­tis­tiques men­suelles pré­sen­tées par la Banque cen­trale de Tu­ni­sie. Ces in­di­ca­teurs sur l’évo­lu­tion de la conjonc­ture éco­no­mique de jan­vier 2016 rap­pellent « la salle de ré­ani­ma­tion». Pro­duc­tion, consom­ma­tion, épargne, in­ves­tis­se­ment, com­merce ex­té­rieur, va­leur de la mon­naie, em­ploi… ! Rien ne va. Que des coups durs pour notre pauvre éco­no­mie en souf­france, de­puis plu­sieurs an­nées dé­jà ! Le rap­port men­suel chif­fré de la BCT dé­voile plu­sieurs vé­ri­tés, le moins que l’on puisse dire, très dé­cou­ra­geantes. L’in­dice gé­né­ral de la pro­duc­tion in­dus­trielle a di­mi­nué à un rythme plus ac­cen­tué du­rant les onze pre­miers mois de 2015, soit -1,8%. Le flé­chis­se­ment de la pro­duc­tion éner­gé­tique conti­nue avec -6% et la dé­té­rio­ra­tion de la pro­duc­tion mi­nière s’élève à -18,1%. Il n’y a que l’in­dus­trie ma­nu­fac­tu­rière qui pour­suit une lé­gère hausse de 0,2%. Que se passe-t-il dans nos usines ? Où sont nos hommes d’af­faires ? Com­ment gèrent-ils leurs pro­jets pour ar­ri­ver à une telle si­tua­tion ? Il ne faut sur­tout pas im­pu­ter tout ce­la au cli­mat gé­né­ral du pays ni à la si­tua­tion sé­cu­ri­taire. Que di­raient alors les opé­ra­teurs des ser­vices et no­tam­ment ce­lui du tou­risme ? Les prin­ci­paux in­di­ca­teurs de cette ac­ti­vi­té ont pour­sui­vi leur dé­té­rio­ra­tion au dé­but de l’an­née et en par­ti­cu­lier les nui­tées tou­ris- tiques glo­bales qui ont per­du 46,5% en jan­vier der­nier. Les en­trées des étran­gers ont bais­sé de 20,7%, d’où la chute des re­cettes tou­ris­tiques es­ti­mées à -49,9%, ce qui contri­bue à l’im­mer­sion du sec­teur fi­nan­cier dans d’in­nom­brables dif­fi­cul­tés. Ain­si, les avoirs nets en de­vises ont ac­cu­sé une baisse, ne cou­vrant que 123 jours d’im­por­ta­tion (à la fin de jan­vier der­nier) contre 128 jours au terme de l’an­née 2015. Le rap­port de la BCT parle éga­le­ment d’un ra­len­tis­se­ment du rythme d’évo­lu­tion des ré­serves ban­caires, d’une baisse des dé­pôts ban­caires sous l’ef­fet de la ré­duc­tion des comptes à terme, ain­si que de la nette dé­cé­lé­ra­tion des dé­pôts à vue et des comptes d’épargne. Cô­té re­ve­nus du tra­vail, ils ont di­mi­nué de 18,2% et le taux de chô­mage s’est ac­cru, au cours du qua­trième tri­mestre, de 0,1 point pour at­teindre 15,4%, pour­sui­vant la ten­dance haus­sière dans la­quelle il s’est ins­crit de­puis le dé­but de l’an­née 2015. Il ne faut pas ou­blier non plus que tous ces in­di­ca­teurs livrent à la Tu­ni­sie une sé­rie de mau­vaises notes at­tri­buées par les ins­ti­tu­tions in­ter­na­tio­nales. Der­nière note en date, celle oc­troyée par l’agence de no­ta­tion Moo­dy’s qui vient d’an­non­cer le main­tien de la note sou­ve­raine de la Tu­ni­sie à Ba3, as­sor­tie de pers­pec­tive stable. Une note éla­bo­rée à par­tir des ana­lyses du pro­fil de cré­dit de la Tu­ni­sie dans le contexte des risques de sé­cu­ri­té. Moo­dy’s, un géant de la no­ta­tion in­ter­na­tio­nale, ne semble pas être dis­po­sé à al­ler vers une amé­lio­ra­tion de la note et pour cause : le cu­mul des mau­vaises nou­velles.

Newspapers in French

Newspapers from Tunisia

© PressReader. All rights reserved.