AC­CU­SER RÉ­CEP­TION

La Presse Business (Tunisia) - - FINANCIAL TIMES -

Le chef d’en­tre­prise doit-il « se mon­trer » lors d’une crise ? La ré­ponse est una­nime : « Le res­pon­sable doit être pré­sent dans ses ha­bits de res­pon­sable . » Le temps ju­di­ciaire n’est pas le temps mé­dia­tique. Et pour Pierre-Hen­ri Gour­geon, « ce n’est pas le mo­ment de pen­ser à ce qui va se pas­ser sur le ter­rain ju­ri­dique » . D’au­tant que la pré­sence du pa­tron sur les lieux d’un ac­ci­dent ne signe pas la res­pon­sa­bi­li­té de l’en­tre­prise : elle ac­cuse ré­cep­tion du pro­blème. L’ap­pa­ri­tion de Guillaume Pe­py, en gi­let de sé­cu­ri­té, une heure après le dé­raille­ment de l’In­ter­ci­tés 3657, le 12 juillet 2013, à la gare de Bré­ti­gny-sur-Orge (91), reste un mo­dèle. L’er­reur la plus com­mune est de se mon­trer sur la dé­fen­sive : « Votre pa­role est in­au­dible si vous de­ve­nez un ad­ver­saire de vos clients » , ré­sume l’an­cien DG d’Air France. Certes, « le chef d’en­tre­prise doit as­su­mer, c’est la règle. Mais il doit être pré­pa­ré, car il se­ra ju­gé à l’aune de sa per­for­mance mé­dia­tique » , in­siste Yves-Paul Ro­bert.

SE FAIRE ÉPAU­LER

De­puis dix ans, les ex­perts se sont dé­ve­lop­pés. A cô­té des grandes agences de com­mu­ni­ca­tion (Ha­vas Pa­ris, Pu­bli­cis Consul­tants...), de re­la­tions presse et pu­bliques (DGM, Image 7) et des «spin doc­tors» - moins connus que leurs clients- tels Anne Hom­mel ou Ma­rie-France La­va­ri­ni, des ca­bi­nets in­dé­pen­dants cultivent le «small is beau­ti­ful». A l’ins­tar de ce­lui d’Eric Giui­ly (CLAI), an­cien DG de France 2 et ex-PDG de l’AFP, qui « ac­com­pagne les en­tre­prises en si­tua­tion sen­sible, pour celles ne de­vienne jus­te­ment pas une crise » . La fi­gure im­po­sée au­ra sou­vent été de pré­pa­rer en amont un « kit de sur­vie mé­dia­tique » , ac­com­pa­gné d’un me­dia trai­ning, ain­si qu’un «vi­vier d’al­liés» qui pour­ront prendre la pa­role. Ces ser­vices peuvent être in­clus dans la po­lice d’as­su­rance de l’en­tre­prise, comme ce fut un temps le cas pour Span­ghe­ro avec l’agence Vae So­lis. Les ta­rifs pra­ti­qués? «Les mêmes que ceux d’un avo­cat» , an­nonce-t-on chez Ha­vas Pa­ris.

AMOR­CER « UNE AUTRE HIS­TOIRE»

Après le nau­frage du « Con­cor­dia » , la pro­fes­sion des croi­sié­ristes a in­vi­té pen­dant quatre mois, sous la hou­lette de Ha­vas, les jour­na­listes du monde en­tier pour leur mon­trer les sys­tèmes et pro­cess de sé­cu­ri­té à bord des ba­teaux. « Au­cun autre mes­sage n’était au­dible » , ra­conte Be­noît Via­la. En­suite, vint le temps de com­mu­ni­quer sur l’ap­pli­ca­tion même de ces pro­cess : « Il a fal­lu mettre un peu de di­men­sion hu­maine. Et nous avons com­men­cé à com­mu­ni­quer sur les mé­tiers, la for­ma­tion des per­son­nels. Pour fi­nir, nous avons pu ra­con­ter l’his­toire de cette in­dus­trie. » En po­si­tif.

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