EN­CORE FAUT-IL SA­VOIR COM­MENT...

La Presse Business (Tunisia) - - POST-SCRIPTUM - Par Saous­sen BOULEKBACHE

Entre2011et2015,en­vi­ron 1.868 en­tre­prises tu­ni­siennes et mixtes et 116.600 em­plois ont été per­dus. Ces chiffres, qui ont été dé­voi­lés par l’en­quête de l’Agence de pro­mo­tion de l’in­dus­trie et de l’in­no­va­tion, donnent vrai­ment froid au dos. Ils sont aus­si la preuve vi­vante de la vul­né­ra­bi­li­té des en­tre­pre­neurs tu­ni­siens et étran­gers en cas de ca­tas­trophes. Les re­ven­di­ca­tions so­ciales et les actes ter­ro­ristes pro­duisent des an­goisses dé­vas­ta­trices pour le chef d’en­tre­prise et son en­tou­rage. Com­ment s’en sor­tir ? Vers quelles struc­tures s’orien­ter ? Telles sont les ques­tions que de­vraient se po­ser tous les gou­ver­ne­ments. Ceux-ci doivent ad­mettre que vivre avec le ter­ro­risme est dé­sor­mais une vé­ri­té. De­puis les at­taques qui ont frap­pé, le 11 sep­tembre 2001, les Etats-Unis d’Amé­rique et jus­qu’aux der­nières confron­ta­tions de Ben Guer­dane, toutes les dé­mo­cra­ties du monde doivent ap­prendre à com­battre sans fai­blir des concep­tions et des idéo­lo­gies sou­vent en­core mal com­prises. La vi­ru­lence des dis­si­dences qui tra­versent l’is­lam au­jourd’hui, et qui op­posent la mi­no­ri­té in­té­griste, dont sont is­sus les ter­ro­ristes, et la masse des mu­sul­mans qui as­pirent à une vie nor­male, est dé­vas­ta­trice. L’af­fron­te­ment, qui du­re­ra peut-être une gé­né­ra­tion, doit être mieux maî­tri­ser afin de re­te­nir les in­ves­tis­seurs et leur don­ner confiance. Il ne suf­fit pas d’ac­cueillir avec sa­tis­fac­tion le tra­vail des po­li­ciers qui réus­sissent à pré­ve­nir les at­ten­tats et à les dé­jouer ; il est né­ces­saire d’être plus cri­tique et plus vi­gi­lant lorsque des ter­ro­ristes passent à tra­vers les mailles du fi­let et dé­truisent tout sur leur pas­sage. Dans leur com­bat contre ces in­sur­gés, les gou­ver­ne­ments usent de di­verses mé­thodes et leur ac­tion os­cille entre la dis­cré­tion utile au bon dé­rou­le­ment des en­quêtes et la né­ces­si­té d’in­for­mer le pu­blic des me­naces qui planent au-des­sus de sa tête. Mais qu’ont-ils pré­vu pour pré­ser­ver les in­ves­tis­se­ments na­tio­naux et in­ter­na­tio­naux ? Les dé­mo­cra­ties se dé­fendent par une ac­tion po­li­cière sans faille et par leur in­tel­li­gence stra­té­gique mais les chefs d’en­tre­prise, eux, se re­trouvent de­vant des dif­fi­cul­tés im­pré­vibles et s’aper­çoivent vite de leur manque to­tal d’ex­pé­rience. La ges­tion d’une en­tre­prise par «gros temps» n’est pas en­sei­gnée dans les écoles ni dans les fa­cul­tés. La chose la plus simple à faire lors­qu’un grain de sable vient à grip­per la ma­chine, c’est de re­cou­rir) la seule échap­pa­toire pos­sible : faire marche ar­rière, ef­fa­re­ment oblige. Pen­sons à nos in­ves­tis­seurs et ne les lais­sons pas al­ler tout droit dans le mur.

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