L’ÉVA­SION FIS­CALE ET LA CAP­TA­TION DE VA­LEUR

La Presse Business (Tunisia) - - FINANCIAL TIMES -

Deuxième pro­blé­ma­tique : l’op­ti­mi­sa­tion fis­cale. Lar­ge­ment abor­dées dans le rap­port Collin et Co­lin, ces pra­tiques contri­buent à faus­ser le jeu concur­ren­tiel au dé­tri­ment d’ac­teurs lo­caux. Troi­sième su­jet d’in­quié­tude : la cap­ta­tion d’un taux de va­leur ajou­tée ex­ces­sif par rap­port aux ser­vices ren­dus. Cô­té uti­li­sa­teurs, des ques­tions re­la­tives à la col­lecte, au trans­fert, à l’uti­li­sa­tion des don­nées et à leur ré­cu­pé­ra­tion res­tent en sus­pens. En l’adresse e-mail ou cer­taines ré­fé­rences de cartes ban­caires. Les conten­tieux se mul­ti­plient du cô­té des pro­fes­sion­nels. Mais le conten­tieux n’est pas la seule op­tion. Le dé­ve­lop­pe­ment des offres de pla­te­formes do­mi­nantes amé­ri­caines n’est pas une ten­dance li­néaire et iné­luc­table. Le re­trait de Google du sec­teur de l’as­su­rance au­to­mo­bile en ligne en France montre que rien n’est ins­crit d’avance. Les opé­ra­teurs tra­di­tion­nels peuvent re­prendre la main. Dans l’hôtellerie, Ac­corHo­tels.com mul­ti­plie les al­ter­na­tives d’in­ter­mé­dia­tion sur In­ter­net et les ré­seaux so­ciaux. L’en­jeu ? Se don­ner les moyens de conser­ver l’ac­cès di­rect à sa clien­tèle. Aux Etats-Unis, les com­pa­gnies aé­riennes foncent dans cette di­rec­tion. Avec suc­cès. La part des ventes di­rectes en ligne de­vrait pas­ser de 53 % à 75 % cette an­née. Des stra­té­gies d’al­liances voient aus­si le jour comme Fair­boo­king, qui re­groupe des hô­te­liers de Nantes échau­dés par les pra­tiques des cen­trales de ré­ser­va­tion en ligne. Bien en­ten­du, les marques fortes dis­po­sant de moyens fi­nan­ciers suf­fi­sants sont avan­ta­gées. A l’ins­tar du Fi­nan­cial Times, rares sont ceux qui peuvent se payer le luxe de ne pas fi­gu­rer sur le kiosque à ap­pli­ca­tions d’Apple .... “Il est tout à fait pos­sible de trou­ver des pro­po­si­tions de va­leur et des ser­vices in­no­vants, en­ga­geants. Les bonnes idées, la vo­lon­té, la niaque ne sont pas l’apa­nage des en­tre­pre­neurs amé­ri­cains !”, es­time Fran­çoise Co­laï­tis. Le spé­cia­liste fran­çais du co­voi­tu­rage Blab­lacar a réus­si à le­ver 100 mil­lions de dol­lars au­près de fonds d’in­ves­tis­se­ments. Pour Geof­froy de Bec­de­lièvre, Pdg de Mar­co et Vas­co qui fait du voyage sur me­sure en ligne, “dans le di­gi­tal, les Eu­ro­péens res­tent pe­tits joueurs et ne se donnent pas les moyens de dé­ve­lop­per des géants in­ter­na­tio­naux”. Ja­mais un environnement en­tre­pre­neu­rial fa­vo­rable, à l’ins­tar de la Si­li­con Val­ley, n’a été aus­si né­ces­saire. Le monde nu­mé­rique est tel­le­ment in­tense en in­no­va­tion que même Google ne pour­ra pas an­ti­ci­per toutes les nou­velles fron­tières de cette éco­no­mie. A long terme, rien n’est dé­fi­ni­ti­ve­ment ac­quis, sur­tout grâce au coup de pouce né­ces­saire des po­li­tiques, comme le rap­pelle Fran­cis Ju­tand.“La ré­gu­la­tion des ac­ti­vi­tés et des pra­tiques de ces grandes pla­te­formes s’im­pose. Il est in­dis­pen­sable de ré­équi­li­brer les forces pour que le Web se dé­ve­loppe de fa­çon sou­te­nable. Ce­la passe par le ren­for­ce­ment des droits et des ga­ran­ties de loyau­té de la part de ces pla­te­formes. La France et l’Eu­rope doivent ac­ter la di­men­sion éco­no­mique des don­nées nu­mé­riques qui est le pé­trole brut de nos éco­no­mies”, conclut-il.

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