IL EST TEMPS DE SE PEN­CHER SÉ­RIEU­SE­MENT SUR LES PME!

La Presse Business (Tunisia) - - FINANCE -

Mme Tak­tak a, en outre, pré­ci­sé que la banque com­mer­cia­lise un pro­duit spé­ci­fique qui n’existe qu’au ni­veau de la Bfpme, à sa­voir le prêt par­ti­ci­pa­tif, dont la va­leur avoi­sine 10% du coût glo­bal du pro­jet. «Lorsque nous ac­cor­dons un ac­cord pour le fi­nan­ce­ment d’un pro­jet, le pro­mo­teur ob­tient, en pa­ral­lèle, un deuxième cré­dit bap­ti­sé cré­dit par­ti­ci­pa­tif. Ce der­nier est ac­cor­dé au nom de pro­mo­teur à taux zé­ro dans le cadre d’un pro­jet de co­opé­ra­tion... N’est-il pas temps, main­te­nant, de se pen­cher at­ten­ti­ve­ment sur les PME ? Tout bouge, tout change : in­ves­tis­se­ment d’amorçage, prêts par­ti­ci­pa­tifs, prêts d’ac­com­pa­gne­ment de la crois­sance... Si la vo­lon­té des pou­voirs pu­blics et des grands agents éco­no­miques est vrai­ment de trou­ver de la crois­sance et de l’em­ploi, c’est à elles qu’il faut s’adres­ser», a-t-elle dit.

FI­NAN­CE­MENT DES PME : ET POUR­QUOI PAS LA BOURSE ?

Pour sa part, Kha­led Zribi, Pdg de la Bourse de Tu­nis, a af­fir­mé que le rôle de la Bourse se ré­sume au fi­nan­ce­ment des in­ves­tis­se­ments, dont ceux des PME. «Dans un environnement de crise où le cré­dit ban­caire se ren­ché­rit et se ra­ré­fie, il est im­por­tant pour les pe­tites et moyennes en­tre­prises, comme pour les en­tre­prises de taille su­pé­rieure, de di­ver­si­fier leurs sources de fi­nan­ce­ment. Les prêts ban­caires re­pré­sentent 90% du fi­nan­ce­ment des PME. Mais d’autres so­lu­tions existent», a-t-il dit. M.Zribi a, par ailleurs, in­di­qué que le 12 jan­vier der­nier, la Bourse de Tu­nis a ache­vé sa stra­té­gie quin­quen­nale qui a été va­li­dée par son con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion. Cette stra­té­gie en­globe trois axe ma­jeurs : la ges­tion des mar­chés, le dé­ve­lop­pe­ment des mar­chés et la com­mu­ni­ca­tion. Pour le pre­mier axe, il a ex­pli­qué qu’il s’agit de s’as­su­rer que tout se passe bien, que les tran­sac­tions se font se­lon des règles res­pec­tant leur bon dé­rou­le­ment... Le deuxième axe ne peut réus­sir qu’à tra­vers la créa­tion d’autres mar­chés et d’autres com­par­ti­ments, outre l’amé­lio­ra­tion des com­par­ti­ments exis­tants, no­tam­ment le mar­ché al­ter­na­tif. «Il s’agit de créer de nou­veaux com­par­ti­ments, mais aus­si de nou­veaux pro­duits pour at­ti­rer plus d’in­ves­tis­seurs fi­nan­ciers et col­lec­ter, par la suite, plus d’ar­gent qui se­ra al­loué à l’in­ves­tis­se­ment qui concerne les PME», a-t-il dit. Concer­nant la com­mu­ni­ca­tion, il a in­di­qué que cet élé­ment cru­cial est, mal­heu­reu­se­ment, dé­faillant à tous les ni­veaux. «On n’a pas l’ha­bi­tude de com­mu­ni­quer. Pour ce­la, nous es­sayons de bou­le­ver­ser les don­nées. La com­mu­ni­ca­tion est un axe stra­té­gique pour la Bourse de Tu­nis pour faire ce que nous de­vons faire et dire ce que nous de­vons dire. L’ob­jec­tif est de don­ner ac­cès à une in­for­ma­tion plus utile et pro­fi­table, afin d’en­tre­te­nir la culture fi­nan­cière et le fi­nan­ce­ment des ca­pi­taux aux plus jeunes», a-t-il dit. Le P-dg de la Bourse a ajou­té que la ma­jo­ri­té des PME tu­ni­siennes, qui exercent dans des sec­teurs très in­té­res­sants avec des pro­duits in­no­vants, sont sous-ca­pi­ta­li­sées. Elles souffrent de l’ac­tuelle struc­ture fi­nan­cière et se trouvent condam­nées à tra­vailler prin­ci­pa­le­ment au pro­fit de leur bailleurs de fonds. «On par­tage plus avec la banque qu’avec nos ac­tion­naires!», a-t-il dit, ajou­tant qu’un équi­li­brage im­po­sé par le ca­pi­tal-in­ves­tis­se­ment est, au­jourd’hui, in­dis­pen­sable à cette in­dus­trie, mais le concept du ca­pi­tal-risque est tout juste nais­sant en Tunisie. Kha­led Zribi a, en outre, an­non­cé la mise en place d’une nou­velle ini­tia­tive pour le fi­nan­ce­ment de la PME. «Nous avons réuni au­tour de la même table tous les ac­teurs du sys­tème en­tre­pre­neu­rial en ca­pi­tal ou en dette. Ain­si, pour rap­pro­cher les po­si­tions, nous tra­vaillons avec l’aide d’Euronext (le prin­ci­pal opé­ra­teur fi­nan­cier de la Zone eu­ro) pour mettre le cap sur le mar­ché al­ter­na­tif et ce, afin de fi­nan­cer la PME. Euronext est en train de nous trans­mettre sa tech­no­lo­gie et son sa­voir-faire pour ac­cé­lé­rer la crois­sance de la PME, son dé­ve­lop­pe­ment et of­frir une source de fi­nan­ce­ment en conti­nu aux so­cié­tés co­tées. Ces créa­trices de va­leur et gé­né­ra­trices d’em­plois sont les vé­ri­tables mo­teurs de notre éco­no­mie», a-t-il sou­li­gné. Dans ce même ordre d’idées, M.Zribi a an­non­cé la mise en place d’un «kit d’ac­tion» du mar­ché fi­nan­cier. Se­lon ses dires, cet ou­til per­met­tra à la PME d’al­ler se fi­nan­cer sur les mar­chés des ca­pi­taux et sur le mar­ché al­ter­na­tif. «Ce kit re­groupe des ac­teurs proches de l’en­tre­prise comme la Bfpme, les banques d’af­faires... Cha­cun va mettre son sa­voir-faire dans ce kit. Ce­la nous per­met­tra de cher­cher quelles sont les en­tre­prises sus­cep­tibles de pro­fi­ter de ce kit et donc d’al­ler vers la Bourse de Tu­nis pour se fi­nan­cer. Dans ce contexte, une vraie Bourse des PME pour­rait jouer un grand rôle, comme source de fi­nan­ce­ment al­ter­na­tif. Mais l’or­ga­ni­sa­tion ac­tuelle des mar­chés fi­nan­ciers en Tunisie n’est pas adap­tée à ces be­soins, ni sur le plan tech­nique ni sur ce­lui de la li­qui­di­té. Il ne leur manque que l’es­sen­tiel : des in­ves­tis­seurs», a-t-il conclu.

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