“Le fac­teur clé du dé­ve­lop­pe­ment n’est pas l’ar­ri­vée d’une tech­nique mais sa dif­fu­sion pro­fonde dans l’éco­no­mie, c’est-à-dire l’ex­ten­sion maxi­mum de ses bé­né­fices”

La Presse Business (Tunisia) - - FINANCIAL TIMES -

pour les pro­duits qu’ils fa­briquent, ré­dui­sant les coûts de trans­ports et les risques d’évo­lu­tion sa­la­riale. La baisse de la part des sa­laires dans le PNB se constate dans la plu­part des pays, y com­pris l’Inde, la Chine ou le Mexique. Et, plus pré­ci­sé­ment, de­puis les an­nées 80, la part de l’in­dus­trie dans les éco­no­mies en dé­ve­lop­pe­ment baisse presque aus­si vite que dans les pays avan­cés, à la seule ex­cep­tion de l’Asie du Sud-Est. Les pays avan­cés et asia­tiques ont connu une telle rup­ture, mais à un mo­ment où ils étaient dé­jà de­ve­nus riches, en moyenne avec un PNB par tête de 23.000 $ (2015) pour les pre­miers. Les pays en voie de dé­ve­lop­pe­ment (PVD) la connaissent au­jourd’hui avec un re­ve­nu par tête de 1.200 $. Or l’in­dus­trie n’a pas d’équi­valent pour dé­ga­ger des gains de pro­duc­ti­vi­té qui créent de la ri­chesse pour tous. Les ser­vices ne pa­raissent pas ca­pables de la rem­pla­cer à cet égard. Ils re­pré­sentent certes une part crois­sante des PNB des PVD, mais leur ca­pa­ci­té à créer et dif­fu­ser la ri­chesse est bien moindre. D’une part, les ser­vices à forte va­leur ajou­tée – fi­nance, tech­no­lo­gies de l’in­for­ma­tion, in­gé­nie­rie, etc. – de­mandent une main-d’oeuvre très qua­li­fiée et pas tel­le­ment nom­breuse. Mal­gré la place que l’Inde y oc­cupe, ce n’est pas un mo­teur de crois­sance très im­por­tant pour elle, et rien de com­pa­rable à ce que l’in­dus­trie dé­lo­ca­li­sée en Chine fut pour celle-ci. D’autre part, la masse des ser­vices dans les PVD sont in­for­mels ou à faible va­leur ajou­tée, comme le pe­tit com­merce ou l’ar­ti­sa­nat. Leur émer­gence si­gni­fie celle d’une consom­ma­tion mo­deste, ce qui ex­plique leur très ra­pide dé­ve­lop­pe­ment en Afrique de­puis 20 ans. Ce­la oc­cupe du monde et contri­bue as­su­ré­ment à sor­tir des pans en­tiers de la po­pu­la­tion de la mi­sère, et même à leur don­ner un (tout) pe­tit ni­veau de vie. Mais on est loin de l’en­ri­chis­se­ment connu par les PVD asia­tiques, et sans pers­pec­tive d’y par­ve­nir.

En­ri­chis­se­ment et pro­grès tech­niques, cor­ré­la­tion à double sens

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