Dé­jeu­ner avec RON PERELMAN Le bar­bare des an­nées 80

Le deal ma­ker des an­nées junk bonds parle, de­vant une sole, d’amour, de deals et de ses pro­cès à ré­pé­ti­tion.

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE - An­drew EDGECLIFFE-JOHN­SON, FT

Il a ac­cu­mu­lé cinq ma­riages, huit en­fants, une for­tune es­ti­mée entre 12 et 14 mil­liards de dol­lars ain­si que d’in­nom­brables fac­tures d’avo­cats dues à des dé­mê­lés avec des membres de sa fa­mille, des as­so­ciés ou des arbitres. Ce n’est donc pas une sur­prise si Ron Perelman col­lec­tionne aus­si les res­tau­rants. Le pug­nace homme d’af­faires a in­ves­ti dans le Mon­key Bar de Gray­don Car­ter, dans le Mid­town Man­hat­tan ou dans le plus fa­shion Red Roos­ter d’Har­lem. Il s’est bat­tu pour faire fer­mer le bis­tro Le Bil­bo­quet, pour ses tables “illé­gales” en ter­rasse dans son quar­tier, pour fi­na­le­ment fi­nan­cer son dé­mé­na­ge­ment dans un lo­cal plus grand, deux rues plus loin. Ron Perelman, l’un des “bar­bares” des an­nées 1980, ceux du boom des ra­chats à coups de junk bonds, n’a in­ves­ti au­cun ar­gent dans le res­tau­rant de fruits de mer de Mi­chael White, le fa­meux ita­lien Ma­rea, mais il y semble à l’aise. Peut-être parce que c’est un ha­bi­tué ou peut-être parce que les murs en bois rendent l’en­droit aus­si brillant qu’un yacht bien po­li de mil­liar­daire. Les parts de Ron Perelman dans di­verses so­cié­tés au sein de sa hol

ding diversifiée, MacAndrews & Forbes, vont du paillis aux vé­hi­cules mi­li­taires et aux cartes à grat­ter. Il est éga­le­ment l’ac­tion­naire ma­jo­ri­taire du géant cos­mé­tique Rev­lon. Il n’a au­cune idée de la rai­son pour la­quelle un en­droit comme le Ma­rea a rem­por­té deux étoiles au guide Mi­che­lin, ce­pen­dant : “je ne suis pas un vrai gour­met”, avoue-t-il. “J’aime l’am­biance des res­tau­rants plus que je ne me sou­cie de la nour­ri­ture.” Il fi­nance des res­tau­rants pour sou­te­nir des amis ou ren­for­cer leurs ré­seaux lo­caux, dit-il, et en 2009, il a sou­te­nu le Blue Par­rot, un bar à Mar­ga­ri­ta dans l’East Hamp­ton, avec le mar­chand d’art Larry Ga­go­sian, le chan­teur Jon Bon Jo­vi et l’ac­trice Re­née Zell­we­ger, même s’il dé­teste la nour­ri­ture mexi­caine ; à la place, les chefs de son res­tau­rant lui servent du pois­son grillé. Il perd peu de temps sur le me­nu du Ma­rea, même si pour le consul­ter il a mis ses lu­nettes ri­go­lotes à grosse mon­ture verte. (“Je me suis dit que quitte à por­ter des lu­nettes au­tant qu’elles soient le plus fun­ky pos­sible”). Je suis en train de pen­ser que le “dé­jeu­ner d’af­faires” à prix fixe, 45 dol­lars, est d’un prix mo­deste pour les normes de Man­hat­tan lorsque Ron Perelman com­mande de la sole de Douvres (supplément 55 dol­lars). Je lui de­mande s’il dé­sire une en­trée et il com­mande sans convic­tion une sa­lade. Je me dis­pense du ca­viar à 275 dol­lars les 30 grammes et prends une soupe de lai­tue avec des cuisses de gre­nouille crous­tillantes, sui­vie de gnoc­chis avec des cre­vettes et les poi­vrons. “Vous n’êtes donc pas Juif ?” me de­man­det-il après mes choix peu ca­sher. Je lui de­mande si je l’in­com­mode en man­geant des fruits de mer de­vant lui et il m’as­sure que non. Il m’ex­plique qu’il garde le ca­sher pour l’in­ti­mi­té, à l’ex­té­rieur, il choi­sit du pois­son ou de simples pâtes. Ron Perelman, qui est né en Ca­ro­line du Nord et a gran­di en Penn­syl­va­nie, se dé­crit comme “un Juif très pra­ti­quant”. Il dit qu’il n’a pas eu une édu­ca­tion or­tho­doxe mais a dé­ci­dé d’éle­ver ses propres en­fants dans la re­li­gion après un pre­mier voyage émou­vant en Israël à l’âge de 18 ans. L’édu­ca­tion juive a éga­le­ment été au centre de ses oeuvres phi­lan­thro­piques : cette an­née, un don de 25 mil­lions de dol­lars à son an­cienne uni­ver­si­té, l’Uni­ver­si­té de Penn­syl­va­nie, et un autre de 100 mil­lions de dol­lars pour un nou­veau centre d’in­no­va­tion à la Co­lum­bia Bu­si­ness School. La mu­sique est un autre de ses centres d’in­té­rêt et le week-end der­nier, il était en Grande-Bre­tagne pour sou­te­nir l’ini­tia­tive du Car­ne­gie Hall de créer le pre­mier Or­chestre na­tio­nal des jeunes d’Amé­rique. Après deux se­maines de ré­pé­ti­tions à New York, 120 mu­si­ciens âgés de 16 à 19 ans se sont pro­duits di­manche 21 juillet aux concerts des proms du Royal Al­bert Hall de Londres. Va­le­ry Ger­giev di­ri­geait, et le vio­lo­niste amé­ri­cain Jo­shua Bell était so­liste. “J’aime la mu­sique, et je pense qu’elle est par­ti­cu­liè­re­ment puis­sante pour les en­fants”, ex­plique Ron Perelman. Je lui de­mande s’il jouait d’un ins­tru­ment, jeune. Il ré­pond qu’il est “un bat­teur frus­tré” de­puis ses 13 ans et qu’il joue quel­que­fois à New York et dans sa mai­son de plage des Hamp­tons, in­sis­tant sur le fait que tous les groupes qui jouent chez lui le laissent jouer avec eux. Il a ain­si ac­com­pa­gné Al Green et Billy Joël,

a fait un concert à New York avec Jon Bon Jo­vi et a joué une chan­son avec Rod Ste­wart au Ma­di­son Square Gar­den. Pas si frus­tré, alors. Ron Perelman a éga­le­ment dé­pen­sé une for­tune pour des oeuvres d’art de Ri­chard Ser­ra, Cy Twom­bly et Roy Lich­ten­stein. L’an­née der­nière, il était en li­tige avec Larry Ga­go­sian –un ami de longue date– à pro­pos du Po­peye de Jeff Koons, une sculp­ture de 4 mil­lions de dol­lars. (Ron Perelman ac­cu­sait le puis­sant mar­chand de tri­cher, l’ac­cu­sant de ca­cher un contrat cé­dant à Jeff Koons 70% de la re­vente. Ga­go­sian l’a trai­té d’ex­ploi­teur et de ty­ran. Une juge fa­ti­guée les a ex­hor­tés à se ré­con­ci­lier “lors d’un cock­tail dans les Hamp­tons cet été” avant qu’elle ne prenne une dé­ci­sion, ils ne l’ont pas fait). Pour­tant, la mu­sique, ex­plique la 26e for­tune amé­ri­caine, est la forme d’art qui le touche le plus. “Je n’ai ja­mais at­teint le point où l’on ap­pré­cie la beau­té des mots”, dit-il. Sa pré­fé­rence pour la mélodie sur les pa­roles est telle que, bien qu’il ait ces deux der­nières an­nées fait des offres pour War­ner Mu­sic et EMI, il n’avait au­cun in­té­rêt pour la branche édi­tion, qui re­pré­sente les au­teurs. “Je se­rais ra­vi de pos­sé­der une mai­son de disques un jour juste parce que je pense que ce se­rait tel­le­ment amu­sant”, dit-il, “mais je ne sais pas ce qu’il en reste.” Nos en­trées ar­rivent. Celle de Ron Perelman –des mi­ni-lai­tues et ra­dis– est dé­co­rée d’une pâte verte, cer­tai­ne­ment l’as­sai­son­ne­ment. La mienne, trois mor­ceaux crous­tillants, longs comme le doigt, de ce qui de­vait être les cuisses d’une pe­tite gre­nouille, dis­po­sés par­mi des pe­tits cubes de me­lon. Deux feuilles rondes et sombres flottent lorsque le ser­veur y verse la soupe vert pâle, comme de mi­nus­cules né­nu­phars (sans gre­nouille). Cer­tains dans l’in­dus­trie du disque disent de Ron Perelman que c’est un chas­seur de tro­phées, ébloui par les stars du rock. Il dit qu’il était “émo­tion­nel­le­ment at­ta­ché” à l’idée d’ache­ter Par­lo­phone, le la­bel d’EMI ra­che­té cette an­née par Len Bla­vat­nik de la War­ner, mais il est res­té as­sez réa­liste sur l’éco­no­mie des en­tre­prises mu­si­cales et a fait des offres mul­tiples avec bé­né­fices mo­destes. La mu­sique se­ra tou­jours un sec­teur en de­mande parce que “c’est le fonds so­nore pen­dant que nous man­geons, elle sert à dan­ser, à faire l’amour”. Alors que sa sa­lade presque in­tacte est des­ser­vie, je mange les der­nières cuille­rées de ma soupe gla­cée et pose des ques­tions sur les af­faires. Les in­ves­tis­se­ments pas­sés in­cluent le spé­cia­liste en tech­no­lo­gies de l’image et du son Tech­ni­co­lor, la deuxième banque d’épargne amé­ri­caine Gol­den State Ban­corp et New World Com­mu­ni­ca­tions, dont il a re­ven­du les chaînes de té­lé­vi­sion Fox pour 3,6 mil­liards de dol­lars à Ru­pert Mur­doch en 1994. Seules quelques-unes de ses cibles, telle Gillette à la fin des an­nées 1980, lui ont échap­pé. Il ex­plique qu’il y a une gé­né­ra­tion, “l’élite ma­na­gé­riale était très pa­res­seuse”. Il ajoute que les ac­qui­si­tions ren­dues pos­sibles par les fi­nan­ce­ments fa­ciles des an­nées1970 et 1980 étaient “au pro­fit de l’en­tre­prise amé­ri­caine”. Mais, après cinq ans de post-crise, les en­tre­prises se serrent la cein­ture, il reste peu de proies fa­ciles. La plu­part des offres de Ron Perelman ne concernent plus que des “ra­jouts” aux en­tre­prises qu’il pos­sède dé­jà.

J’ob­serve que plus per­sonne n’écrit des livres comme Bar­ba­rians at the Gate, la chro­nique pu­bliée en 1990 d’une im­pi­toyable ac­qui­si­tion par em­prunt. Les hommes d’af­faires s’en­gour­dis­sen­tils ? La grosse gour­mette en ar­gent de son poi­gnet droit tinte quand il ta­pote un pa­quet d’édul­co­rants Splen­da sur la table et il ré­pond : “A un mo­ment, nous fai­sions des choses nou­velles, dif­fé­rentes et uniques. Ce n’est plus le cas. C’est ceux de la tech­no­lo­gie qui font ce­la main­te­nant, ils at­tirent toute l’at­ten­tion. Nous ne fai­sons plus que du ba­nal. La tech­no­lo­gie est... en train de chan­ger le monde.” Ron Perelman semble croire que son mé­cé­nat au­ra plus d’im­pact que ses af­faires sur le monde. Rev­lon a sou­te­nu des re­cherches sur les can­cers de l’ovaire et du sein. Son don de 2,4 mil­lions de dol­lars a fi­nan­cé le dé­ve­lop­pe­ment du mé­di­ca­ment Her­cep­tin pour le can­cer du sein. Il es­père aus­si beau­coup d’un autre mé­di­ca­ment contre le can­cer du sein ac­tuel­le­ment en dé­ve­lop­pe­ment. Si ce­la fonc­tionne, “nous au­rons pra­ti­que­ment tout seuls fi­nan­cé la fin du can­cer du sein. Ce se­rait plu­tôt co­ol, non ?” Sa sole ar­rive, ac­com­pa­gnée d’as­perges grillées et d’une moi­tié de ci­tron car­bo­ni­sé. Mes gnoc­chis sont lé­gers, la sa­veur de la cre­vette rouge se sent à tra­vers la sauce pi­quante. La conver­sa­tion porte sur la cin­quième femme de Ron Perelman, la psy­chiatre An­na Chap­man. “Elle est vrai­ment fan­tas­tique”, dit-il, rayon­nant, avant de me don­ner une ver­sion conden­sée de sa vie per­son­nelle épique. “J’ai épou­sé très jeune [l’hé­ri­tière de l’im­mo­bi­lier] Faith Golding, puis j’ai ren­con­tré Clau­dia [Co­hen, chro­ni­queuse mon­daine] qui, du jour où je l’ai ren­con­trée jus­qu’au jour où elle est dé­cé­dée, était ma meilleure amie au monde, j’ai donc été avec deux... femmes in­té­res­santes”, ra­conte-t-il en sou­riant et en fai­sant l’im­passe sur ses ma­riages avec l’ac­ti­viste po­li­tique Pa­tri­cia Duff et l’ac­trice El­len Bar­kin. “Et puis j’ai ren­con­tré An­na.” Le couple s’est ma­rié en 2010. Ron Perelman, dont les quatre di­vorces lui au­raient coû­té plus de 138 mil­lions, ne re­grette au­cun de ses ma­riages “même si cer­tains ont été très, très dif­fi­ciles”. Ce qui ne re­flète pas l’ai­greur avec la­quelle cer­tains d’entre eux se sont ter­mi­nés. En 1997, il s’est en­ga­gé dans une ba­taille pour la garde de ses en­fants (15 mil­lions de dol­lars) contre Duff Perelman, qui di­sait qu’il de­vait dé­ci­der s’il fal­lait s’in­quié­ter des mau­vais titres dans la presse ou être un bon père. Il a ga­gné, mais les hos­ti­li­tés ont re­com­men­cé en 2008 et il a fal­lu un nou­veau ju­ge­ment. Pour­tant, chaque fois, il se re­ma­rie. Dans le cas d’An­na, dit-il, “elle vou­lait des en­fants et je ne dis pas non à une jeune femme qui veut des en­fants. Je pense que si vous vou­lez faire des en­fants, vous de­vez vous ma­rier”. Donc, à 70 ans, avec 10 pe­tits-en­fants, Ron Perelman est père de deux pe­tits gar­çons de moins de trois ans. “Ce­lui d’un an a dor­mi avec nous hier soir. C’est un ré­gal. C’est un tel mi­racle”. Il rayonne, plus in­dul­gent que moi lorsque mon lit est en­va­hi par des nour­ris­sons. Faire des af­faires coule dans les veines de la fa­mille Perelman. Ray­mond Perelman, fils d’un im­mi­gré li­tua­nien qui a fon­dé Ame­ri­can Pa­per Pro­ducts en 1916, semble être le digne hé­ri­tier de son père après avoir fait de l’en­tre­prise de Phi­la­del­phie un groupe de pa­pier, de mé­taux et de fret grâce à des ac­qui­si­tions et à une ap­proche ri­gou­reuse des af­faires et de la fa­mille. Ron Perelman ex­plique que son père, qui va sur ses 96 ans, “tra­vaille tous les jours et re­garde tou­jours les jo­lies filles”. A 12 ans, Ron pas­sait la ser­pillière dans les usines de son père, et après l’uni­ver­si­té, il de­vint ges­tion­naire de fon­de­rie. A 34 ans, il était chef d’ex­ploi­ta­tion, mais vou­lait le titre de pré­sident, que son père ne vou­lait pas lâ­cher. Ron Perelman se sé­pa­ra de son père, et, avec l’ap­pui de sa pre­mière femme et d’une banque, fi­nan­ça sa pre­mière ac­qui­si­tion. Cet ac­cord lui don­nait 40% d’un groupe de bi­jou­te­ries, bien en deçà de la va­leur comp­table. En di­vi­sant la so­cié­té et en pro­fi­tant d’une hausse des prix du dia­mant et de l’or, il ga­gna beau­coup d’ar­gent en in­dé­pen­dant, une pre­mière fois. Je ter­mine mes pâtes et constate que Ron Perelman a man­gé moins du quart de sa sole. Quand le ser­veur ar­rive, il dit quand même : “J’ai fi­ni, je vous re­mer­cie, c’était par­fait !” Il com­mande un ca­puc­ci­no gla­cé et moi un ca­fé mac­chia­to avant de lui de­man­der pour­quoi il tra­vaille en­core. “Je tra­vaille, comme mon père l’a fait avant moi, prin­ci­pa­le­ment pour ma fa­mille”, ré­pond-il, avant d’ajou­ter qu’il est de­ve­nu plus pra­ti­quant et en est ar­ri­vé à croire qu’il a été bé­ni et a le de­voir de don­ner quelque chose en re­tour. Est-ce qu’il tra­vaille­ra en­core à 96 ans ? “J’es­père que je tra­vaille­rai en­core à 110 ans”. Son plus jeune fils au­ra qua­rante ans d’ici là, et je me de­mande s’il veut que ses en­fants tra­vaillent pour lui. “Mes fils [aî­nés] ont tous les deux tra­vaillé pour moi. Ils n’ont pas ai­mé”, ré­pond-il. “Au dé­but, j’étais dé­çu... mais j’ai ap­pris à être heu­reux pour eux.” Une de ses filles cherche main­te­nant des “sup­plé­ments” tech­no­lo­giques à ses en­tre­prises, ajoute-t-il. Il n’uti­lise pas de cour­riel, n’a pas d’or­di­na­teur et n’en­voie pas de SMS, dit-il en me re­gar­dant droit dans les yeux avant d’ajou­ter qu’il pré­fère re­gar­der les gens dans les yeux. “Re­gar­dez au­tour de vous et vous re­mar­que­rez que la moi­tié des gens font autre chose que ce qu’ils

de­vraient faire.” Un coup d’oeil sur le nombre de clients de ce res­tau­rant chic le nez dans leurs iP­hone confirme qu’il a rai­son. Com­ment fait-il fonc­tion­ner ses af­faires sans un flux conti­nu de mises à jour nu­mé­riques ? “J’ai beau­coup de se­cré­taires”, dit-il avec un sou­rire, avant de prendre un ap­pel sur son vieux No­kia. Pour­quoi se re­trouve-t-il aus­si sou­vent de­vant les tri­bu­naux ? Rien que le mois der­nier, Rev­lon et MacAndrews & Forbes ont pas­sé des ac­cords dis­tincts avec la SEC et le Dé­par­te­ment de la Jus­tice amé­ri­cain, tan­dis qu’une fi­liale pour­sui­vait Mi­chael Mil­ken, qui a fi­nan­cé la prise de contrôle de Rev­lon par Ron Perelman. L’an­née der­nière, il a at­ta­qué Larry Ga­go­sian et Do­nald Drap­kin, un de ses par­te­naires d’af­faires de­puis plus de 20 ans. Aime-t-il les tri­bu­naux ? “Je dé­teste ça”, dit-il. “Je sup­pose que par na­ture j’ai du mal à sup­por­ter que l’on pro­fite de moi ou que l’on me b****. Et ce­ci sur­tout quand il s’agit d’un proche”. Tou­te­fois, seule une pe­tite part de ses af­faires ont pris fin de ma­nière désa­gréable, in­siste-t-il. Le prin­ci­pal in­con­vé­nient reste, d’après lui, la mau­vaise pu­bli­ci­té. “Je dé­teste la presse”, dit-il, mais il fe­ra tout pour dé­fendre sa ver­sion des faits, “c’est pour­quoi je suis ici avec vous”. Heu­reux de lui avoir ren­du ser­vice, lui dis-je, avec une iro­nie désa­bu­sée. Il s’étouffe avec son cap­puc­ci­no. Après 90 mi­nutes au Ma­rea, les af­faires – ou son yacht – ap­pellent Ron Pe­rel­mann. Il at­trape ses lu­nettes et sa cas­quette de base-ball de l’Uni- ver­si­té de Penn­syl­va­nie et me sa­lue. Je re­marque que deux choux à la crème au ca­fé sont res­tés in­tacts au mi­lieu de la table, gar­nis de cas­so­nade et d’une fine feuille do­rée. J’en gobe une, alors le ser­veur s’ap­proche et de­mande: “L’ad­di­tion est-elle pour vous ou pour M. Perelman ?” Je lui ex­plique que je dois payer, et il me la donne : 180 dol­lars, sans le pour­boire. Le maître d’hô­tel ar­rive et me dit, an­xieux : “Je vais avoir des en­nuis avec M. Perelman pour vous avoir lais­sé payer”. Il confirme que mon in­vi­té mange tou­jours très peu et qu’il a tou­jours l’im­pres­sion qu’il n’aime pas : “Le pois­son était par­fait, je peux vous l’as­su­rer.” Je mange le se­cond chou à la crème. Peut-être que ce­la com­pen­se­ra l a sol e ga s pi ll é e .

LA MU­SIQUE EST UN AUTRE DE SES CENTRES D’IN­TÉ­RÊT ET LE WEEK-END DER­NIER, IL ÉTAIT EN GRAN­DEB­RE­TAGNE POUR SOU­TE­NIR L’INI­TIA­TIVE DU CAR­NE­GIE HALL DE CRÉER LE PRE­MIER OR­CHESTRE NA­TIO­NAL DES JEUNES D’AMÉ­RIQUE

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