LE DROIT À L’ER­REUR ?

La Presse Business (Tunisia) - - CARRIÈRE -

Faire une er­reur, et ce bruit court par­tout dans les cou­loirs de l’en­tre­prise. De nom­breuses per­sonnes ont fait cette ex­pé­rience. Les pre­mières vic­times ? Les nou­veaux ar­ri­vants. Cette stig­ma­ti­sa­tion de l’er­reur a de lourdes consé­quences. Ce­la peut étouf­fer la ca­pa­ci­té d’en­tre­prendre, la créa­ti­vi­té et amoin­drir, par­fois de fa­çon ca­tas­tro­phique, la confiance en soi, at­testent les psy­cho­logues. Quel chef d’en­tre­prise n’a pas com­mis un jour une faute ? C’est en par­tie par la com­pré­hen­sion de ses er­reurs que l’on par­vient à avan­cer. Afin d’amoin­drir ce bou­le­ver­se­ment émo­tion­nel, les psy­cho­logues conseillent d’ac­cu­mu­ler les stages au cours de ses études pour per­ce­voir l’am­biance des bu­reaux. «Il faut res­pi­rer l’air de l’en­tre­prise, al­ler sen­tir et res­sen­tir ce qui s’y passe». En d’autres termes, «il faut sa­voir quels sont les codes en vi­gueur au sein de l’ins­ti­tu­tion». Cette im­mer­sion per­met­tra éga­le­ment de dé­ter­mi­ner de fa­çon pré­cise notre orien­ta­tion pro­fes­sion­nelle. Le but étant de trou­ver son épa­nouis­se­ment per­son­nel !

MON SU­PÉ­RIEUR N’EST PAS MON PRO­FES­SEUR

Seul dans ce nou­veau monde, l’an­cien étu­diant peut se sen­tir désar­mé. Il doit alors ra­pi­de­ment éta­blir la dif­fé­rence entre le pro­fes­seur et le su­pé­rieur. L’un est là pour for­mer, l’autre pour di­ri­ger. Néan­moins, ces deux per­son­nages peuvent avoir des fonc­tions si­mi­laires. En ef­fet, le ma­na­ger a le de­voir de gui­der le nou­veau et de lui per­mettre d’ap­prendre, de di­gé­rer les codes de l’en­tre­prise. Il doit rap­pe­ler les règles à suivre, mais il a sur­tout la res­pon­sa­bi­li­té d’ac­com­pa­gner et d’être à cô­té du jeune col­la­bo­ra­teur. Par ailleurs, il n’est tou­jours pas évident de s’ha­bi­tuer à des ho­raires ré­gu­liers quand la vie étu­diante oc­troyait une cer­taine li­ber­té. C’est une nou­velle ca­dence abou­tis­sant, la plu­part du temps, à une fa­tigue chronique. La grande dif­fi­cul­té : pas­ser à des heures de tra­vail ré­gu­lières. Entre la vie d’étu­diant et le tra­vail, c’est le jour et la nuit. Ajou­ter à ce­la le pas­sage de plu­sieurs se­maines de va­cances à quatre se­maines par an, et cer­tains peuvent se sen­tir dé­cou­ra­gés. Il faut alors ra­pi­de­ment tour­ner la page de cette li­ber­té étu­diante pour ap­pré­hen­der plus ai­sé­ment le rythme pro­fes­sion­nel. Alors, pour s’en­cou­ra­ger à fran­chir le cap, il est né­ces­saire de pen­ser aux bé­né­fices à en ti­rer : plus de de­voirs le soir, plus d’exa­mens, pos­si­bi­li­té de grim­per les éche­lons de la hié­rar­chie, en­ri­chis­se­ment per­son­nel…

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