C’EST UN ACTE CI­TOYEN

Chaque Tu­ni­sien a un rôle et une res­pon­sa­bi­li­té à as­su­mer dans la lu e contre la cor­rup­tion. La po­li­tique de l’au­truche ne peut qu’ali­men­ter ce phé­no­mène qui bat dé­jà son plein.

La Presse Business (Tunisia) - - GOUVERNANCE - Par Omar KAM­MOUN

Bi­zar­re­ment, c’est suite à une «ré­vo­lu­tion», entre autres, contre la cor­rup­tion que le fléau s’est pro­pa­gé le plus pour at­teindre un som­met sans pré­cé­dent. C’est, en fait, ce que dé­voilent plu­sieurs rap­ports na­tio­naux et in­ter­na­tio­naux. Dans son In­dex 2015 de per­cep­tion de la cor­rup­tion me­su­rant le ni­veau de la cor­rup­tion dans le sec­teur pu­blic, l’ONG Trans­pa­ren­cy In­ter­na­tio­nal a pla­cé la Tu­ni­sie au 76e rang avec une note de 38 sur 100, alors qu’en 2010, le pays était au 59e rang sur une liste de 177 pays. De son cô­té, l’As­so­cia­tion tu­ni­sienne des contrô­leurs pu­blics af­firme, dans une étude in­ti­tu­lée «La pe­tite cor­rup­tion, le dan­ger ba­na­li­sé», qu’au moins 450 mil­lions de di­nars ont été dis­tri­bués sous forme de pots-de-vin à des fonc­tion­naires en 2013. Au to­tal, se­lon plu­sieurs ins­ti­tu­tions mon­diales, la cor­rup­tion prive le pays, an­nuel­le­ment, de deux points de crois­sance de son PIB ; une fac­ture trop éle­vée pour un pays dont les dé­fis so­cioé­co­no­miques sont nom­breux. A l’ori­gine de la mon­tée en puis­sance du phé­no­mène, il y a, certes, la fai­blesse de l’Etat, sur­tout sur la pé­riode 20112014 ; mais il y a, éga­le­ment, une cul­ture qui né­ces­site une mise à jour. Dé­non­cer quel­qu’un pour cor­rup­tion de­meure mal vu par les Tu­ni­siens. Au­tre­fois, ce­la s’ex­pli­quait sur­tout par la frac­ture entre «l’Etat» avec ses di­verses ins­ti­tu­tions et le ci­toyen. Mais, au­jourd’hui la donne a chan­gé et, donc, la cul­ture doit suivre, car si la cor-

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