Les ar­bitres sont-ils lé­sés ou, au contraire, cou­pables ?

La Presse Business (Tunisia) - - BUSINESS SPORT -

fausse la com­pé­ti­tion. Les ar­bitres, com­po­sante si dé­ter­mi­nante dans le cham­pion­nat et dans le dé­ve­lop­pe­ment du foot­ball, sont-ils lé­sés ou, au contraire, cou­pables ? Un peu des deux. Ça se voit que cer­tains clubs riches et jouant pour le titre sont ai­dés et pro­té­gés, et cer­tains ar­bitres tu­ni­siens se prêtent sans état d’âme 100% (ils exercent d’autres mé­tiers) mais leur mode de ré­mu­né­ra­tion, leur mode de ges­tion de car­rière, le sui­vi qu’ils ob­tiennent au­près des fé­dé­ra­tions est pro­fes­sion­nel. Ils sont bien payés, contrai­re­ment à nos ar­bitres dont les primes sont sou­vent ajour­nées. En Eu­rope, ils sont bien sé­lec­tion­nés et suivent avec ri­gueur les exa­mens de la Fi­fa et les re­com­man­da­tions des éva­lua­teurs. En Tu­ni­sie, tout le monde fait de la for­ma­tion et ac­corde des notes se­lon la loyau­té, et dans la plu­part des cas se­lon l’hu­meur. Le pro­blème ré­side en ce cir­cuit de dé­si­gna­tion qui n’obéit à au­cune lo­gique. Beau­coup d’ar­bitres hon­nêtes et com­pé­tents sont écar­tés, d’autres, pis­ton­nés, se re­trouvent aux pre­miers rangs. En Ita­lie, le cé­lèbre Col­li­na a été dé­si­gna­teur des ar­bitres de la Sé­rie A, et se trouve main­te­nant pre­mier res­pon­sable des ar­bitres à l’Uefa, chose qui en dit beau­coup sur le cha­risme et la va­leur re­quis pour être un chef des ar­bitres. On conti­nue, nous, à ac­cor­der cette lourde res­pon­sa­bi­li­té avec ses en­jeux, soit à des ex-pe­tits ou même dou­teux ar­bitres (preuve à l’ap­pui), soit à des res­pon­sables fri­leux qui ne peuvent pas s’im­po­ser au­près de di­ri­geants af­fa­més, ne trou­vant au­cune gêne à ten­ter de les cor­rompre. La ma­nière d’être dé­si­gné reste le pro­blème ma­jeur de nos ar­bitres, sans ou­blier les condi­tions dans les­quelles ils s’en­traînent et avec quels moyens et quel ac­com­pa­gne­ment ils gèrent leurs car­rières. Ti­rage au sort dans la dé­si­gna­tion, ro­ta­tion étu­diée, primes amé­lio­rées ; sanc­tions exem­plaires, sui­vi de très près de la condi­tion phy­sique, for­ma­tion conti­nue… Les so­lu­tions sont nom­breuses pour mettre fin à ces pres­ta­tions ca­tas­tro­phiques et à cet ar­bi­trage man­quant de per­son­na­li­té ou cé­dant à la ten­ta­tion ou bien ac­cep­tant l’ordre pré­éta­bli. Dans tous les cas, si l’on veut que ce cham­pion­nat de­vienne pro­fes­sion­nel, il fau­dra com­men­cer par les ar­bitres et as­sai­nir ce sec­teur-clef. Il y au­ra tou­jours des fausses notes, des ar­bitres qui fe­ront des er­reurs, qui lè­se­ront et fa­vo­ri­se­ront des clubs aux dé­pens des autres, mais, à la fin, la bonne foi, les fautes pour et contre conver­ge­ront vers une cer­taine «équi­té» de fait.

Newspapers in French

Newspapers from Tunisia

© PressReader. All rights reserved.