LA COR­RUP­TION E

Chaque an­née, plus de 50 mil­liards de dol­lars qui ent illi­ci­te­ment le conti­nent.

La Presse Business (Tunisia) - - FOCUS -

Certes, la cor­rup­tion n’a pas de fron­tières. Le phé­no­mène touche tous les pays, sans ex­cep­tion, même ceux dont les lois sont dra­co­niennes et qui ne ba­dinent pas avec la fraude. Néan­moins, ce sont les pays afri­cains qui semblent être les plus tou­chés par la cor­rup­tion. Se­lon le rap­port «Flux fi­nan­ciers illi­cites», le conti­nent a per­du plus de 1.000 mil­liards de dol­lars du fait des flux fi­nan­ciers illi­cites au cours des 50 der­nières an­nées. Ela­bo­ré par un groupe d’ex­perts de haut ni­veau à la de­mande de la CEA (Com­mis­sion éco­no­mique pour l’Afrique) et l’UA (Union afri­caine), le rap­port pré­cise qu’ac­tuel­le­ment, l’Afrique perd plus de 50 mil­liards $ par an. Tou­te­fois, «ces es­ti­ma­tions sont peut-être très en de­çà de la réa­li­té, car il n’existe pas de don­nées pré­cises pour tous les pays afri­cains, puis­qu’elles ex­cluent sou­vent cer­taines formes de flux fi­nan­ciers qui, par na­ture, sont se­crets et ne peuvent donc être cor­rec­te­ment es­ti­més». C’est dire l’am­pleur du phé­no­mène qui prive les pays afri­cains d’im­por­tantes res­sources fi­nan­cières pou­vant ga­ran­tir leur dé­ve­lop­pe­ment so­cioé­co­no­mique et mettre fin à la pau­vre­té qui les frappe de plein fouet. A titre d’exemple, le Ke­nya a per­du 1,51 mil­liard $ entre 2002 et 2011 rien qu’à tra­vers la fal­si­fi­ca­tion des fac­tures par les so­cié­tés mul­ti­na­tio­nales. L’Al­gé­rie, de son cô­té, a per­du 25,7 mil­liards $ entre 1970 et 2008.

UN PRO­BLÈME DE GOUVERNANCE

Pour ces ex­perts, l’ex­ten­sion des flux fi­nan­ciers illi­cites en Afrique illustre, avant tout, un pro­blème de gouvernance en rai­son d’une in­suf­fi­sance et de la fra­gi­li­té des ins­ti­tu­tions et de la ré­gle­men­ta­tion. C’est pour­quoi les flux fi­nan­ciers

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