TRANS­PORT AÉ­RIEN

Nou­ve­lair a lan­cé son pre­mier vol ré­gu­lier Tu­nis-Al­ger, avec trois des­sertes par se­maine. Tu­ni­sair et Air Al­gé­rie n’ex­ploitent que onze des qua­torze vols pos­sibles, confor­mé­ment à l’ac­cord aé­rien entre les deux pays

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE - Par Rid­ha MAAMRI

L’AXE TU­NIS-AL­GER, REN­FOR­CÉ ?

e trans­por­teur aé­rien qui a fait du trans­port des tou­ristes une spé­cia­li­té, 27 ans du­rant, de­puis le vieux conti­nent vers la Tu­ni­sie, se dé­ploie, dé­sor­mais, vers le nou­veau pre­mier mar­ché émet­teur de vi­si­teurs, l’Al­gé­rie. Nou­ve­lair, la pre­mière com­pa­gnie pri­vée du sec­teur de l’avia­tion ci­vile, a lan­cé son pre­mier vol ré­gu­lier Tu­nis-Al­ger, le 14 juillet, avec trois des­sertes par se­maine. Son aé­ro­nef Air­bus A320 a été cha­leu­reu­se­ment ac­cueilli sur la piste de l’aé­ro­port in­ter­na­tio­nal d’Al­ger- Houa­ri Bou­mé­diène et ar­ro­sé par des jets d’eau des sa­peurs-pom­piers, comme il est de cou­tume dans le monde de l’aé­ro­nau­tique ci­vile quand un avion at­ter­rit pour la pre­mière fois sur le tarmac d’un aé­ro­port. « Ce dé­ploie­ment vers l’Est, avec Al­ger comme pre­mière des­serte au Magh­reb, s’ins­crit dans le cadre d’une stra­té­gie glo­bale de dé­ve­lop­pe­ment du ré­seau des des­ti­na­tions, en se lan­çant sur de nou­veaux axes et en ren­for­çant la pré­sence sur les des­ti­na­tions ha­bi­tuelles », af­firme Cho­kri Zar­rad, DGA de Nou­ve­lair. Une stra­té­gie bien vi­sible dans la dy­na­mique de la com­pa­gnie sur plu­sieurs des­ti­na­tions en France qui sont de­ve­nues plus que ja­mais abor­dables. Et c’est le mo­ment de se tailler une place sur d’autres axes, se­lon le DGA, avec Al­ger en pre­mier lieu. Car c’est le pre­mier mar­ché émet­teur de tou­ristes avec des pré­vi­sions de 1.7 mil­lion de vi­si­teurs en 2016, contre près de 1.5 mil­lion en 2015, rap­pel­let-il. « Le tra­fic y est, mais les deux com­pa­gnies qui opèrent sur cet axe,

à sa­voir Tu­ni­sair et Air Al­gé­rie, n’ex­ploitent que onze des qua­torze vols pos­sibles, confor­mé­ment à l’ac­cord aé­rien entre les deux pays », ex­pli­quant la rai­son pour la­quelle la des­serte est li­mi­tée à trois vols par se­maine. Il a ex­pri­mé, par ailleurs, le sou­hait d’une ra­pide ré­vi­sion de cet ac­cord pour élar­gir les pers­pec­tives sur ce mar­ché prometteur. «Hor­mis Al­ger, d’autres ré­gions, comme Sé­tif, El Oued, Te­bes­sa, pour ne ci­ter que ces des­ti­na­tions pro­bables, offrent de belles pers­pec­tives de dé­ve­lop­pe­ment au vu de la forte de­mande sur les ser­vices mé­di­caux tu­ni­siens», pour­suit-il. Pour ce qui est de l’axe Tu­nis-Al­ger, Nou­ve­lair ne compte pas me­ner une concur­rence fron­tale aux opé­ra­teurs his­to­riques des deux pays, fait-il sa­voir, lors de la confé­rence de presse te­nue à l’aé­ro­port Houa­ri Bou­mé­diène. Mieux en­core, la com­pa­gnie pri­vée mise sur la sy­ner­gie avec les deux opé­ra­teurs his­to­riques en ven­dant de la conti­nui­té, rap­pe­lant que les pas­sa­gers de Nou­ve­lair sur cette des­serte pour­raient pour­suivre leurs voyages à par­tir de Tu­nis ou d’Al­ger pour des des­ti­na­tions des­ser­vies par Tu­ni­sair et Air Al­gé­rie. En somme, la com­pa­gnie pri­vée cible le seg­ment des tou­ristes et pré­voit dé­te­nir une part de mar­ché de 10 à 15%, dé­clare-t-il. Et pour les convaincre d’op­ter pour Nou­ve­lair, la com­pa­gnie mise sur la pro­messe que l’offre com­mer­ciale se­ra bien étu­diée. Les ta­rifs, en pre­mier lieu, se­ront très avan­ta­geux et de nom­breuses pro­mo­tions se­ront lan­cées. La fran­chise ba­gages de 30 kg en soute et de 10 kg en ca­bine est un autre ar­gu­ment de vente pour les tou­ristes. Et pour ga­gner en dé­lai et en ponc­tua­li­té, la com­pa­gnie compte dé­ma­té­ria­li­ser plu­sieurs opé­ra­tions, dont l’en­re­gis­tre­ment. Par ailleurs, la com­pa­gnie opère dé­jà sur le mar­ché al­gé­rien en louant des aé­ro­nefs avec équi­pages pour Air Al­gé­rie.

TOUTE NOU­VELLE OP­TION EST LA BIEN­VE­NUE

Pen­dant la pé­riode es­ti­vale, la de­mande est là, mais l’offre ne suit pas, re­marque Is­maïl El Oued, membre du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion de la Ftav. Sous cet angle, cette nou­velle des­serte est la bien­ve­nue pour les voya­gistes, sur­tout que le tra­fic sur cet axe est « énorme ». D’où qu’une nou­velle ligne, pour­suit-il, si­gni­fie une nou­velle op­tion pour le client fi­nal et plus de flexi­bi­li­té dans les offres des agents de voyages. Mieux en­core, l’en­trée d’un nou­vel opé­ra­teur est de na­ture à sti­mu­ler la concur­rence entre les com­pa­gnies, ce qui se tra­dui­ra par des offres plus avan­ta­geuses pour le client fi­nal. Au­tre­ment dit, le voya­giste consi­dère que le rythme des nou­velles des­sertes de­vrait s’in­ten­si­fier sur plu­sieurs axes, no­tam­ment Djed­dah et Mé­dine, à l’oc­ca­sion de la Om­ra, ain­si que sur cer­taines des­ti­na- tions eu­ro­péennes. A son tour, le di­rec­teur des mar­chés tou­ris­tiques à l’Ontt, Riadh Dkhi­li, es­time que le mar­ché al­gé­rien est très por­teur car n’étant pas, «un mar­ché de se­cours». Bien que le bud­get glo­bal al­loué à la pro­mo­tion tou­ris­tique ait di­mi­nué, l’en­ve­loppe consa­crée au mar­ché al­gé­rien a évo­lué de 25% et les deux re­pré­sen­ta­tions de l’of­fice, à Al­ger et Oran, sont opé­ra­tion­nelles. De même, des cam­pagnes pour l’ar­rière-sai­son sont d’ores et dé­jà pro­gram­mées pour le mar­ché al­gé­rien. Ces ef­forts se­ront cou­ron­nés, se­lon les pré­vi­sions du res­pon­sable, d’un vo­lume de 1.7 mil­lion de tou­ristes en 2016. Le po­ten­tiel du mar­ché al­gé­rien n’est plus à dé­mon­trer une nou­velle fois, et la pro­mo­tion de l’un des sec­teurs éco­no­miques au­ra des ef­fets d’en­traî­ne­ment sur les autres, tout comme l’ef­fet de l’aé­rien sur le tou­risme et le com­merce.

Le Dga de Nou­ve­lair à la confé­rence de presse or­ga­ni­sée à l'aé­ro­port d'Al­ger à l'oc­ca­sion du vol inau­gu­ral.

Newspapers in French

Newspapers from Tunisia

© PressReader. All rights reserved.