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Le clas­se­ment des pays, qui en­re­gistrent une forte crois­sance, est do­mi­né par des pays afri­cains sub­sa­ha­riens. Les en­tre­prises tu­ni­siennes ac­cusent un re­tard par rap­port à leurs concur­rents dans ces mar­chés. Qu’en pense l’an­cien mi­nistre des Fi­nances, Jal

La Presse Business (Tunisia) - - BUSINESS - Pro­pos re­cueillis par Rid­ha MAAMRI

La triste réa­li­té est que notre pays n’a ja­mais réel­le­ment éla­bo­ré une stra­té­gie de di­plo­ma­tie éco­no­mique qui puisse lui as­su­rer le po­si­tion­ne­ment qu’il mé­rite à l’échelle glo­bale ou même ré­gio­nale. Sous l’ère ré­vo­lue, l’ob­jec­tif prin­ci­pal de notre di­plo­ma­tie était de peau­fi­ner la sta­ture in­ter­na­tio­nale du dic­ta­teur et de te­nir en échec ses dé­trac­teurs. J’ai l’es­poir de voir un nou­veau pa­ra­digme éri­ger notre po­li­tique di­plo­ma­tique prin­ci­pa­le­ment au­tour de l’axe éco­no­mique. C’est ain­si que le gou­ver­ne­ment peut es­pé­rer ga­gner (ou re­ga­gner) la confiance des opé­ra­teurs na­tio­naux qui opèrent dans des mar­chés étran­gers sou­vent très dif­fi­ciles. Une di­plo­ma­tie éco­no­mique in­tel­li­gente doit aus­si avoir pour ob­jec­tif d’at­ti­rer l’in­ves­tis­se­ment étran­ger. À mon humble avis, nos am­bas­sa­deurs doivent pas­ser le plus clair de leur temps à cour­ti­ser les in­ves­tis­seurs et par­te­naires po­ten­tiels. Il faut aus­si s’as­su­rer que les condi­tions d’ac­cueil, de con­seil et d’ac­com­pa­gne­ment dans notre pays soient à la hau­teur de l’at­tente de ces par­te­naires po­ten­tiels. Concer­nant la stra­té­gie afri­caine, je pense que tout reste à faire. Qua­si­ment ab­sente de la ma­jeure par­tie de l’Afrique sub­sa­ha­rienne, la Tunisie a lar­ge­ment per­du le ca­pi­tal sym­pa­thie dont elle jouis­sait dans cer­tains pays d’Afrique fran­co­phone sous l’ère du pré­sident Bour­gui­ba. Au­jourd’hui, nous n’avons que sept am­bas­sades en Afrique contre une tren­taine pour le Ma­roc et la Tur­quie. Un grand ef­fort doit être four­ni par le mi­nis­tère des Af­faires étran­gères pour ren­for­cer le po­si­tion­ne­ment de la Tunisie sur la scène afri­caine. Ce­la est d’au­tant plus im­por­tant que l’Eu­rope, notre par­te­naire tra­di­tion­nel, conti­nue à connaître une stag­na­tion éco­no­mique. Les opé­ra­teurs éco­no­miques doivent aus­si ap­por­ter leur contri­bu­tion à cet ef­fort. Il se­rait fort utile à ce pro­pos de son­ger à l’éla­bo­ra­tion d’une ap­proche de «PPP di­plo­ma­tique», se­lon la­quelle les opé­ra­teurs pri­vés par­ti­ci­pe­raient, par le biais d’un ap­port fi­nan­cier et lo­gis­tique, à l’ex­pan­sion de nos re­pré­sen­ta­tions di­plo­ma­tiques dans les mar­chés cibles, par­ti­cu­liè­re­ment en Afrique. Je suis per­sua­dé que nos opé­ra­teurs ré­pon­draient fa­vo­ra­ble­ment à une telle ini­tia­tive.

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