PA­NA­MA PA­PERS : LA TU­NI­SIE AUS­SI…

La Presse Business (Tunisia) - - FINANCE -

Cette confé­rence, qui a coïn­ci­dé avec les ré­centes ré­vé­la­tions fra­cas­santes du Pa­na­ma Pa­pers, ac­cu­sant d’éva­sion fis­cale et de blan­chi­ment d’ar­gent plu­sieurs per­son­na­li­tés à tra­vers le monde, a été l’oc­ca­sion d’in­ter­ro­ger le gou­ver­neur de la mère des banques sur le vo­let tu­ni­sien de ce scan­dale. D’après Ched­ly Aya­ri, des in­for­ma­tions jour­na­lis­tiques ou même un tra­vail d’in­ves­ti­ga­tion pa­reil ne peuvent pas faire pro­vo­quer de pour­suites ju­di­ciaires. Donc, il est pri­mor­dial de vé­ri­fier, avant toute ac­cu­sa­tion, l’au­then­ti­ci­té de cette en­quête jour­na­lis­tique, no­tam­ment en ce qui concerne les Tu­ni­siens. «Après la vé­ri­fi­ca­tion, si les in­for­ma­tions ré­vé­lées dans ce scan­dale des pa­ra­dis fis­caux se confir­maient, des me­sures se­ront prises au ni­veau de la Bct et une en­quête ju­di­ciaire se­ra ou­verte. Par ailleurs, on ne peut ac­cu­ser au­cune per­sonne pour la simple rai­son que son nom s’af­fiche dans le do­cu­ment de Pa­na­ma Pa­pers. Il faut avant tout s’as­su­rer qu’il y a vrai­ment un dé­pas­se­ment du code de change ou ce­lui de la douane», a-t-il ex­pli­qué. Et d’ajou­ter : «Le code de change ain­si que le code de douane sont clairs. Par ailleurs, d’autres lois per­met­tant de pour­suivre les contre­ve­nants ont été mises en place. A cet ef­fet, l’en­quête ne pour­ra avoir lieu qu’une fois une liste com­plète des per­sonnes im­pli­quées se­ra pu­bliée». De son cô­té, Fay­çal Der­bel, ex­pert-comp­table et porte-pa­role de l’Ins­ti­tut arabe des chefs d’en­tre­prise (Iace), a in­di­qué que les crimes fi­nan­ciers re­pré­sentent un vé­ri­table dan­ger pour toute l’éco­no­mie, et no­tam­ment pour le sec­teur for­mel. «Nous sommes, au­jourd’hui, dans une phase dé­li­cate dans la me­sure où la cri­mi­na­li­té fi­nan­cière dé­cime l’in­té­gri­té de l’éco­no­mie, et consti­tue une source de fi­nan­ce­ment pour le ter­ro­risme…Faut-il rap­pe­ler que les in­gré­dients de la cri­mi­na­li­té fi­nan­cière sont fré­quents et nom­breux ?! Outre le com­merce pa­ral­lèle, le peu de contrôle ap­pli­qué aux tran­sac­tions fi­nan­cières alour­dit, per­turbe et af­fai­blit sé­rieu­se­ment le rôle de l’Etat, qui peine à me­ner à bien sa mis­sion ! Pis en­core, le fonc­tion­ne­ment des textes et des or­ga­nismes mis en place pour lut­ter contre la cri­mi­na­li­té fi­nan­cière souffre de la­cunes. Ils ne sont pas en train de me­ner à bien leur rôle, faute d’ab­sence de vo­lon­té po­li­tique», a-t-il ex­pli­qué. Re­ve­nant sur la loi organique d’août 2015, l’ex­pert a in­di­qué que cette loi est l’un des moyens ef­fi­caces à même de lut­ter contre ces crimes, mais beau­coup reste à faire. Pour lui, le sys­tème mis en place par le gou­ver­ne­ment tu­ni­sien avance, mais à pas lents… «Lorsque les textes d’ap­pli­ca­tion ne sont pu­bliés que plu­sieurs mois plus tard, les or­ga­nismes en place ne peuvent pas rem­plir conve­na­ble­ment leur rôle», a-t-il dit.

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