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L’Etat tu­ni­sien, qui doit 91% du to­tal des de es de l’hô­tel El-Hana in­ter­na­tio­nal de Tu­nis, doit contri­buer à son sau­ve­tage.

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE -

L'ad­mi­nis­tra­teur ju­di­ciaire nom­mé à la tête de la chaîne hô­te­lière tou­ris­tique El-Hana in­ter­na­tio­nal, Fa­thi Said, a ap­pe­lé le gou­ver­ne­ment à sau­ver la si­tua­tion de cet hô­tel si­tué à l’ave­nue Ha­bib Bour­gui­ba, au centre-ville de Tu­nis, pré­ci­sant que l’Etat lui doit 33,4 mil­lions de di­nars, soit 91% du to­tal de ses de es. L’ad­mi­nis­tra­teur ju­di­ciaire a in­di­qué, dans un com­mu­ni­qué, que la fermeture de l’hô­tel, qui a eu lieu ré­cem­ment, après la cou­pure de l’élec­tri­ci­té et du gaz ain­si que le re­fus de la Banque na­tio­nale agri­cole (BNA) de ré­gler le bail de son agence, si­tuée à l’hô­tel, et l’an­nu­la­tion du contrat de l’as­su­rance par la po­lice de l’as­su­rance Lloyd, pour le non-re­cou­vre­ment des droits de­puis 2014, consti­tuent une me­nace pour la pé­ren­ni­té de l’éta­blis­se­ment, mais aus­si pour la sé­cu­ri­té de la ca­pi­tale et pour le sec­teur du tou­risme. Said a ré­vé­lé qu’il existe un pro­gramme de sau­ve­tage pour ce e entreprise afin qu’elle puisse re­prendre son ac­ti­vi­té en tant qu’uni­té hô­te­lière de ca­té­go­rie cinq étoiles, rem­bour­ser ses de es en­vers l’Etat, les banques et tous les four­nis­seurs et dou­bler, en outre, le nombre de postes d’em­plois. Il n’a ce­pen­dant pas pré­ci­sé les grandes lignes de ce pro­gramme. La si­tua­tion de l’hô­tel s’est dé­té­rio­rée suite à des conflits entre les ac­tion­naires (no­tam­ment les membres de la fa­mille Mhen­ni) et une mau­vaise ges­tion. Les de es cu­mu­lées se sont éle­vées à 36,7 MD, ce qui a né­ces­si­té la no­mi­na­tion d’un ad­mi­nis­tra­teur ju­di­ciaire à la tête de la so­cié­té (dé­ci­sion du 22 jan­vier 2016 dans le cadre d’un ju­ge­ment en ré­fé­ré n°53724) qui a oeu­vré à ré­ac­ti­ver l’hô­tel et ré­gler les sa­laires jus­qu’à la fin du mois de juin 2016, date de sa fermeture.

Souid, par ailleurs PDG du GCT (Groupe chi­mique tu­ni­sien) a in­sis­té sur la né­ces­si­té pour les deux so­cié­tés pu­bliques de re­prendre au plus vite leur rythme de pro­duc­tion d’avant la révolution de jan­vier 2011, afin d’as­su­rer leur sur­vie. Le fort ra­len­tis­se­ment du rythme de la pro­duc­tion a en­gen­dré un dé­fi­cit de 5 mil­liards de di­nars, une baisse des ré­serves de phos­phate com­mer­cial de 7,2 mil­lions de tonnes, en 2010, à 2 mil­lions, ac­tuel­le­ment, et un re­cul des rece es d’ex­por­ta­tion de phos­phate et dé­ri­vés de 1,2 mil­liard de dol­lars, en 2010, à 351 mil­lions, en 2015. Les plus grosses pertes ont été en­re­gis­trées, dans la ré­gion du bas­sin mi­nier de Gaf­sa, en rai­son des mou­ve­ments de pro­tes­ta­tion des sans-em­ploi ob­ser­vant des sit-in sur les sites d’ex­trac­tion et de pro­duc­tion de phos­phate, ain­si que sur les cir­cuits de trans­port fer­ro­viaire et ter­restre. De­puis le dé­but de 2016 et jus­qu’au 18 juillet, seule­ment 2 mil­lions de tonnes de phos­phate com­mer­cial ont été pro­duites contre des pré­vi­sions de 3,6, soit un dé­fi­cit de 44%. Com­pa­ra­ti­ve­ment, du­rant le même pé­riode de 2010, la pro­duc­tion avait a eint 4,3 mil­lions de tonnes. Les sit-in de pro­tes­ta­tion des sans-em­ploi se pour­suivent, à Re­deyef, de­puis jan­vier der­nier. A Med­hil­la, un autre sit-in dure de­puis 4 mois, à cause d’un li­tige fon­cier entre les ha­bi­tants, pro­blème qui n’a rien à voir avec la CPG, ex­pliquent les res­pon­sables de la com­pa­gnie. Romd­hane Souid a an­non­cé, lors de la confé­rence de presse, que les ré­sul­tats dé­fi­ni­tifs du concours de re­cru­te­ment à la CPG de 261 cadres moyens et su­pé­rieurs se­ront pro­cla­més ajou­tant que les pré­pa­ra­tifs pour les concours de re­cru­te­ment de 1.700 agents d’exé­cu­tion à la même so­cié­té et 1.370 au GCT sont en phase finale. Il convient de rap­pe­ler, dans ce contexte, que ces deux so­cié­tés, prin­ci­paux em­ployeurs de ce e ré­gion déshé­ri­tée, sont dé­jà en sur­ef­fec­tif, ce qui grève dan­ge­reu­se­ment leurs coûts de pro­duc­tion et leur com­pé­ti­ti­vi­té in­ter­na­tio­nale, sa­chant que la Tu­ni­sie est en train de perdre sa po­si­tion de grand pro­duc­teur et ex­por­ta­teur mon­dial de phos­phates.

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