TRANS­FERT DE FERJANI SASSI À L’EST :

TRANS­FERT DE FERJANI SASSI À L'EST

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE - Par Ra­fik EL HERGUEM

VA­LEUR DISPROPORTIONNÉE !

Après Fa­kh­red­dine Ben Yous­sef, une tran­sac­tion à la li­mite ra­tée pour une EST qui a mis un énorme pa­quet pour le ra­me­ner du FC Metz, Ham­di Med­deb va pui­ser dans le même vi­vier et re­cru­ter un ex-joueur du CSS. Cette fois, c’est Ferjani Sassi qui dé­barque au parc B, au terme d’une re­ten­tis­sante tran­sac­tion. On en parle en­core ici et là pour dire que c’est le joueur le plus cher dans ce mer­ca­to. C’est une tran­sac­tion qui se rap­proche tant de celle de Ben Yous­sef, la sai­son der­nière, mais faute de trans­pa­rence dans les chiffres, on ne peut dire que c’est le joueur le plus cher ou non. Il faut d’abord se mettre d’ac­cord sur le cri­tère à re­te­nir : le coût to­tal de la tran­sac­tion (mon­tant payé au club et sa­laires et avan­tages au joueur) ou le simple mon­tant du trans­fert per­çu par le club de sor­tie. En tout cas, ce­la s’ajoute à une liste de trans­ferts oné­reux et qui donnent le tour­nis à tout un cha­cun. N’Djeng, Sa­ber Khe­li­fa, Dar­ra­gi, Dja­bou ont aus­si dé­bar­qué à l’EST et au CA avec des mon­tants fa­ra­mi­neux. Ce qu’on re­marque, par contre, c’est que Slim Ria­hi s’est en­ga­gé sur des contrats à sa­laires gon­flés comme Ham­di Med­deb; mais hor­mis Dja­bou et Khe­li­fa, Na­ter, Be­laïd, Mi­ka­ri et autres ont dé­bar­qué en tant que joueurs libres. Si on prend le mon­tant glo­bal du trans­fert, l’EST de Ham­di Med­deb est en pole po­si­tion, sur­tout avec ce trans­fert bien mon­nayé de Ferjani Sassi, le joueur le plus cher de ce cham­pion­nat avec Khe­li­fa et Ben Yous­sef. Plus de 3 mil­lions de di­nars ver­sés au FC Metz, 900.000 di­nars de prime de si­gna­ture, et un sa­laire de 90.000 di­nars par mois, ce qui vous donne un pac­tole de l’ordre de 7 mil­lions de di­nars sur trois sai­sons, un chiffre qui ne prend pas en compte les primes (et bien sûr Sassi comme Ben Yous­sef ou Khe­li­fa ne paye­ront au­cun di­nar pour le fisc !). Cette va­leur qui cor­res­pond à un bud­get de deux, voire trois clubs de la L1, sont-ils pro­por­tion­nés avec la va­leur du joueur lui-même et avec les règles du mer­ca­to tu­ni­sien ? Une ques­tion d’offre et de de­mande, nous dit-on. Au­jourd’hui, Sassi n’a pas trou­vé pre­neur dans le cham­pion­nat fran­çais pour un chiffre pa­reil (1,2 mil­lion d’eu­ros). D’après les spé­cia­listes, ce prix est une très bonne af­faire pour Metz qui veut se dé­bar­ras­ser de lui. Si on ex­tra­pole ce rai­son­ne­ment sur le mer­ca­to tu­ni­sien, on di­ra que c’est un chiffre exa­gé­ré à tous les ni­veaux. Ni les qua­li­tés ac­tuelles de ce joueur (po­ten­tiel­le­ment c’est

un joueur très in­tel­li­gent, mais qui a ca­lé au haut ni­veau), ni la va­leur tech­nique de ce cham­pion­nat ne valent cette in­fla­tion de sa­laires et de mon­tants de trans­fert. C’est comme dans l’éco­no­mie réelle : la masse mo­né­taire qui cir­culent ne re­flète pas la va­leur réelle de la pro­duc­tion. De même pour le foot­ball : les sa­laires et l’ar­gent qui cir­culent sont dis­pro­por­tion­nés par rap­port à la va­leur tech­nique et la qua­li­té du spec­tacle of­fert. Ham­di Med­deb fait mieux que Slim Ria­hi et place la barre très haut pour être le pré­sident de club le plus dé­pen­sier sur le mar­ché de­puis la sai­son der­nière. Ça rap­pelle un cer­tain Oth­mane Je­nayeh, dans les an­nées 90, quand il met­tait un pa­quet fou pour ra­me­ner des joueurs à Sousse. Deux cas dont vous vous sou­ve­nez : Fa­rouk Tra­bel­si pas­sé du SRS pour 250.000 di­nars en 1997 et Amir Mka­de­mi re­cru­té de l’ASM à un prix fou à l’époque, 325.000 di­nars. Comme quoi, cette his­toire de trans­ferts chers n’est pas nou­velle dans notre cham­pion­nat. Tout ce­la sans règles claires et sans équi­libre fi­nan­cier. Ces joueurs qu’on voit jouer et qui sont payés très cher ne réus­sissent pas à l’étran­ger pour une simple rai­son: ils sont sur­es­ti­més en amont, gâ­tés, pro­té­gés et qui vivent l’im­pu­ni­té à tous les ni­veaux. Ferjani Sassi a fi­na­le­ment choi­si l’ar­gent, con­trai­re­ment à ce qu’il di­sait avant : vou­loir réus­sir à l’étran­ger. Il est fait comme les autres joueurs tu­ni­siens pour ne réus­sir qu’en Tu­ni­sie dans une concur­rence faible et face à des ad­ver­saires au ni­veau moyen.

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