PME

Les cré­dits et les ga­ran­ties de cré­dits ac­cor­dés à la Tu­ni­sie, ces der­nières an­nées, ont été an­non­cés en grande pompe en in­sis­tant sur la né­ces­si­té de l’af­fec­ta­tion de ces fonds à des dé­penses d’in­ves­tis­se­ment. Sauf que, dans les faits, les dé­penses de ge

La Presse Business (Tunisia) - - BUSINESS - Pro­pos re­cueillis par Rid­ha MAAMRI

Pou­vez-vous nous pré­sen­ter en termes simples le Taef? B.C. :

Je vais com­men­cer par dire qu’il s’agit d’un mé­ca­nisme de par­te­na­riat pu­blic pri­vé (PPP). C’est un fonds d’in­ves­tis­se­ment qui a dé­mar­ré son ac­ti­vi­té en 2013 avec la si­gna­ture d’une conven­tion de sub­ven­tion avec l’Agence amé­ri­caine pour le dé­ve­lop­pe­ment in­ter­na­tio­nal (Usaid). Il gère, ain­si, des fonds pu­blics amé­ri­cains qui se­ront in­ves­tis dans l’ob­jec­tif de pro­mou­voir le sec­teur pri­vé en Tu­ni­sie.

Quelle est la stra­té­gie de ce fonds d’in­ves­tis­se­ment pu­blic ? B.C. :

La stra­té­gie du Taef consiste en l’in­ves­tis­se­ment dans les pe­tites en­tre­prises, de la mi­cro­fi­nance au fi­nan­ce­ment des star­tups en pas­sant par les ex­ten­sions des PME. Le champ d’ac­tion du fonds s’étend à tout le ter­ri­toire tu­ni­sien, tout en met­tant l’ac­cent sur les in­ves­tis­se­ments dans les ré­gions. Et seules les PME et les TPE sont éli­gibles aux fi­nan­ce­ments du Taef car nous sommes per­sua­dés que la bonne san­té d’une éco­no­mie est tri­bu­taire de la qua­li­té du tis­su de ce type d’en­tre­prises. Donc, les grands et mé­ga­pro­jets sont en de­hors de notre champ. Je tiens à pré­ci­ser que notre stra­té­gie s’ins­crit dans le long terme. Taef ne fonc­tionne pas comme un fonds d’in­ves­tis­se­ment qui place des fonds et d’en­gran­ger des bé­né­fices, le plus ra­pi­de­ment pos­sible, en vue de quit­ter au plus tôt. Nous sommes dis­po­sés à ré­in­ves­tir les bé­né­fices réa­li­sés dans d’autres en­tre­prises. Sur un autre plan, nous sommes en me­sure de le­ver d’autres fonds au­près d’autres ins­ti­tu­tions fi­nan­cières pour ap­puyer la mise ini­tiale du gou­ver­ne­ment amé­ri­cain. Donc, le fonds est ici pour le long terme et il peut ga­gner en taille. Ac­tuel­le­ment, nous avons 60 mil­lions de dol­lars en caisse. Et comme à l’ac­cou­tu­mée, le Con­grès dé­blo­que­ra les pro­chains fonds par tranches, à rai­son 20 mil­lions de dol­lars pour cette an­née et l’an­née pro­chaine. Autre chose, le fonds n’est pas gé­ré de­puis Wa­shing­ton ou New York. C’est le bu­reau de Tu­nis qui gère toutes les opé­ra­tions du Taef.

Pour «ces pe­tits en­tre­pre­neurs» éli­gibles aux fi­nan­ce­ments de Taef, pou­vez-vous nous ex­pli­quer le mo­dèle de fonc­tion­ne­ment de ce fonds ? B.C. :

Pour les très pe­tites en­tre­prises, Taef les co­fi­nance en par­te­na­riat avec les ins­ti­tu­tions de mi­cro­fi­nance. Ces der­nières ac­cordent des mi­cro­cré­dits en pui­sant dans les fonds qui leur sont al­loués par Taef. Pour les star­tups et les pe­tites en­tre­prises saines et do­tées d’un po­ten­tiel de dé­ve­lop­pe­ment, Taef in­ves­tit di­rec­te­ment sans pas­ser par un quel­conque par­te­naire. Pour cette ca­té­go­rie d’en­tre­prises, Taef conçoit une un pa­ckage de pro­duits fi­nan­ciers qui cor­res­ponde au mieux aux be­soins

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