LA PO­SI­TION DU MI­NIS­TÈRE DU COM­MERCE

La taille du mar­ché in­for­mel de l'au­to­mo­bile n’a pas dé­pas­sé 30% du vo­lume glo­bal au cours des cinq pre­miers mois de l’an­née 2016, contre 51% en 2014.

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE - Par Rid­ha MAAMRI

L’IMPORTATION DES VOI­TURES EST LIBRE

L'importation des voi­tures de tou­risme est libre et le mar­ché in­for­mel est en perte de vi­tesse par rap­port au cir­cuit des concessionnaires, sou­tient le di­rec­teur ad­joint du com­merce ex­té­rieur au sein du mi­nis­tère du Com­merce, Fe­thi Bdour. C’est un son de cloche sans doute cho­quant pour plu­sieurs, no­tam­ment ceux qui s’ap­prêtent à ac­qué­rir un vé­hi­cule et qui se plaignent de la fré­né­sie sur le mar­ché de l’oc­ca­sion et le manque de mo­dèles dis­po­nibles dans les show-rooms des concessionnaires. La po­si­tion de la tu­telle est cor­ro­bo­rée par les ten­dances sur le mar­ché et les ré­cla­ma­tions des pro­fes­sion­nels. Com­men­çant par les pro­fes­sion­nels, les concessionnaires en l’oc­cur­rence, il af­firme qu’au­cune ré­cla­ma­tion n’a été for­mu­lée au su­jet d’une éven­tuelle rup­ture de stock. Ce qui sous-en­tend que même si un ré­gime de quo­ta est ap­pli­cable, les im­por­ta­tions des opé­ra­teurs du sec­teur ont été di­men­sion­nées par rap­port aux parts de mar­ché re­la­tives de cha­cun des opé­ra­teurs. Pour ce qui est de la taille du mar­ché in­for­mel, il note qu’elle n’a pas dé­pas­sé 30% du vo­lume glo­bal au cours des cinq pre­miers mois de l’an­née 2016, contre 51% en 2014. Cette in­ver­sion de ten­dance, no­tam­ment la ré­gres­sion des im­por­ta­tions du mar­ché pa­ral­lèle contre une nette aug­men­ta­tion de la part des concessionnaires, pré­cise-t-il, té­moigne des ef­forts dé­ployés par le mi­nis­tère pour fa­vo­ri­ser la po­si­tion du sec­teur for­mel, «no­tam­ment le ré­gime conces­sion­naire». La flam­bée du mar­ché, qui a été ob­ser­vée après la révolution, était due prin­ci­pa­le­ment à la dé­ci­sion re­la­tive à l’aug­men­ta­tion de l’âge des voi­tures de tou­risme im­por­tées dans le cadre du re­tour dé­fi­ni­tif (ré­gime FCR) de 3 à 5 ans, qui est en­trée en vi­gueur le pre­mier juillet 2012. Si cette me­sure prise dans un contexte spé­cial de contes­ta­tion, qua­li­fiée de po­pu­liste par nombre d’ob­ser­va­teurs, a dé­truit une par­tie du mar­ché for­mel, l’ex­ten­sion du ré­gime de la fran­chise doua­nière par­tielle à un se­cond vé­hi­cule, en cas de re­tour dé­fi­ni­tif, a été mieux ré­flé­chie, es­time-t-il, et ses ef­fets ont été bé­né­fiques sur l’ac­ti­vi­té des concessionnaires. En ef­fet, le can­di­dat à ce pri­vi­lège de­vra faire son ac­qui­si­tion au­près d’un conces­sion­naire agré­men­té et ré­glé son achat en de­vise conver­tible. D’où un dé­tour­ne­ment du com­merce vers le mar­ché for­mel. Mieux en­core, les me­sures, ac­tuel­le­ment en pré­pa­ra­tion qui se­ront en­tre­prises pro­chai­ne­ment pour la ra­tio­na­li­sa­tion des im­por­ta­tions, ne por­te­raient au­cune li­mi­ta­tion de l’importation des voi­tures, se­lon le res­pon­sable. D’ailleurs, les im­por­ta­tions des voi­tures en Tu­ni­sie n’at­teignent que 6% du vo­lume glo­bal des im­por­ta­tions to­tales, dont 3.5% re­ve­naient aux im­por­ta­tions des concessionnaires, se­lon les chiffres de 2015. Au vu de ces chiffres, toute li­mi­ta­tion des im­por­ta­tions des voi­tures n’au­ra vrai­sem­bla­ble­ment qu’un ef­fet très li­mi­té

La flam­bée du mar­ché pa­ral­lèle , après la révolution, était due prin­ci­pa­le­ment à la dé­ci­sion re­la­tive à l’aug­men­ta­tion de l’âge des voi­tures de tou­risme im­por­tées dans le cadre du re­tour dé­fi­ni­tif (ré­gime FCR) de 3 à 5 ans.

sur le dé­fi­cit cou­rant, qui n’a ces­sé de se creu­ser au fil des an­nées. En somme, l’ac­ti­vi­té des concessionnaires ne se­rait fort pro­ba­ble­ment pas al­té­rée par une quel­conque dé­ci­sion de li­mi­ta­tion sous cou­vert de ra­tio­na­li­sa­tion des im­por­ta­tions. «L’importation est libre, et c’est le prin­cipe gé­né­ral, mais l’Etat, confor­mé­ment à ses agré­gats éco­no­miques et aux conven­tions de l’Or­ga­ni­sa­tion mon­diale de com­merce, pour­rait en­ga­ger des me­sures de ra­tio­na­li­sa­tion des im­por­ta­tions en vue de pré­ser­ver ses équi­libres ma­croé­co­no­miques», rap­pelle-t-il tout en in­sis­tant sur le fait que l’importation des voi­tures est libre et n’est pas, ac­tuel­le­ment, sur la liste des me­sures de ra­tio­na­li­sa­tion. Néan­moins, si l’Etat accorde des pri­vi­lèges aux concessionnaires, il est en droit d’exi­ger des pas­sages par les bu­reaux com­pé­tents de l’ad­mi­nis­tra­tion dans l’ob­jec­tif de suivre l’usage à bon es­cient de ces res­sources, ex­pli­quant l’un des vo­lets de la re­la­tion entre la tu­telle et le mé­tier. Sur le plan ma­croé­co­no­mique, pour­suit-il, l’Etat fa­vo­rise, par le biais de ces pri­vi­lèges, l’in­té­gra­tion en amont et en aval de ces opé­ra­teurs en vue de drai­ner plus d’in­ves­tis­se­ment et créer plus d’em­plois. Cer­tains opé­ra­teurs ont dé­jà in­ves­ti dans les ré­gions, en plus de l’ac­ti­vi­té de vente de vé­hi­cules, dans des sta­tions de ser­vice après-vente. Tou­te­fois, chez cer­taines marques asia­tiques opé­rantes tout est im­por­té. Il est vrai que le mar­ché tu­ni­sien est li­mi­té, ajoute-t-il, mais rien n’em­pêche de struc­tu­rer le sec­teur dans son en­semble et l’orien­ter vers les fi­lières à haute va­leur ajou­tée. Ain­si, la Tu­ni­sie pour­rait se trans­for­mer en une pla­te­forme de pro­duc­tion et d’ex­por­ta­tion de vé­hi­cules, es­time-t-il, rap­pe­lant l’ex­pé­rience turque et ma­ro­caine en la ma­tière.

LES VOI­TURES PO­PU­LAIRES HORS QUO­TA

Le re­tour des voi­tures po­pu­laires a été an­non­cé en grande pompe. Après un stand-by de quelques an­nées, cinq mille vé­hi­cules se­ront im­por­tés et de nou­veaux mo­dèles se­ront mis sur le mar­ché, à par­tir du mois de juin, comme ce­la a été an­non­cé par le mi­nis­tère. Le nombre de voi­tures à im­por­ter cor­res­pond aux be­soins du mar­ché, se­lon les es­ti­ma­tions du mi­nis­tère, ré­vèle la di­rec­trice du com­merce in­té­rieur, Mme Fa­ten Bel­he­di. Les pro­jec­tions ont été cal­cu­lées sur la base de l’ob­jec­tif « une voi­ture pour chaque mé­nage ». Il s’agit des mé­nages de la classe moyenne, dont l’im­pôt sur le re­ve­nu ne dé­passe pas sept mille di­nars. Les onze concessionnaires ont ma­ni­fes­té leur in­té­rêt pour im­por­ter des mo­dèles de voi­tures po­pu­laires dans la li­mite des quotas qui lui ont été ac­cor­dés, non pas par la tu­telle, mais par les pro­fes­sion­nels du sec­teur eux-mêmes, pour­suit-elle. Tou­jours dans l’in­té­rêt des concessionnaires, les me­sures spé­ci­fiques qui ré­gle­mentent le mar­ché, no­tam­ment la marge bé­né­fi­ciaire, a été ré­vi­sée à mille di­nars par au­to ven­due, contre 500 au­pa­ra­vant, fait-elle sa­voir. En fait, c’est à cause de cette marge li­mi­tée que cer­tains concessionnaires avaient re­non­cé à ce mar­ché. Tou­te­fois, force est de consta­ter qu’au mois de juillet, le client at­tend tou­jours ces mo­dèles. «Des avis d’ar­ri­vées nous sont dé­jà par­ve­nus, an­nonce-t-elle, et des voi­tures sont dé­jà en rade au port de Ra­dès». Les frais sup­plé­men­taires in­hé­rents à ces re­tards d’en­lè­ve­ment des voi­tures se­ront sys­té­ma­ti­que­ment in­cor­po­rés dans le coût de re­vient et ré­per­cu­tés ain­si sur la facture du client fi­nal, puisque la marge du ven­deur est fixe. Par ailleurs, ce mar­ché des voi­tures po­pu­laires de­meure for­te­ment for­ma­li­sé, de­puis la pro­mul­ga­tion de la loi 103-2002 qui sta­tue sur les pri­vi­lèges fis­caux ac­cor­dés à ce seg­ment de mar­ché ain­si que toutes les obli­ga­tions des concessionnaires tout comme celles du client fi­nal.

Les im­por­ta­tions des voi­tures en Tu­ni­sie n’at­teignent que 6% du vo­lume glo­bal des im­por­ta­tions to­tales, dont 3.5% re­ve­naient aux im­por­ta­tions des concessionnaires, se­lon les chiffres de 2015.

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