Au Ja­pon, bien que les pro­duits Uni­q­lo ne soient pas chers, les clients sont trai­tés comme des rois, le per­son­nel les sa­lue en s’in­cli­nant de­vant eux et les ma­ga­sins sont im­pec­ca­ble­ment amé­na­gés.

La Presse Business (Tunisia) - - FINANCIAL TIMES -

: la moi­tié du per­son­nel part au bout de trois ans. Au Ja­pon aus­si, la marque est vic­time de son ubi­qui­té. Le mot “uni­bare” dé­signe ceux qui portent des vê­te­ments Uni­q­lo. L’avan­cée mon­diale de Ta­da­shi Yanai vise en par­tie à don­ner une meilleure image in­ter­na­tio­nale de ses pro­duits dans son pays. Au Ja­pon, il est cé­lèbre pour sa ri­chesse pro­di­gieuse, ce qui n’est pas tou­jours un com­pli­ment dans un pays où l’ar­gent peut être sus­pect. Son im­mense mai­son dans le centre de To­kyo dis­pose d’un mi­ni-golf dans le jar­din. Dans une pré­cé­dente in­ter­view, il di­sait ne pas être in­té­res­sé par l’ar­gent, mais bien pos­sé­der un ou deux Van Gogh. En ré­ponse, il me montre une simple Swatch à son poi­gnet. “C’est la montre que je porte tous les jours. ” J’ai dé­jà vu ça, le geste clas­sique d’un mil­liar­daire dé­si­reux de prou­ver que la ri­chesse n’a pas eu rai­son de ses ori­gines. La der­nière fois que j’ai ren­con­tré Ta­da­shi Yanai – il y a en­vi­ron un an –, il était in­croya­ble­ment pes­si­miste. Il consi­dé­rait la culture d’en­tre­prise du Ja­pon comme ‘myope’ et voyait son éco­no­mie flot­tant sur un océan de dettes. Il se mo­quait de tous ces Ja­po­nais qui s’ima­gi­naient ap­par­te­nir à la classe moyenne et se ré­veillaient un ma­tin pour se rendre compte qu’ils étaient pauvres. “Toutes leurs éco­no­mies ont été en­glou­ties par des po­li­ti­ciens et cette bu­reau­cra­tie de type so­cia­liste.” De­puis, sous l’égide de son nou­veau Pre­mier mi­nistre, le Ja­pon a lan­cé un au­da­cieux – cer­tains disent té­mé­raire – plan de re­struc­tu­ra­tion éco­no­mique qui tente de sor­tir le pays de ses 15 an­nées de dé­fla­tion. Il est éga­le­ment ques­tion d’une ré­forme plus ra­di­cale, en ou­vrant à une plus grande concur­rence des do­maines tels que l’agriculture et la san­té. De­puis le lan­ce­ment des “Abe­no­mics”, la confiance des en­tre­prises est re­ve­nue et le mar­ché bour­sier a fait un bond, ce qui a été très bé­né­fique pour le por­te­feuille de Ta­da­shi Yanai. La crois­sance du Ja­pon est à plus de 3 % par an, soit plus que la plu­part des éco­no­mies avan­cées. Est-il main­te­nant plus op­ti­miste ? “Les Abe­no­mics jus­qu’ici ont été un suc­cès, re­con­naît-il. Mais ce­la seul ne suf­fi­ra pas si on n’in­clut pas une ré­forme struc­tu­relle si­gni­fi­ca­tive. Le Ja­pon doit li­bé­ra­li­ser, dé­ré­gle­men­ter et ou­vrir ses mar­chés à la concur­rence étran­gère” dit-il, ci­tant le that­ché­risme en Grande-Bre­tagne qu’il consi­dère comme le mo­dèle ré­for­miste. “Si le Ja­pon reste iso­lé et pro­té­gé, conclut-il, il de­vien­dra une se­conde Grèce ou un troi­sième Por­tu­gal.”

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