PHOS­PHATES

Le blo­cage ré­ité­ré des sites de pro­duc­tion, de trans­for­ma­tion, de trans­port des phos­phates, et par voie de consé­quence de l’ex­por­ta­tion des dé­ri­vés du phos­phate n’est plus ad­mis­sible, quel qu’en soit le mo­tif. Il est donc plus que temps pour les pou­voirs

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE - Rid­ha BEN SLA­MA

Pro­té­ger les sites de pro­duc­tion et l’ache­mi­ne­ment des li­vrai­sons

N’est-ce pas de la sot­tise que de s’achar­ner à se dé­truire ? Ceux qui in­fligent des pertes à la pro­duc­tion de phos­phates et en­traînent des pré­ju­dices à leur propre pays, ne fon­tils pas preuve d’une stu­pi­di­té abys­sale ? Ré­flé­chir sur la bê­tise ar­ro­gante qui sé­vit de­puis cinq ans, né­ces­site de mettre une main de fer dans un gant rêche et de s’es­suyer les pieds en ter­mi­nant la cor­vée ! Ceux qui oc­ca­sionnent ces pertes sont en fait pires que de com­muns abru­tis; ce sont des scé­lé­rats au ser­vice des ins­ti­ga­teurs du désordre. Il ne faut plus ac­cep­ter l’in­ac­cep­table mais se ré­soudre à mettre un terme au chan­tage des «pro­tes­ta­taires» qui pa­ra­lysent des ac­ti­vi­tés vi­tales pour l’éco­no­mie du pays. Les blo­cages ré­ité­rés des sites de pro­duc­tion, de trans­for­ma­tion, de trans­port des phos­phates, et par voie de consé­quence de l’ex­por­ta­tion des dé­ri­vés du phos­phate n’est plus ad­mis­sible, quel qu’en soit le mo­tif. Il faut dé­sor­mais op­ter pour la ma­nière ferme que la loi et le dé­cret sur l’état d’ur­gence au­to­risent. Et pour­quoi ne pas re­qué­rir l’ar­mée na­tio­nale pour pro­té­ger les zones de pro­duc­tion et ga­ran­tir l’ache­mi­ne­ment des li­vrai­sons ? Le pré­sident-di­rec­teur gé­né­ral de la Com­pa­gnie des phos­phates de Gaf­sa (CPG) et du Groupe chi­mique tu­ni­sien (CGT) vient de sou­li­gner que le sec­teur des phos­phates a en­re­gis­tré, de­puis 2010, un manque à ga­gner de près de 5 mille mil­lions de di­nars (MD) ! La pro­duc­tion de phos­phates a ré­gres­sé de près de 60%, at­tei­gnant en 2015 en­vi­ron 3,2 mil­lions de tonnes. Si cette hé­mor­ra­gie

se pour­suit, la Tu­ni­sie risque de ne pas at­teindre l’ob­jec­tif 6,5 mil­lions de tonnes de pro­duc­tion fixées par la com­pa­gnie pour 2016, et même de re­chu­ter vers la si­tua­tion dé­sas­treuse su­bie en 2014, lors­qu’elle était tom­bée jus­qu’à 55% de ses capacités. Le Tré­sor pu­blic se voit ain­si dé­pos­sé­dé d’une manne fi­nan­cière consi­dé­rable en ces temps de crise éco­no­mique. Pour­tant, l’in­dus­trie tunisienne des phos­phates s’en­or­gueillit d’oc­cu­per la 5e place l’échelle mon­diale et de se pla­cer par­mi les plus grands opé­ra­teurs in­ter­na­tio­naux dans cette ac­ti­vi­té. Il convient de rap­pe­ler que le meilleur phos­phate de roche pro­vient de Tu­ni­sie. Notre pays en pos­sède à l’échelle afri­caine, avec le Ma­roc, l’Afrique du Sud, l’Al­gé­rie et le Sé­né­gal 98 % des ré­serves. On se rap­pelle qu’en 1984, un ac­cord a été si­gné entre la Tu­ni­sie, la Chine et le Ko­weït pour l’im­plan­ta­tion d’une usine de trans­for­ma­tion de l’acide phos­pho­rique tu­ni­sien en en­grais phos­pha­té, soit 250.000 tonnes par an. C’est dire la haute qua­li­fi­ca­tion re­con­nue mon­dia­le­ment de nos in­gé­nieurs dans ce do­maine. Une étude stra­té­gique du sec­teur phos­phate et dé­ri­vés à l’ho­ri­zon 2035 est an­non­cée. Il est donc plus que temps pour les pou­voirs pu­blics de prendre le tau­reau par les cornes, plu­tôt que de conti­nuer à fer­mer les yeux ! Agir éner­gi­que­ment pour mettre fin à cette ga­be­gie, au lieu d’es­qui­ver et lais­ser la si­tua­tion s’en­li­ser parce qu’on ap­pré­hende la ré­ac­tion d’un ra­mas­sis de la­men­tables gre­dins qui n’éprouvent au­cun sou­ci pour le des­tin de leur pays et s’acharnent à re­gar­der le pro­blème par le pe­tit bout de la lor­gnette.

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