Pou­vez-vous nous don­ner une idée sur les réa­li­sa­tions du fonds ?

La Presse Business (Tunisia) - - BUSINESS -

Nous in­ves­tis­sons dans un large spectre d’ac­ti­vi­té, du tex­tile à l’ar­ti­sa­nat en pas­sant par les ex­ploi­ta­tions agri­coles et l’in­dus­trie phar­ma­ceu­tique. Mais, il est à si­gna­ler que nous in­ves­tis­sons di­rec­te­ment dans des pe­tites en­tre­prises dé­jà créées. Par ailleurs, nous avons fi­nan­cé, in­di­rec­te­ment, à tra­vers des fonds d’in­ves­tis­se­ment tu­ni­siens, des ex­ten­sions d’en­tre­prises tu­ni­siennes. De même, nous avons fi­nan­cé des ins­ti­tu­tions de mi­cro­fi­nances de la place pour qu’elles ac­cordent des cré­dits à des en­tre­prises. Ac­tuel­le­ment, nous sommes en train de né­go­cier la for­ma­tion d’un fonds d’in­ves­tis­se­ment dé­dié au fi­nan­ce­ment des star­tups.

B.C. : Peut-on as­si­mi­ler Taef à une banque ou à un bu­si­ness an­gel ? B.C. :

C’est entre les deux. Nous ne sommes pas une banque, puisque nous ne col­lec­tons pas de dé­pôts et nous n’ac­cor­dons pas de prêts per­son­nels. Et nous ne comp­tons pas de­ve­nir une banque. Notre mé­tier est d’ac­cor­der des offres de «mixed ca­pi­tal», des dettes et des fonds propres, sans pour au­tant nous confor­mer aux règles et normes ban­caires. A cet égard, nous sommes de loin plus in­no­vants en vue de fa­ci­li­ter l’ac­cès aux fi­nan­ce­ments pour les très pe­tits en­tre­pre­neurs. Car, pour en­tre­te­nir la bonne san­té d’une éco­no­mie, qui est dé­ter­mi­née par la qua­li­té du tis­su des PME et TPE, il convient de fa­ci­li­ter et mul­ti­plier les fi­nan­ce­ments de ces en­tre­pre­neurs.

Est-ce que vous con­si­dé­rez que l’un des pre­miers dé­fis de la Tu­ni­sie est la pro­mo­tion du sec­teur pri­vé ? B.C. :

La Tu­ni­sie compte des mil­liers de pe­tits pro­jets. Ai­der ce tis­su à se per­for­mer se­ra une réa­li­sa­tion qui au­ra des im­pacts im­pres­sion­nants. Je crois en l’en­tre­pre­neu­riat. Je crois dur comme fer que l’éco­no­mie est pi­lo­tée par les en­tre­pre­neurs. Je ne parle pas des pro­mo­teurs de la Silli­con Val­ley. Au contraire, je crois que les en­tre­pre­neurs pour­raient ve­nir de dif­fé­rents sec­teurs et de dif­fé­rentes ca­té­go­ries so­ciales, sans pour au­tant faire des études su­pé­rieures dans des uni­ver­si­tés re­nom­mées. Pour ces en­tre­pre­neurs, j’ai un seul con­seil : Il faut voir grand.

Et vous pen­sez que les pe­tits pro­mo­teurs dans les ré­gions de­vraient, éga­le­ment, voir grand ? B.C. :

Ab­so­lu­ment. Dé­jà, plus de 60% de notre ac­ti­vi­té est réa­li­sée dans les ré­gions, à comp­ter les af­faires conclues, celles en cours et les autres dans le pipe. Ce qui confirme notre convic­tion se­lon la­quelle les af­faires dans les ré­gions pour­raient dé­pas­ser les li­mites géo­gra­phiques ini­tiales.

On parle d’en­tre­pre­neu­riat alors que le pre­mier des dé­fis de la Tu­ni­sie est l’em­ploi des jeunes ? B.C. :

C’est le pre­mier chal­lenge de la Tu­ni­sie. Et c’est pour ce­la que notre ac­ti­vi­té est fo­ca­li­sée sur les PME. Pour sim­pli­fier les cal­culs, sans être sim­pliste, nous es­ti­mons que si chaque PME re­crute un chô­meur, nous pou­vons ta­bler sur la ré­duc­tion de moi­tié du taux de chô­mage. Au-de­là de ce simple cal­cul, le sou­tien des en­tre­prises saines et la pro­mo­tion des fi­lières à fortes po­ten­tia­li­tés per­met­traient de ré­duire plu­sieurs pro­blèmes éco­no­miques et so­ciaux, en même temps. Et ce, plus ef­fi­ca­ce­ment que toute autre en­tre­prise.

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