DE FAUX CAL­CULS

La Presse Business (Tunisia) - - FOCUS -

Un mé­de­cin paye en moyenne 6 mille di­nars d’impôt sur les re­ve­nus, se­lon les es­ti­ma­tions de l’Ordre des mé­de­cins et des ob­ser­va­teurs. En fai­sant le cal­cul in­verse, l’ex­pert-comp­table es­time qu’un mé­de­cin exer­çant à titre li­bé­ral gagne an­nuel­le­ment d’en­vi­ron 30 mille di­nars bruts. Pour faire simple, c’est l’équi­valent d’un sa­laire men­suel de deux mille di­nars par mois, soit trois consul­ta­tions par jour. Dans cette lo­gique, le mé­de­cin de la fonc­tion pu­blique gagne mieux sa vie et paye plus d’im­pôts sur le re­ve­nu que la moyenne d’un mé­de­cin exer­çant à titre li­bé­ral. Le train de vie des deux ca­té­go­ries de mé­de­cins, sa­la­rié et li­bé­ral, montrent le contraire. Sur un autre plan de taxa­tion, les mé­de­cins re­ven­diquent l’exo­né­ra­tion de la TVA sur les pres­ta­tions mé­di­cales «pour ne pas alour­dir la charge des pa­tients», se­lon les com­mu­ni­ca­tions de l’Ordre des mé­de­cins. Une telle exo­né­ra­tion risque de faire perdre aux ca­bi­nets plus que les gains es­comp­tés, se­lon l’ex­pert. «Avec le nou­veau sta­tut fis­cal, ils n’ont plus la pos­si­bi­li­té de dé­duire la TVA gre­vant les in­ves­tis­se­ments et les charges d’ex­ploi­ta­tion», pré­cise-t-il, rap­pe­lant que, dans cette confi­gu­ra­tion, les mon­tants de TVA consti­tue­ront des élé­ments de coût sup­plé­men­taires. Puisque les mé­de­cins sont les pre­miers à contes­ter, alors que l’ar­ticle 22 concerne toutes les fonc­tions li­bé­rales, l’on s’at­tend à ce que d’autres corps de mé­tiers s’in­vitent au-de­vant de la scène des re­ven­di­ca­tions et de l’hy­po­thé­tique mi­li­tan­tisme. A cet égard, il est à rap­pe­ler que les 400 mille bé­né­fi­ciaires du sta­tut de for­fai­taire contri­buent à rai­son de 2% des im­pôts di­rects, alors que les sa­la­riés as­surent 46% du mon­tant des im­pôts sur le re­ve­nu. Pour­tant, cette ca­té­go­rie de contri­buable ne bé­né­fi­cie que de 33% du re­ve­nu na­tio­nal, ce qui re­flète l’in­jus­tice fis­cale criante su­bie par les sa­la­riés. In­ver­ser ces rap­ports, ou l’in­ten­tion d’in­ver­ser ces rap­ports, né­ces­site un chan­ge­ment du mo­dèle de col­lecte et de ré­par­ti­tion des ri­chesses. Et les fu­turs per­dants vont s’or­ga­ni­ser pour y ré­sis­ter, alors que ceux qui vont ga­gner avec un tel chan­ge­ment ne sont pas, gé­né­ra­le­ment, in­for­més de leurs bé­né­fices fu­turs, et ne sont pas as­sez puis­sants pour lan­cer une

quel­conque.■ mo­bi­li­sa­tion

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