EN BÉ­TON

L’his­toire de l’in­gé­nie­rie en Tu­ni­sie ne date pas d’hier elle est très an­cienne.

La Presse Business (Tunisia) - - EN COUVERTURE - Par Ab­des­sa­tar HOS­NI, in­gé­nieur

port pu­nique de Car­thage est un ou­vrage qui dé­montre une maî­trise de l’in­gé­nie­rie dans la concep­tion et la mise en oeuvre. L’en­cy­clo­pé­die de Ma­gon le Car­tha­gi­nois, père de l’agro­no­mie, date du IIIe siècle av. J.C. et a trai­té des thèmes comme la vi­ti­cul­ture, la vi­ni­fi­ca­tion, l’api­cul­ture, l’éle­vage et le jonc. L’aque­duc de Za­ghouan est un ou­vrage de concep­tion, de di­men­sion­ne­ment et de mise en oeuvre so­phis­ti­quées, qui dé­note d’une grande maî­trise des ou­tils in­tel­lec­tuels, non seule­ment des in­gé­nieurs fon­da­teurs, mais aus­si de ceux qui l’ont en­tre­te­nu du­rant 12 siècles et de ceux qui ont as­su­ré son ex­ten­sion au XIIIe siècle. C’est un ou­vrage de 132 km de long avec une pente de 0,29%, as­su­rant un dé­bit de 32.000m3 par jour. Au IXe siècle, les in­gé­nieurs tu­ni­siens ont conçu un sys­tème de drai­nage ame­nant les eaux de pluie ain­si que celles des af­fluents de l’oued Mer­guel­lil, cap­tées par l’in­ter­mé­diaire de pe­tits bar­rages, vers une quin­zaine de bas­sins pour ali­men­ter la ville de Kai­rouan en eau avec une ca­pa­ci­té de sto­ckage de 68.800 m3, en plus de la maî­trise des cri­tères de sta­bi­li­té qui s’est ma­ni­fes­tée dans le contrôle de la pres­sion de l’eau s’exer­çant sur ses pa­rois, conso­li­dées par 182 contre­forts (118 ex­té­rieurs et 64 in­té­rieurs). Le grand gé­nie s’est ma­ni­fes­té dans l’in­té­gra­tion de plu­sieurs com­po­santes de na­ture et de lo­ca­li­sa­tion dif­fé­rentes (af­fluents d’oueds, eau plu­viale et pe­tits bar­rages). Au cours du XIIIe siècle, Ibn Chab­bat, ori­gi­naire de To­zeur, a écrit un ou­vrage im­por­tant en in­gé­nie­rie. Il a conçu un sys­tème de dis­tri­bu­tion des eaux et d’op­ti­mi­sa­tion de l’ir­ri­ga­tion dans les oa­sis du Jé­rid, en ap­pli­ca­tion à ce jour. En 1837, Ah­med Bey a créé l’Ecole mi­li­taire du Bardo qui por­tait le nom de Mak­tab-al-Mu­han­disïn (Ecole des in­gé­rieurs), connue éga­le­ment sous le nom d’Ecole po­ly­tech­nique. Mah­moud Ka­ba­dou en était le pre­mier di­rec­teur. L’école a fer­mé ses portes en 1868. Par­mi les in­gé­nieurs les plus illustres di­plô­més de cette école et leurs oeuvres nous pou­vons ci­ter : - en 1857, le gé­né­ral Ra­chid (an­cien in­gé­nieur di­plô­mé de l’Ecole et an­cien com­man­dant du corps ex­pé­di­tion­naire tu­ni­sien pen­dant la guerre de Cri­mée) a fait réa­li­ser par les élèves de l’école un at­las des prin­ci­pales villes et vil­lages du Sa­hel, de la ré­gion de Sfax et de Djer­ba. Cet ou­vrage est conser­vé à la Bi­blio­thèque na­tio­nale de Tu­ni­sie. Pen­dant plu­sieurs an­nées, des classes en­tières se dé­pla­caient dans les ré­gions tu­ni­siennes pour prendre des re­le­vés to­po­gra­phiques; - aux pre­miers jours de l’oc­cu­pa­tion fran­çaise, l’in­gé­nieur Sas­si Souillem (ori­gi­naire de Ka­lâa Ke­bi­ra et an­cien élève de l’Ecole po­ly­tech­nique du Bardo) a consti­tué avec d’an­ciens ca­ma­rades un groupe de 400 ca­va­liers, 1.000 fan­tas­sins et les tri­bus de Zlass et Riah une ar­mée qui a cou­pé la route à la co­lonne fran­çaise et l’a obli­gée à se re­plier sur Ham­mam­Lif. Le choc a eu lieu dans la nuit du 28 au 29 août 1881 à la ba­taille d’El Ar­baïn, près de Ham­ma­met; - l’in­gé­nieur Has­sou­na Ben Mus­ta­pha a construit les ga­le­ries de la mos­quée de la Zi­tou­na, de la zaouia de Si­di Mah­rez, l’en­ceinte de la ville de Sousse, les égouts entre Bab Saâ­doun

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