TU­NI­SIEN

Le di­manche 13 mars 2016 : le quo­ti­dien LaPresse a fait pa­raître une an­nonce qu’on a lue et re­lue avec conster­na­tion, une an­nonce si grave que l’on pour­rait y voir un autre signe pré­cur­seur de la fin du tou­risme tu­ni­sien, la fin d’une si belle épo­pée qui

La Presse Business (Tunisia) - - TOURISME - Par Mou­nir BEN MI­LED et Mon­cef KSIBI

an­nonce pré­ci­tée contient un pre­mier avis de vente d’un vil­lage de va­cances si­tué à Ska­nès Monastir, d’une ca­pa­ci­té de 1.350 lits et ap­par­te­nant à la Caisse na­tio­nale (fran­çaise) des re­trai­tés ou­vriers (Cn­ro). Pour sai­sir la gra­vi­té de cette an­nonce, il faut rap­pe­ler que la­dite Caisse fran­çaise des re­trai­tés ou­vriers, qui dis­pose d’autres vil­lages de va­cances en Eu­rope, avait choi­si la Tu­ni­sie au dé­but des an­nées 70 pour y in­ves­tir et bâ­tir une de ses belles réa­li­sa­tions ; à cet ef­fet, elle a ache­té un ter­rain et fi­nan­cé l’en­semble de l’in­ves­tis­se­ment en de­vise étran­gère s’il vous plaît ! Les pro­jets de cette Caisse sont conçus pour ré­pondre aux be­soins spé­ci­fiques des re­trai­tés, dont l’âge va­rie entre 60 et 90 ans ; on y trouve no­tam­ment et en plus de com­mo­di­tés d’hé­ber- ge­ment, de nour­ri­ture et de loi­sirs, une grande in­fir­me­rie bien équi­pée et fonc­tion­nant sans ar­rêt de jour comme de nuit, ain­si qu’une morgue équi­pée de froid ! Du­rant la sai­son d’hi­ver, soit d’oc­tobre à avril, l’oc­cu­pa­tion moyenne dans ce vil­lage de Ska­nès Monastir va­riait entre 600 et 800 lits par jour, pour os­cil­ler entre 1.200 et 1.400 lits pen­dant la sai­son es­ti­vale qui s’étale d’avril à fin sep­tembre. Y trou­vant un bon­heur as­su­ré, un grand nombre de ces tou­ristes du troi­sième âge pro­lon­geaient leur sé­jour par­mi nous jus­qu’à 6 mois d’af­fi­lée, au point qu’un gou­ver­neur de l’époque, par­ti­cu­liè­re­ment pré­ve­nant et bien avi­sé, avait dé­lé­gué au­près du vil­lage de va­cances un com­mis­saire char­gé des for­ma­li­tés de pro­lon­ga­tion des cartes de sé­jour sur place. A part un di­rec­teur fran­çais se­con­dé par un tu­ni­sien, tout le per­son­nel d’en­ca­dre­ment, de maî­trise et d’exé­cu­tion était consti­tué de Tu­ni­siens dont le nombre a pu s’éle­ver à plus de 200 em­ployés. La caisse pro­mo­trice étant un or­ga­nisme à but non lu­cra­tif, le vil­lage de va­cances ne de­vait pas faire de bé­né­fices, car il s’agis­sait de ser­vir des adhé­rents à la caisse ; ain­si, les nui­tées lui étaient fac­tu­rées au coût des in­trants qui en­globent les ma­tières de nour­ri­ture et de bois­sons, l’élec­tri­ci­té, l’eau, le gaz, les frais du per­son­nel, le prix d’achat du pe­tit ma­té­riel d’ex­ploi­ta­tion, ain­si qu’une par­tie de l’amor­tis­se­ment des équi­pe­ments. Sur cette base, le coût de la nui­tée cor­res­pon­dait pour­tant au prix de vente le plus éle­vé des hô­tels de Monastir ap­par­te­nant à la même ca­té­go­rie, soit 3 étoiles. De 1972 à 2015, ce vil­lage de

Newspapers in French

Newspapers from Tunisia

© PressReader. All rights reserved.