LES PME IN­NOVENT LEUR FI­NAN­CE­MENT !

Dans le cadre de son con­grès élec­tif, le Centre des jeunes di­ri­geants d’en­tre­prises de Na­beul a or­ga­ni­sé un col­loque sur le thème : «Fi­nan­ce­ment des PME; quel rôle pour la Bourse et les fonds d’in­ves­tis­se­ments ?».

La Presse Business (Tunisia) - - FINANCE - Par Me­riem KHDIMALLAH

Sa­meh Gui­ras, pré­si­dente du CJD Na­beul, a dé­cla­ré que l’ob­jec­tif de cette ren­contre, qui re­groupe des chefs d’en­tre­prise, des étu­diants, des ex­perts, de hauts fonc­tion­naires... est de faire res­sor­tir la pro­blé­ma­tique et la com­plexi­té de l’ac­cès au fi­nan­ce­ment de la PME et ce, en vue de pro­po­ser des amen­de­ments à la lé­gis­la­tion en vi­gueur ou la mise en place d’ins­tru­ments fi­nan­ciers mieux adap­tés aux be­soins de la PME.

L’AB­SENCE DE CULTURE EN­TRE­PRE­NEU­RIALE EN TUNISIE

Mo­ha­med Agre­bi, an­cien mi­nistre, a af­fir­mé qu’en Tunisie, les PME re­pré­sentent une source de ri­chesse. «Mal­gré leur taille, ces pe­tites et moyennes en­tre­prises sont ca­pables de créer des cen­taines de mil­liers d’em­plois. Le pro­blème est que la ma­jo­ri­té d’entre elles sont des en­tre­prises in­di­vi­duelles ou fa­mi­liales qui souffrent d’un manque fla­grant de for­ma­tion. Par ailleurs, la culture en­tre­pre­neu­riale n’existe pas en Tunisie. Dans plu­sieurs pays dé­ve­lop­pés, à l’ins­tar de la Suède, il existe, dans les écoles pri­maires, une ma­tière spé­ci­fique consa­crée à la “créa­tion de l’en­tre­prise”. Donc, l’art de la créa­tion de l’en­tre­prise est culti­vé de­puis le ni­veau pri­maire, ce qui n’est pas le cas pour la Tunisie, où l’étu­diant ap­prend en mas­ter la “culture en­tre­pre­neu­riale”, en tant qu’une ma­tière pé­da­go­gique, pour la note et non pas pour la créa­tion d’en­tre­prise», a-t-il in­di­qué. M.Agre­bi a, éga­le­ment, af­fir­mé qu’en Tunisie, il n’existe pas une stra­té­gie na­tio­nale pour la créa­tion de l’en­tre­prise. «Le chef d’en­tre­prise ne connaît pas les tech­niques de fi­nan­ce­ment. Ce manque a créé un dés­équi­libre de dé­part entre les banques et les en­tre­prises. Donc, il faut mettre en place une po­li­tique ca­pable d’en­ca­drer l’en­tre­prise. Mal­heu­reu­se­ment, dans notre pays, il existe des struc­tures d’ac­com­pa­gne­ment des en­tre­prises qui ne font rien! C’est pour­quoi, après trois ans d’exis­tence, la ma­jo­ri­té des en­tre­prises créées se trouvent dé­fi­ci­taires et ferment leur porte», a-t-il ajou­té.

UNE BANQUE D’IDÉES, POUR QUOI FAIRE?

Mo­ha­med Agre­bi a, éga­le­ment, plai­dé pour la créa­tion d’une banque d’idées. Il s’agit d’une en­ti­té qui donne de la va­leur ajou­tée à l’en­tre­prise et ouvre les portes à la créa­tion et à l’in­no­va­tion. «On ne compte que des pro­jets ré­pé­ti­tifs, sans va­leurs ajou­tées. Par ailleurs, 90% des en­tre­prises re­fusent le ca­pi­tal-risque et l’en­trée d’un in­ves­tis­seur étran­ger dans le ca­pi­tal et la ges­tion de la so­cié­té. Ce re­pli ne sert qu’à em­pê­cher l’en­tre­prise d’être plus com­pé­ti­tive et plus ren­table. Par la suite, l’en­tre­prise ne peut pas as­pi­rer à en­trer en Bourse. Ajou­tons à ce­la le fait que les banques im­posent à leurs clients des condi­tions rédhi­bi­toires (ga­ran­ties réelles qui dé­passent par­fois deux fois le mon­tant du fi­nan­ce­ment) ce qui alour­dit la fac­ture et em­pêche la PME d’avan­cer. Coin­cée entre des ban­quiers mé­fiants et des in­ves­tis­seurs sou­vent in­dif­fé­rents dès que les taux de crois­sance pré­vi­sibles ne sont pas ex­po­nen­tiels, la source prin­ci­pale de fi­nan­ce­ment de la PME ne peut ve­nir que d’un ac­crois­se­ment en­do­gène du fonds propre de son di­ri­geant. Au­tant dire que sa crois­sance se­ra, pour le moins, contrainte. C’est pour­quoi, l’Etat doit in­ter­ve­nir pour en­cou­ra­ger l’un des ac­teurs im­por­tants de l’éco­no­mie. Il faut le dire, le sec­teur pu­blic ne peut pas ab­sor­ber le taux de chômage éle­vé de notre pays. La clé est entre les mains des PME et du sec­teur pri­vé d’une ma­nière gé­né­rale. Donc,

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