Nous avions cru au cours des an­nées pas­sées que la Tu­ni­sie al­lait do­mi­ner ses pro­blèmes d’em­ploi et de dé­ve­lop­pe­ment grâce à de nom­breux grands pro­jets mais ces pro­jets sont res­tés lettre morte. Que faire pour les ré­ac­ti­ver ?

La Presse Business (Tunisia) - - EN COUVERTURE - ?

D’abord, il faut mettre un point fi­nal aux af­fir­ma­tions fan­tai­sistes à pro­pos de ces pro­jets avant de pré­ci­ser le plus ob­jec­ti­ve­ment pos­sible leurs traits réels. Avec 3 in­ter­ro­ga­tions: quels sont les pro­jets qui sont vrai­ment réa­li­sables sur

M.M. :

le ter­rain ? Les­quels d’entre-eux doivent être in­clus dans le plan de dé­ve­lop­pe­ment et les autres qui doivent être trai­tés à part ? Et sur­tout, jus­qu’à quel point ces pro­jets in­flue­raient-ils réel­le­ment sur les grands buts que nous nous se­rions fixés ? De plus, il est d’une im­por­tance pri­mor­diale que les cen­trales pa­tro­nale et syn­di­cale se lient au gou­ver­ne­ment pour un ef­fort com­mun afin de cris­tal­li­ser ce qu’il convient de faire dans le dos­sier des grands pro­jets.

Beau­coup d’in­ves­tis­seurs ac­cusent l’en­vi­ron­ne­ment des af­faires d’être an­ti-in­ci­ta­tif, à com­men­cer par le chaos des in­nom­brables dé­cla­ra­tions qui sus­citent les in­quié­tudes. Ils ne savent plus à quel saint se vouer pour dé­ni­cher des signes qui les ras­su­re­raient. Par où com­men­cer sur cette don­née com­plexe M.M. :

La pre­mière condi­tion pour ra­me­ner le calme dans les es­prits est que le gou­ver­ne­ment soit vrai­ment pré­sent sur le ter­rain. Au sein des pre­miers gou­ver­ne­ments après l’In­dé­pen­dance, les hauts res­pon­sables de l’Etat étaient la plu­part du temps hors de leurs bu­reaux pour as­su­rer le con­tact di­rect avec les Tu­ni­siens dans toutes les ré­gions du pays pour ex­pli­quer, vul­ga­ri­ser la dé­marche du gou­ver­ne­ment et mo­bi­li­ser au­tour de ces pro­jets. D’ailleurs, tout le monde sait que Bour­gui­ba avait une in­ter­ven­tion au moins heb­do­ma­daire au cours de la­quelle il par­lait aux Tu­ni­siens

“Il y eut un tol­lé mé­dia­tique quand j’ai af­fir­mé que nous étions en me­sure de créer pas moins de 600 mille

em­plois au cours des quelques pro­chaines an­nées.”

et les ga­gnait à sa cause. Au­jourd’hui, le gou­ver­ne­ment est com­plè­te­ment ab­sent. Et ce que tout le monde at­tend de lui est simple : le chef du gou­ver­ne­ment et les mi­nistres doivent se mo­bi­lier au­près de nos conci­toyens pour leur faire com­prendre ce qu’ils font. Rien de moins ne pour­rait ins­tal­ler la confiance qui est la base de l’amé­lio­ra­tion de l’en­vi­ron­ne­ment des af­faires. Ha­bib Es­sid, notre Pre­mier mi­nistre ac­tuel, de­vrait prendre le mi­cro une fois par se­maine pour ex­pli­quer les ef­forts du gou­ver­ne­ment et les buts qu’il pour­suit.

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