L’ÉCO­NO­MIE, LE PLUS GRAND PER­DANT DE LA CONS­TI­TU­TION!

La Presse Business (Tunisia) - - ONG -

tu­ni­sienne, sans que quel­qu’un bouge, ne fait qu’ag­gra­ver la si­tua­tion éco­no­mique de notre pays, qui peine à re­dé­mar­rer. Je me de­mande de quoi s’oc­cupe-t-on dans ce pays? Le Li­ban, à titre d’exemple, est l’un des pays qui a vé­cu une guerre ci­vile pen­dant des an­nées. Et pour­tant, son sys­tème éco­no­mique fonc­tionne et est en plein es­sor. La po­li­tique reste un élé­ment très im­por­tant, mais elle ne peut rien faire toute seule... Une main toute seule ne peut pas ap­plau­dir!, comme l’af­firme l’adage tu­ni­sien. Pour ce­la, il faut ré­flé­chir sé­rieu­se­ment à l’éco­no­mie en tant qu’élé­ment es­sen­tiel pour ai­der le pays à dé­pas­ser ce stade. Pour at­teindre cet ob­jec­tif, le do­maine éco­no­mique doit bé­né­fi­cier du même in­té­rêt que les do­maines po­li­tique et so­cial. Est-ce le cas pour la Tunisie ? Non, bien sûr!», a-t-il pré­ci­sé. M. Bac­car a, en outre, dé­cla­ré que le sec­teur éco­no­mique est le plus grand per­dant de la nou­velle Cons­ti­tu­tion qui ga­ran­tit le droit au travail, à la libre ex­pres­sion, à la san­té, à l’édu­ca­tion... Mais pour l’éco­no­mie, rien! « L’éco­no­mie ce n’est pas l’Etat! Elle en­globe tous les sec­teurs et toutes les ca­té­go­ries, dont les hommes d’af­faires... A cer­tains mo­ments, on a dia­bo­li­sé les hommes d’af­faires et les en­tre­prises. Cer­tains d’entre eux étaient in­ter­dits de voyages alors que d’autres ont quit­té dé­fi­ni­ti­ve­ment le pays et une autre ca­té­go­rie s’est trou­vée blo­quée et in­ca­pable de faire la moindre chose (n’in­ves­tit plus, n’ex­porte plus...). Se­lon des sta­tis­tiques de la Banque mon­diale, les pro­duits ex­por­tés ont re­pré­sen­té 23% du PIB. Au­jourd’hui, tout a dis­pa­ru, et le nombre des en­tre­prises étran­gères qui ont quit­té le pays ne cesse d’aug­men­ter. A ce ni­veau, la ré­con­ci­lia­tion avec ces ac­teurs de­vient une né­ces­si­té afin de trou­ver le point de dé­part pour la construc­tion d’une Tunisie nou­velle», a-t-il in­di­qué. Ain­si, pour faire re­dé­mar­rer la ma­chine éco­no­mique, Taou­fik Bac­car a ap­pe­lé à l’en­ga­ge­ment d’une sé­rie de ré­formes: ré­formes ad­mi­nis­tra­tives, ré­forme du cadre ré­gle­men­taire, le dé­ve­lop­pe­ment de la construc­tion et de l’in­fra­struc­ture... et sur­tout la pu­bli­ca­tion du nou­veau code des in­ves­tis­se­ments tant at­ten­du pour at­ti­rer les in­ves­tis­seurs et re­ga­gner leur confiance afin qu’ils donnent une bouf­fée d’oxy­gène à notre éco­no­mie. «A quel point sommes-nous ar­ri­vés à réa­li­ser un plan ca­pable de sau­ver le pays et de le faire sor­tir de cette im­passe? On est ar­ri­vé à un mo­ment où le mi­nis­tère du Dé­ve­lop­pe­ment ou ce­lui de la Pla­ni­fi­ca­tion ont com­plè­te­ment dis­pa­ru ! Il est temps au­jourd’hui d’in­ter­rompre les mou­ve­ments so­ciaux... Il est temps de se re­mettre au travail sans tar­der... Il est temps d’an­ti­ci­per pour pou­voir don­ner une vi­sion claire de l’ave­nir... Il est temps d’ap­pe­ler et d’en­cou­ra­ger les opé­ra­teurs éco­no­miques pour in­ves­tir da­van­tage... Il est temps de sau­ver le pays! Mal­heu­reu­se­ment, tous ces élé­ments sont ab­sents de la nou­velle Cons­ti­tu­tion qui a con­cen­tré son in­té­rêt sur les sec­teurs po­li­tique et so­cial. L’éco­no­mie de­meure ain­si le plus grand per­dant de cette Cons­ti­tu­tion!», a-t-il ex­pli­qué. L’an­cien mi­nistre a ajou­té qu’un plan de dé­ve­lop­pe­ment dans la si­tua­tion ac­tuelle n’a pas beau­coup de chances de se réa­li­ser. «Il faut du temps. Il faut au moins trois an­nées pour avan­cer dans les ré­formes et as­seoir une base ob­jec­tive pour pou­voir par­ler d’un plan du dé­ve­lop­pe­ment et en­ga­ger, par la suite, une ac­tion ca­pable de faire sor­tir le pays de cette si­tua­tion pour se di­ri­ger vers le re­dres­se­ment éco­no­mique», a-t-il conclu.

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