L’ÉCO­NO­MIE DU PAYS A BEAU­COUP SOUF­FERT DES CRISES PO­LI­TIQUES

La Presse Business (Tunisia) - - ANALYSE - Par Balkis K.

Ces crises ont com­pro­mis l’évo­lu­tion na­tu­relle du pays vers des pa­liers su­pé­rieurs de dé­ve­lop­pe­ment et de pro­grès éco­no­mique. En d’autres termes, par l’ef­fet né­faste de ces crises, l’éco­no­mie tu­ni­sienne n’est pas par­ve­nue, jusque-là, à dis­po­ser de la sta­bi­li­té re­quise pour réa­li­ser des per­for­mances struc­tu­relles et s’im­mu­ni­ser contre les crises exo­gènes et en­do­gènes. Ré­sul­tat : cette éco­no­mie, as­su­rée, ac­tuel­le­ment, à hau­teur de 50% par un sec­teur in­for­mel aux re­lents ma­fieux, est ex­po­sée à tous les dé­ra­pages et ré­ces­sions. Re­tour sur ces crises po­li­tiques dont cha­cune a eu le désa­van­tage d’avoir com­pro­mis tout pro­ces­sus de ré­formes por­teur.

Ten­ta­tive du com­plot contre Bourguiba et son ré­gime

La pre­mière crise a eu lieu, du­rant la pé­riode 1961-62 avec l’as­sas­si­nat, le 12 août 1961, du lea­der na­tio­na­liste Sa­lah Ben Yous­sef et la ten­ta­tive de com­plot me­née contre Ha­bib Bourguiba et son ré­gime par d’an­ciens ré­sis­tants et mi­li­taires. Cette double crise po­li­tique a frei­né l’élan ré­vo­lu­tion­naire en­ga­gé du­rant la de­mie-dé­cen­nie 1956-1961. Au cours de cette pé­riode, la Tu­ni­sie a connu son âge d’or en ma­tière de ré­formes ins­ti­tu­tion­nelles. Celles-là mêmes qui de­vaient li­bé­rer en prin­cipe les forces vives du pays et boos­ter son éco­no­mie. Par­mi ces ré­formes fi­gurent en bonne place l’abo­li­tion de la mo­nar­chie, la pro­mul­ga­tion du Code du sta­tut per­son­nel ve­nu consa­crer l’éman­ci­pa­tion de la moi­tié de la po­pu­la­tion, l’éla­bo­ra­tion d’une nou­velle Consti­tu­tion, l’abo­li­tion du ré­gime des terres ha­bous, la mise en oeuvre d’un sys­tème d’édu­ca­tion tu­ni­sien pro­gres­siste, la créa­tion de la Banque cen­trale de Tu­ni­sie, la mise en cir­cu­la­tion d’une mon­naie na­tio­nale (le di­nar), créa­tion de la doyenne des banques tu­ni­siennes, la So­cié­té tu­ni­sienne de banques (STB)… Une des consé­quences dé­sas­treuses de cette crise po­li­tique, la dé­ci­sion ad­mi­nis­tra­tive d’in­ter­dire, en 1963, le Par­ti com­mu­niste tu­ni­sien qui au­rait pu être d’un grand ap­port pour le pays à tra­vers son dis­cours contra­dic­teur à l’en­droit du pou­voir en place.

Echec d’un col­lec­ti­visme sa­lu­taire mal com­pris

La deuxième crise po­li­tique a eu lieu en1969 suite à l’em­pri­son­ne­ment du lea­der so­cia­liste Ah­med Ben Sa­lah en rai­son de l’échec de la po­li­tique di­ri­giste et col­lec­ti­viste (1964-69) qui a tou­ché par­ti­cu­liè­re­ment l’agri­cul­ture et l’in­dus­trie. Cette po­li­tique a don­né l’avan­tage à l’in­ves­tis­se­ment dans les co­opé­ra­tives au dé­tri­ment des sec­teurs pu­blic et pri­vé. Le so­cia­lisme des­tou­rien, tel qu’il était dé­fi­ni par le 7e con­grès du Par­ti so­cia­liste des­tou­rien de l’époque (Bi­zerte, 22 oc­tobre 1964), prô­nait pour­tant la co­exis­tence des trois sec­teurs,

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