IN­VES­TIS­SE­MENT

Et le mi­nis­tère ré­pond aux ac­cu­sa­tions.

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE - Par Omar KAMMOUN

Bra­him dé­clenche une nou­velle polémique

Les po­lé­miques se suivent mais ne se res­semblent pas pour Yas­sine Bra­him, mi­nistre du Dé­ve­lop­pe­ment, de l’In­ves­tis­se­ment et de la Co­opé­ra­tion in­ter­na­tio­nale. Après l’af­faire Banque-La­zard qui a fait cou­ler beau­coup d’encre fin 2015, voi­ci une nou­velle polémique qui com­mence à prendre de l’am­pleur. Mar­di 26 fé­vrier, le mi­nistre a pro­cé­dé à la si­gna­ture d’une conven­tion pour la réa­li­sa­tion d’un grand pro­jet dans la ré­gion de Mot­bass­ta (gou­ver­no­rat de Kai­rouan). D’un coût es­ti­mé à 200 mil­lions d’eu­ros, ce pro­jet consiste en la culture de la canne à sucre (arun­do do­nax) sur 12.500 hec­tares de ter­rains mar­gi­naux (de sa­li­ni­té éle­vée et non va­lables pour l’agriculture) en uti­li­sant près de 30 mil­lions m3 d’eaux usées pro­ve­nant des sta­tions d’épu­ra­tion de l’Onas (Of­fice na­tio­nal de l’as­sai­nis­se­ment) et des eaux de drai­nage des oa­sis et ce, en vue d’ex­traire et de trans­for­mer la bio­masse cel­lu­lo­sique en bioé­tha­nol (bio­car­bu­rant) à tra­vers la mise en place d’une dis­til­le­rie. Se­lon les pré­vi­sions, le pro­jet per­met­tra de pro­duire an­nuel­le­ment 100.000 tonnes de bioé­tha­nol, dont 5% se­ront ac­cor­dées gra­tui­te­ment à la Tu­ni­sie. Et crée­ra jus­qu’à 4.000 em­plois, dont 2.000 à du­rée in­dé­ter­mi­née, dans une ville long­temps mar­gi­na­li­sée. Jusque-là tout semble al­ler dans le bon sens.

ICL, FI­LIALE D’UN GROUPE IS­RAÉ­LIEN ?

Tou­te­fois, l’en­tre­prise pro­prié­taire du pro­jet a été pré­sen­tée par plu­sieurs mé­dias comme étant fi­liale d’un groupe is­raé­lien. Et pour cause : d’abord son ap­pel­la­tion ICL-Tu­ni­sie ; en­suite la conven­tion a été si­gnée par l’Ita­lienne Lu­cia Gal­bia­ti, puisque 64% du ca­pi­tal de l’en­tre­prise sont dé­te­nus par des ac­tion­naires ita­liens, et qui a été pré­sen­tée, dans l’in­vi­ta­tion à l’évè­ne­ment, comme re­pré­sen­tante ju­ri­dique de ICL-Ita­ly. Or, en fai­sant une pe­tite re­cherche sur Google à pro­pos d’ICL- Ita­ly, c’est une en­tre­prise ita­lienne fi­liale du groupe is­raé­lien Is­rael Chi­mi­cal Ltd, qui s’af­fiche en pre­mier. Sur son site, cette en­tre­prise af­fiche clai­re­ment son ap­par­te­nance au groupe is­raé­lien. S’agit-il de la même en­tre­prise ? «Il s’agit d’un ho­mo­nyme» , af­firme une source au mi­nis­tère du Dé­ve­lop­pe­ment. Ré­pon­dant aux ac­cu­sa­tions, le mi­nis­tère a même pu­blié un com­mu­ni­qué dans le­quel il pré­cise que : «ICL-Tu­ni­sie, di­ri­gée par Lu­cia Gal­ba­ti, fi­gure de­puis 2006 dans le re­gistre com­mer­cial de Tu­ni­sie sous le titre B2458092006» . Il af­firme, éga­le­ment, que plu­sieurs vé­ri­fi­ca­tions ont été faites dans tous les sens avant la conclu­sion de cet ac­cord. D’ailleurs, dans la pré­sen­ta­tion en­voyée aux jour­na­listes, les 64% du ca­pi­tal d’ICL-Tu­ni­sie sont dé­te­nus par deux groupes eu­ro­péens, à sa­voir l’Ita­lien Mos­si & Ghi­sol­fi, et le suisse Bio­mass Group. No­tons, tou­te­fois, qu’Al­do Bo­lan­di, l’ins­ti­ga­teur du pro­jet, n’en est pas à sa pre­mière ac­tion en Tu­ni­sie. Fin 2010, il a an­non­cé un pro­jet d’un coût de 900 mil­lions d’eu­ros à Ta­taouine, consis­tant en la plan­ta­tion d’aca­cias sur une su­per­fi­cie de 160.000 hec­tares et per­met­tant de créer 45.000 em­plois sur 15 ans. Un pro­jet qui n’a pas vu le jour.

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