«NOUS SOMMES EN­TRÉS DANS UNE ÈRE POST-PÉ­TRO­LIÈRE»

Qua­rante an­nées d’his­toire du pé­trole vues par un «oil wat­cher» éclec­tique, ou com­ment les lois du mar­ché ont re­pris leurs droits sur le prix po­li­tique du pé­trole. Com­ment ex­pli­quer que le cours du pé­trole soit pas­sé de 1 dol­lar en 1973 à près de 150 doll

La Presse Business (Tunisia) - - FINANCIAL TIMES -

“En 1973, les Arabes, en ins­tau­rant un em­bar­go de quelques se­maines et en qua­dru­plant le prix du brut, ont rom­pu le contrat et rem­por­té la mise. Mais cette pé­riode du prix “po­li­tique” du pé­trole, à forte di­men­sion re­li­gieuse, est ter­mi­née. Les forces du mar­ché ont re­pris le des­sus et nous sommes en­trés dans une pé­riode post-pé­tro­lière. Le pé­trole n’est plus“arme me­na­çante” ana­lyse l’ex­pert, qui dé­monte au pas­sage le mythe fan­tas­ma­tique du “pic oil”, qui eut pour ef­fet de pro­pul­ser cer­taines pro­jec­tions du prix du brut jus­qu’à 300 dol­lars. Et Phi­lippe Simonnot de re­com­man­der à tout le monde de “ne ja­mais quit­ter le rai­son­ne­ment éco­no­mique”.

PRO­POS RE­CUEILLIS PAR PHI­LIPPE PLASSART

Le prix du ba­ril de pé­trole, qui était de 1 dol­lar en 1972, est mon­té à près de 150 dol­lars en 2013, avec des pro­jec­tions qui le voyaient al­ler jus­qu’à 300 dol­lars. Et le voi­là re­tom­bé au­jourd’hui aux alen­tours de 30-50 dol­lars. Pour ex­pli­quer une évo­lu­tion aus­si spec­ta­cu­laire, il faut com­prendre que le pé­trole est un prix po­li­tique, mais qui est sou­mis à la loi du mar­ché. La pé­riode de main­mise po­li­tique du­rant les an­nées 80 et 90 et jus­qu’aux an­nées 2000 s’est ache­vée par la baisse bru­tale que l’on connaît, au­jourd’hui. En réa­li­té, cette chute ex­prime le fait que le mar­ché se venge, et qu’on ne viole pas ses lois sans consé­quence. Il n’est pas pos­sible de ma­ni­pu­ler le prix d’une telle ma­tière pre­mière, et cette vé­ri­té va­lable pour le pé­trole l’est tout au­tant pour les autres ma­tières pre­mières. Quand un prix se si­tue du­ra­ble­ment très au-des­sus du coût de pro­duc­tion — au dé­but des an­nées 70, ce coût s’éle­vait à 10 cents par ba­ril et il tourne au­jourd’hui au­tour des 3 dol­lars —, un tel sur­prix a des ef­fets tant sur l’offre que sur la de­mande qui viennent cor­ri­ger la si­tua­tion.

LE TEMPS DE LA MAIN­MISE PO­LI­TIQUE

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