Vou­lez-vous dire que l’Ins­tance est vic­time d’un com­plot ?

La Presse Business (Tunisia) - - EN COUVERTURE -

Com­plot non, mais une forte ré­sis­tance au sein de l’Ad­mi­nis­tra­tion tu­ni­sienne et au sein de cer­taines franges de la classe po­li­tique, oui. Si­non com­ment ex­pli­quer que cette Ins­tance, qui existe de­puis quatre ans n'a été do­tée que de 312.000 di­nars comme bud­get, dont plus des deux tiers sont af­fec­tés au loyer. Per­sonne ne s’est de­man­dé pour­quoi une ins­tance aus­si im­por­tante, dans un contexte aus­si sen­sible, n’est pas do­tée des moyens né­ces­saires. Tous les gou­ver­ne­ments qui se sont suc­cé­dé de­puis la créa­tion de l’Ins­tance se sont com­por­tés de la même ma­nière. Je pré­cise que le chef du gou­ver­ne­ment, Ha­bib Es­sid a, de­puis son ar­ri­vée au pou­voir, char­gé un mi­nistre des Re­la­tions avec les ins­tances consti­tu­tion­nelles, en l’oc­cur­rence Ka­mel Jen­dou­bi. Ce der­nier s’est char­gé du dos­sier et il a pro­po­sé au chef du gou­ver­ne­ment quelques me­sures pour ré­soudre le pro­blème de l’Ins­tance. Mais, ce­la n’est pas suf­fi­sant. Il faut do­ter l’Ins­tance des moyens né­ces­saires. J’ajoute que l’Ins­tance n’est pas res­tée les bras croi­sés. Au même mo­ment où elle ré­clame avec force des moyens,

Le cou­rant passe-t-il conve­na­ble­ment entre l’Ins­tance et le mi­nis­tère des Fi­nances ?

Soyons francs. Avec le mi­nistre, nous n’avons au­cun pro­blème. Nous nous connais­sons per­son­nel­le­ment et je di­rais qu’il y a même une cer­taine af­fi­ni­té entre nous deux. Mais, au ni­veau de cer­tains dé­par­te­ments du mi­nis­tère, il y a blo­cage. Cer­tains res­pon­sables n’ar­rivent pas à conce­voir qu’il puisse y avoir une ins­tance in­dé­pen­dante. Ils sont for­ma­tés de cette ma­nière. Pour­tant, le texte est clair : c’est à l’Ins­tance de pré­pa­rer son propre bud­get en fonc­tion de ses be­soins, et par la suite c’est au chef du gou­ver­ne­ment de dé­ci­der, peut-être en concer­ta­tion avec le mi­nistre des Fi­nances. Ce n’est pas au mi­nis­tère des Fi­nances de dé­ci­der com­ment nous de­vons dé­pen­ser et com­ment ré­par­tir le bud­get. Nous sommes une ins­tance in­dé­pen­dante et nous conti­nue­rons à exer­cer notre in­dé­pen­dance.

La ré­sis­tance concerne-t-elle uni­que­ment le mi­nis­tère des Fi­nances ou est-ce qu’elle est gé­né­rale ?

L’Ins­tance n’est pas po­pu­laire au ni­veau de la sphère po­li­tique. Elle l’est peut-être au ni­veau du peuple, de la so­cié­té ci­vile et des médias, mais au ni­veau du pou­voir po­li­tique, On a consti­tué une com­mis­sion d’en­quête, dès le 5 avril, deux jours après les pre­mières ré­vé­la­tions. On est en train d'exa­mi­ner les mo­da­li­tés de fonc­tion­ne­ment de cette com­mis­sion avec les autres, créées dans la fou­lée de ces fuites. Au fi­nal, ce qui compte, c’est d’éla­bo­rer, si pos­sible, un rap­port com­mun. Par ailleurs, cette af­faire a mis à nu les fai­blesses de notre sys­tème de lutte contre l’éva­sion fis­cale, no­tam­ment en ce qui concerne la res­pon­sa­bi­li­té mo­rale et po­li­tique des pre­miers res­pon­sables des par­tis po­li­tiques que la loi n’oblige pas à dé­cla­rer leur pa­tri­moine. L’en­ri­chis­se­ment de cer­tains res­pon­sables po­li­tiques de pre­mier plan, ain­si que cer­tains ac­ti­vistes de la so­cié­té ci­vile, est édi­fiant. L’ac­ti­vi­té par­ti­sane est de­ve­nue une source de re­ve­nus pour plu­sieurs d'entre eux. C’est pour cette rai­son qu’on a ap­pe­lé à élar­gir la liste des res­pon­sables concer­nés par la dé­cla­ra­tion de pa­tri­moine.

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