DES DÉ­FIS À RE­LE­VER

La Presse Business (Tunisia) - - INDUSTRIE -

D’après Za­ka­ria Ha­mad, le sec­teur in­dus­triel est ap­pe­lé à re­le­ver deux prin­ci­paux dé­fis, à sa­voir : par­ti­ci­per au dé­ve­lop­pe­ment ré­gio­nal et créer le plus d’em­plois pos­sible, no­tam­ment pour les di­plô­més du su­pé­rieur. «L’IME et l’in­dus­trie aé­ro­nau­tique sont des in­dus­tries prio­ri­taires ayant un po­ten­tiel de dé­ve­lop­pe­ment très im­por­tant. Elles peuvent jouer le rôle de lo­co­mo­tive pour le dé­ve­lop­pe­ment de l’éco­no­mie na­tio­nale, sur­tout que les in­dus­triels tu­ni­siens sont ar­ri­vés à s’im­po­ser sur le mar­ché in­ter­na­tio­nal» , pré­cise le mi­nistre de l’In­dus­trie. Pour per­mettre à ces in­dus­tries de jouer leur rôle, le gou­ver­ne­ment Ha­bib Es­sid a adop­té deux plans : le pre­mier en fa­veur de l’in­dus­trie aé­ro­nau­tique et ba­sé sur six axes ma­jeurs : amé­lio­ra­tion de l’infrastructure, avan­tages fis­caux, op­ti­mi­sa­tion des res­sources hu­maines, sim­pli­fi­ca­tion des pro­cé­dures ad­mi­nis­tra­tives, ren­for­ce­ment de la re­cherche et dé­ve­lop­pe­ment, pro­mo­tion du site Tu­ni­sie comme pôle d’in­dus­trie aé­ro­nau­tique. Le deuxième plan concerne l’in­dus­trie mé­ca­nique et élec­trique. La stra­té­gie en­vi­sa­gée est ba­sée sur trois axes : ren­for­ce­ment du rythme d’in­ves­tis­se­ment, no­tam­ment dans les ré­gions, en op­ti­mi­sant les mé­ca­nismes d’en­ca­dre­ment et d’ap­pui aux in­ves­tis­seurs et en lan­çant tout un pro­gramme de pro­mo­tion de la Tu­ni­sie comme pla­te­forme d’IME ; boos­ter la com­pé­ti­ti­vi­té des en­tre­prises en adap­tant les dif­fé­rents pro­grammes (mise à ni­veau, qua­li­té, PCAM2…) à leurs nou­veaux be­soins tout en lan­çant de nou­veaux pro­grammes pour his­ser le sa­voir-faire des en­tre­prises tu­ni­siennes aux stan­dards in­ter­na­tio­naux et pour sti­mu­ler leurs pro­duc­ti­vi­té ; et in­ci­ter à l’in­no­va­tion et au dé­ve­lop­pe­ment tech­no­lo­gique par la ré­vi­sion et la mo­der­ni­sa­tion de l’ap­proche gé­né­rale des pôles tech­no­lo­giques et en ex­hor­tant les en­tre­prises à lan­cer des pro­grammes en com­muns de re­cherche et de mo­der­ni­sa­tion. Le mi­nis­tère de l’In­dus­trie de­vra, éga­le­ment, du­rant ce quin­quen­nat, lan­cer deux études : la pre­mière, stra­té­gique, en fa­veur de l’in­dus­trie tunisienne à l’ho­ri­zon 2030 et la deuxième, sec­to­rielle, concer­nant la mo­der­ni­sa­tion des centres tech­niques. L’Apii, de son cô­té, doit mettre à jour toutes ses études et ac­croître sa veille stra­té­gique. Bref, le mi­nis­tère semble mo­bi­li­sé pour faire de l’IME et de l’in­dus­trie aé­ro­nau­tique le fer de lance de l’in­dus­trie tunisienne. Tou­te­fois, cer­tains dé­tails semblent être igno­rés. D’abord, le fait que plu­sieurs de nos concur­rents dans la ré­gion, no­tam­ment le Ma­roc, ont lar­ge­ment pro­fi­té ces der­nières an­nées de la crise qui a fait que le pays soit très peu sé­dui­sant pour les in­dus­triels étran­gers. Le Ma­roc a amé­lio­ré, en même temps, son po­si­tion­ne­ment et son image de des­ti­na­tion avan­ta­geuse pour l’in­dus­trie au­to­mo­bile. Donc, pour pou­voir le concur­ren­cer, la Tu­ni­sie doit tout re­voir et sur­tout ra­mer plus vite. Ça ne sert à rien d’ac­cor­der des avan­tages fis­caux si, au ni­veau des ports, prin­ci­pa­le­ment ce­lui de Ra­dès, on conti­nue à avan­cer à pas de tor­tue. Ça ne sert à rien d’ac­cor­der des primes de re­cherche et in­no­va­tion si au­cun lien n’existe entre l’uni­ver­si­té et l’en­tre­prise. Ça ne sert à rien de sim­pli­fier les pro­cé­dures ad­mi­nis­tra­tives tout en gar­dant le même Code du tra­vail et sur­tout la même culture syn­di­cale. Certes, tout ce que pré­voit le mi­nis­tère est im­por­tant, mais, le mi­nis­tère de l’In­dus­trie ne peut pas, seul, re­lan­cer le sec­teur. C’est le tra­vail de tout le gou­ver­ne­ment.

Newspapers in French

Newspapers from Tunisia

© PressReader. All rights reserved.