MAN­QUANTS…

Un énorme dé­ca­lage entre conte­nu et conte­nant de la for­ma­tion, et ce dont les en­tre­prises et les sec­teurs d’ac­ti­vi­tés ont be­soin en ces temps de crise.

La Presse Business (Tunisia) - - FORMATION - Par Ra­fik EL HERGUEM

Ces mil­liers de jeunes ba­che­liers in­té­res­sés par les études en éco­no­mie et en ges­tion y trouvent-ils leur compte plus tard ? Les spé­cia­li­tés en ges­tion ne manquent pas. Au contraire, on a un choix par­fois « exa­gé­ré » pour une éco­no­mie où cer­tains cré­neaux n’offrent pas des pers­pec­tives réelles. Donc, du ma­na­ge­ment à l’en­tre­pre­neu­riat en pas­sant par le mar­ke­ting, la fi­nance, le contrôle de ges­tion, la GRH, la ges­tion de la pro­duc­tion, les sciences comp­tables, l’étu­diant a l’em­bar­ras du choix au ni­veau des mas­ters et avant ce­la dans le choix de spé­cia­li­tés. A prio­ri, quand vous voyez sur le pa­pier le conte­nu de l’ap­pren­tis­sage dans les écoles de ges­tion, vous pou­vez dire que cet étu­diant sor­ti­ra au bout de trois ans sur le mar­ché de travail avec un ba­gage des plus four­nis et des ar­gu­ments réels pour pos­tu­ler un em­ploi. Or, et en réa­li­té, ce conte­nu est loin de don­ner sa­tis­fac­tion quand vous en­ten­dez les en­sei­gnants, les étu­diants eux-mêmes et sur­tout les ma­na­gers ou les DRH ou même les « chas­seurs de têtes » qui vous disent que ce que les écoles de ges­tion offrent comme conte­nu et comme pro­fil et ap­ti­tudes, est loin de ce qu’ils veulent et de ce que l’en­tre­prise de­mande au­jourd’hui dans un contexte d’hy­per-com­pé­ti­tion in­ter­na­tio­nale, de crise, de ré­ces­sion et d’in­cer­ti­tude. Ils disent aus­si que même les can­di­dats is­sus des grandes écoles de ges­tion telles que l’Ihec ou l’ISG ont un ni­veau qui s’est dé­té­rio­ré. Il y des maillons man­quants entre l’uni­ver­si­té et le mar­ché du travail. Qu’est-ce qu’on peut re­pro­cher, brièvement et pré­ci­sé­ment, au conte­nu et au conte­nant des nos uni­ver­si­tés et écoles de ges­tion ? Les ba­che­liers qui optent pour les sciences de la ges­tion ont des ni­veaux hé­té­ro­gènes mais, dans l’en­semble, ils sont en de­çà de la moyenne, si on prend la po­pu­la­tion en gé­né­ral. C’est que l’in­put éma­nant du Bac est d’un ni­veau de plus en plus de mau­vaise qua­li­té. A l’image d’un bac de moins en moins consis­tant et avec des la­cunes de langue, de rai­son­ne­ment et en ma­thé­ma­tiques . Maints étu­diants trouvent des dif­fi­cul­tés à suivre le rythme plus tard. Pis en­core, ça va les suivre même après avoir ob­te­nu le di­plôme. - Une ex­pé­rience qui, éva­luée de­puis des an­nées, conti­nue d’af­fi­cher des li­mites fla­grantes et très né­fastes. Avec une charge in­hu­maine sur les étu­diants (en fait, ils étu­dient le vo­lume ho­raire ef­fec­tué au­pa­ra­vant en 4 ans au­pa­ra­vant, en 3 ans main­te­nant) avec des em­plois de temps mal con­çus et une charge qui peut at­teindre 8 heures par jour pour des gens qui passent deux heures , contrainte de trans­port oblige, pour ar­ri­ver à l’heure aux cours. Sa­vez-vous que dans le sys­tème LMD, la spé­cia­li­té se fait au bout de la se­conde an­née et qu’en 3e an­née on es­saye de bom­bar­der l’étu­diant

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