LE DÉ­VE­LOP­PE­MENT ÉCO­NO­MIQUE POUR LUT­TER CONTRE LES CRIMES FI­NAN­CIERS…

La Presse Business (Tunisia) - - FINANCE -

Le se­cré­taire gé­né­ral de l’Union des banques arabes (Uba), Wis­sam Fat­touh, a in­di­qué que la lutte contre les crimes fi­nan­ciers ne s’ef­fec­tue pas uni­que­ment par l’ap­pli­ca­tion de la loi, mais aus­si à tra­vers le dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique et so­cial. «Lut­ter contre ces crimes doit com­men­cer par his­ser le ni­veau de vie de nos so­cié­tés. Dans le monde arabe, le nombre des chô­meurs a at­teint 25 mil­lions de per­sonnes, dont l’âge ne dé­passe pas 25 ans. Cette tranche d’âge de­meure la cible prin­ci­pale de l’or­ga­ni­sa­tion ter­ro­riste Deach qui a réus­si à en­cais­ser plus d’un mil­lion de dol­lars par jour pro­ve­nant du pé­trole, du vol, du kid­nap­ping et des taxes im­po­sées dans les ré­gions qu’il contrôle. Par ailleurs, pas moins de 8 mil­lions de jeunes, âgés entre 8 et 24 ans, n’ont pas connu l’école. A cet ef­fet, la ma­ni­pu­la­tion de nos jeunes, qui n’ont au­cune cul­ture, et leur im­pli­ca­tion dans des af­faires de dé­lits et crimes fi­nan­ciers de­vient de plus en plus fa­cile. C’est pour­quoi il est in­dis­pen­sable, au­jourd’hui, d’as­su­rer le dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique», a-t-il pré­ci­sé, ajou­tant que le sec­teur ban­caire joue un rôle dé­ter­mi­nant dans la pro­mo­tion du dé­ve­lop­pe­ment, la créa­tion de ri­chesses et sur­tout l’ab­sorp­tion du chô­mage. Un avis par­ta­gé par Ah­med El Ka­rem, pré­sident de l’Apt­bef. Ce der­nier a as­su­ré que le lé­gis­la­teur, les banques, les po­li­ti­ciens, main dans la main, doivent tous plan­cher sur cette ques­tion. «Le mar­ché pa­ral­lèle, qui a af­fai­bli la ca­pa­ci­té de l’Etat à faire face aux me­naces de ce fléau, re­pré­sente, au­jourd’hui, une aire pro­pice à tous ceux qui dé­si­rent com­mettre un crime fi­nan­cier ou autre…Pour par­ti­ci­per de ma­nière ef­fi­cace à cette lutte, les banques doivent se do­ter d’un mé­ca­nisme per­met­tant de les pro­té­ger contre ces risques et de rendre dif­fi­cile le crime fi­nan­cier», a-t-il af­fir­mé. Se­lon El Ka­rem, la mise en place d’une bonne gou­ver­nance est une prio­ri­té ab­so­lue, per­met­tant aux banques de mieux dé­fi­nir les risques. Il a, éga­le­ment, plai­dé pour la mise en oeuvre d’une po­li­tique de choix des clients ba­sée es­sen­tiel­le­ment sur des cri­tères bien dé­ter­mi­nés. Par­mi les autres ou­tils, le pré­sident de l’Apt­bef a ci­té l’éla­bo­ra­tion d’une po­li­tique de sui­vi de toutes les opé­ra­tions ban­caires grâce à un sys­tème in­for­ma­tique dé­ve­lop­pé, outre la mise en place d’une ges­tion d’in­for­ma­tion adé­quate.

LE GOU­VER­NE­MENT SUR LA LIGNE DE FRONT !

Pour sa part, le gou­ver­neur de la Banque cen­trale de Tu­ni­sie (Bct), Ched­ly Aya­ri, qui a ti­ré la son­nette d’alarme sur la col­lu­sion entre crime et fi­nance, a as­su­ré que le crime

Les re­ve­nus des ré­seaux cri­mi­nels sont de­ve­nus si consé­quents que leur sou­ci n’est plus de ga­gner

de l’ar­gent, mais de l’in­ves­tir et de le blan­chir

or­ga­ni­sé re­pré­sente, au­jourd’hui, une me­nace non seule­ment pour l’éco­no­mie, mais aus­si pour toute l’hu­ma­ni­té. Ain­si, les re­ve­nus des ré­seaux cri­mi­nels sont de­ve­nus si consé­quents que leur sou­ci n’est plus de ga­gner de l’ar­gent, mais de l’in­ves­tir et de le blan­chir. Aya­ri a, éga­le­ment, in­di­qué que les crimes fi­nan­ciers ont connu une évo­lu­tion dan­ge­reuse, de par les moyens et ou­tils qu’uti­lisent les cri­mi­nels. «La mise en place d’un sys­tème de pré­ven­tion, per­met­tant de ré­in­té­grer l’ar­gent du sec­teur in­for­mel dans le sec­teur lé­gal de­vient urgent

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