SA­MIR BACHOUAL, DG DE L’AGENCE DE PRO­MO­TION DE L’IN­DUS­TRIE ET DE L’IN­NO­VA­TION

C’est un fait dou­ble­ment cu­rieux que vient de nous dé­voi­ler le DG de l’API. D’abord au ni­veau des dé­cla­ra­tions d’in­ves­tis­se­ment où les chiffres vont vrai­ment a contra­rio de la conjonc­ture po­li­ti­co-éco­no­mique par la­quelle passe le pays. Et puis, le constat

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE - Par Sar­rah O. BAKRY

“IL FAUT REPENSER L'OFFRE NA­TIO­NALE DE SOU­TIEN AUX NOU­VEAUX PRO­JETS”

“Le taux de réa­li­sa­tion est en moyenne de 42% pour les nou­velles dé­cla­ra­tions, contre une moyenne de 52% avant la Ré­vo­lu­tion. On a per­du 10% en termes de pro­jets dé­cla­rés’’.

LES CHIFFRES MONTRENT QUE LES IN­VES­TIS­SE­MENTS DI­RECTS ÉTRAN­GERS ONT BAIS­SÉ DE 23,4% DU­RANT LA PRE­MIÈRE MOI­TIÉ DE L’AN­NÉE 2016 PAR RAP­PORT À LA MÊME PÉ­RIODE DE L’AN­NÉE DER­NIÈRE. S’AGITIL SEULE­MENT D’UNE QUES­TION DE STA­BI­LI­TÉ SO­CIO­PO­LI­TIQUE OU Y A-T-IL AUTRE CHOSE ? ET D’ABORD, CE CHIFFRE EST-IL EXACT SE­LON VOS TA­BLEAUX DE BORD ?

Pour don­ner un chiffre sur les IDE à l’échelle na­tio­nale, c’est un exer­cice un peu dif­fi­cile. Il a été dé­ci­dé de créer un co­mi­té per­ma­nent qui se réunit au sein de la Banque cen­trale et qui re­groupe tous les in­ter­ve­nants dans le do­maine de l’in­ves­tis­se­ment en Tu­ni­sie. Ce co­mi­té donne un chiffre uni­fié pour les IDE et il a consta­té, pour l’an­née der­nière et jus­qu’à fin juillet 2016 une pe­tite baisse pour plu­sieurs rai­sons. En vé­ri­té, il faut bien com­prendre que les IDE ne re­flètent pas pré­ci­sé­ment le dy­na­misme des in­ves­tis­se­ments dé­cla­rés et col­lec­tés par les ser­vices ré­gio­naux de l’Apii. Si on con­si­dère les chiffres de ces sept pre­miers mois, on ob­serve une aug­men­ta­tion de 19,5% au ni­veau du vo­lume des in­ves­tis­se­ments dé­cla­rés en mil­lions de di­nars par rap­port à la même pé­riode 2015. Il faut no­ter que la dif­fé­rence entre in­ves­tis­se­ments dé­cla­rés et in­ves­tis­se­ments réa­li­sés, c’est que ces der­niers se si­tuent tou­jours à un cer­tain pour­cen­tage. La nou­veau­té par rap­port à ce taux de 19,5% c’est que nous avons éga­le­ment en­re­gis­tré au ni­veau des pro­jets une aug­men­ta­tion de 5,3%. Il faut dire

‘’ Au­jourd’hui, il faut que toutes les struc­tures d’ap­pui à la créa­tion d’en­tre­prises se liguent pour repenser l’offre na­tio­nale de sou­tien aux nou­veaux pro­jets’’.

que, jus­qu’à il y a deux mois, l’amé­lio­ra­tion de dé­cembre 2015 à juillet 2016 s’est ma­ni­fes­tée au ni­veau du vo­lume des in­ves­tis­se­ments, mais pas au ni­veau des pro­jets. Main­te­nant, en plus de l’aug­men­ta­tion au ni­veau des pro­jets, nous consta­tons une hausse de 8,5% dans les em­plois à créer. Ces in­di­ca­teurs, fon­ciè­re­ment po­si­tifs, ont été ti­rés vers le haut par l’in­dus­trie agroa­li­men­taire qui a en­re­gis­tré un bond de 56,4% au ni­veau des in­ves­tis­se­ments dé­cla­rés et les in­dus­trie mé­ca­niques et élec­triques (IME) qui ont en­re­gis­tré une aug­men­ta­tion de 99,9%. Pour les IME, et pen­dant les sept pre­miers mois de 2015, il a été dé­cla­ré des in­ves­tis­se­ments de l’ordre de 194 mil­lions de di­nars contre 388,2 MD, pour les sept pre­miers mois de 2016. Les nou­velles créa­tions ont aug­men­té de 9,7% mais le plus im­por­tant est au ni­veau des ex­ten­sions qui ont aug­men­té de 30,3%. Car ex­ten­sion veut dire que le pro­jet existe dé­jà et que nous en sommes au moins au ni­veau de 80%. Par com­pa­rai­son, ce taux est en moyenne de 42% pour les nou­velles dé­cla­ra­tions (contre une moyenne de 52% avant la Ré­vo­lu­tion). On a per­du 10% en termes de pro­jets dé­cla­rés.

AVEC LES CHIFFRES QUE VOUS VE­NEZ DE CI­TER, VOUS INFIRMEZ DONC FOR­MEL­LE­MENT LES DÉ­CLA­RA­TIONS FAITES ÇÀ ET LÀ SUR UN EF­FON­DRE­MENT DE L’IN­VES­TIS­SE­MENT ÉTRAN­GER EN TU­NI­SIE ?

Au ni­veau des dé­cla­ra­tions d’in­ves­tis­se­ment, les chiffres vont vrai­ment a contra­rio de la conjonc­ture po­li­ti­co-éco­no­mique par la­quelle passe le pays. De fait, les in­di­ca­teurs au ni­veau des in­ves­tis­se­ments dé­cla­rés dans l’in­dus­trie et les ser­vices connexes ne re­flètent pas cette conjonc­ture dif­fi­cile.

QUELLE EN EST LA RAI­SON ? NOTRE RÉ­PU­TA­TION EST-ELLE DE­VE­NUE À CE POINT EX­TRA­OR­DI­NAIRE ? NOS CODES SONT-ILS TEL­LE­MENT INCITATIFS ?

En tout cas, on peut éga­le­ment dire que l’aug­men­ta­tion des in­ves­tis­se­ments dé­cla­rés pour les étran­gers était de 61,9%. Pour les so­cié­tés mixtes (par­te­na­riat entre un Tu­ni­sien et un étran­ger), ce taux est de 30,5%, contre seule­ment 11% pour les so­cié­tés dé­te­nues en to­ta­li­té par des Tunisiens. Ce qui veut dire que les étran­gers font confiance au site Tu­ni­sie beau­coup plus que les Tunisiens eux-mêmes. Je pense que l’in­dus­trie tu­ni­sienne se porte bien en com­pa­rai­son avec tous les autres sec­teurs. Quand on exa­mine l’im­por­ta­tion des biens d’équi­pe­ment des­ti­nés à l’in­dus­trie, on constate une aug­men­ta­tion per­ma­nente. Quand on ob­serve le Pro­gramme de mise à ni­veau (PMN), on voit qu’il a en­re­gis­tré en 2015 un re­cord de­puis son lan­ce­ment il y a 20 ans en 1995, et qui a dé­pas­sé un mil­liard de di­nars en termes d’in­ves­tis­se­ment. Une ten­dance qui s’est pour­sui­vie au cours des sept pre­miers mois de 2016, avec plus de 10% d’évo­lu­tion par rap­port à 2015 qui était elle-même une an­née re­cord. Et le PMN est gé­né­ra­le­ment sy­no­nyme d’ex­ten­sions avec des taux de réa­li­sa­tion al­lant jus­qu’à 85%. Donc, le chiffre des IDE, qui est en lé­gère baisse, ne re­flète pas le dy­na­misme de notre sec­teur in­dus­triel.

VOUS AVEZ ÉVO­QUÉ LE FAIBLE TAUX DE TUNISIENS EN MA­TIÈRE D’IN­VES­TIS­SE­MENTS DÉ­CLA­RÉS ALORS QUE LE SA­LON DE LA CRÉA­TION D’EN­TRE­PRISES A ÉTÉ JUS­TE­MENT CRÉÉ POUR PRO­MOU­VOIR L’IN­VES­TIS­SE­MENT LO­CAL.

Pour la pre­mière fois, nous avons or­ga­ni­sé le Sa­lon de la créa­tion d’en­tre­prises spé­cia­le­ment pour les ré­gions du Nord et du Centre-Est (qui a eu lieu les 24 et 25 mai 2016 à Tu­nis). L’ob­jec­tif pre­mier était évi­dem­ment la créa­tion d’en­tre­prises mais il y avait éga­le­ment la dy­na­mi­sa­tion des fac­teurs de créa­tion d’em­plois. C’est un ef­fet d’émer­gence et un ef­fet d’an­crage ré­gio­nal qui ont été der­rière ce Sa­lon où nous avons sou­hai­té en­cou­ra­ger les jeunes pro­mo­teurs, sin­gu­liè­re­ment les nou­veaux di­plô­més qui ont des pro­jets et qui éprouvent des dif­fi­cul­tés à les réa­li­ser. Nous avons ain­si sé­lec­tion­né 105 pro­jets de dif­fé­rentes ré­gions pour un vo­lume d’in­ves­tis­se­ment qui dé­passe les 103 mil­lions de di­nars. Nous avons réa­li­sé un guide, nous avons or­ga­ni­sé des mee­tings, des contacts B2B entre les por­teurs de pro­jets et les ins­ti­tu­tions ban­caires, nous avons en­re­gis­tré des ac­cords de prin­cipe de la part des banques de l’ordre de 80%. C’est énorme ! Nous avons éga­le­ment consti­tué au sein de l’Apii un co­mi­té per­ma­nent qui tra­vaille en co­or­di­na­tion avec les ré­gions et qui est char­gé de suivre d’une ma­nière très sé­rieuse l’abou­tis­se­ment de ces ac­cords de prin­cipe. Il ne s’agit plus pour nous d’or­ga­ni­ser un Sa­lon où cha­cun part de son co­té à la clô­ture. Et c’est dans le même es­prit que nous al­lons or­ga­ni­ser le pro­chain Sa­lon de la créa­tion d’en­tre­prises au mois de no­vembre pro­chain à Sfax pour les ré­gions du Sud. A tra­vers ces pro­jets, c’est un mes­sage po­si­tif que nous avons vou­lu vé­hi­cu­ler dans les ré­gions au­tour des nou­veaux pro­mo­teurs qui n’ont plus confiance dans l’Ad­mi­nis­tra­tion et qui sont tout seuls en train de ba­tailler contre la dic­ta­ture de cer­taines en­tre­prises fi­nan­cières qui de­mandent des ga­ran­ties clas­siques à de nou­veaux pro­mo­teurs qui n’ont que leurs idées in­no­vantes pour tout pa­tri­moine.

‘’Le pro­gramme de mise à ni­veau a en­re­gis­tré en 2015 un re­cord de­puis son lan­ce­ment il y a 20 ans, et qui a dé­pas­sé un mil­liard de di­nars en termes d’in­ves­tis­se­ments. Une ten­dance qui s’est pour­sui­vie au cours des sept pre­miers mois de 2016, avec plus de 10% d’évo­lu­tion’’ ‘’L’aug­men­ta­tion des in­ves­tis­se­ments dé­cla­rés pour les étran­gers est de 61,9%... contre seule­ment 11% pour les so­cié­tés dé­te­nues en to­ta­li­té par des Tunisiens. Ce qui veut dire que les étran­gers font confiance au site Tu­ni­sie beau­coup plus que les Tunisiens !’’

CES SA­LONS DE LA CRÉA­TION D’EN­TRE­PRISES AU NI­VEAU RÉ­GIO­NAL SONTILS EN CHEVAUCHEMENT OU EN COM­PLÉ­MEN­TA­RI­TÉ AVEC LES JOUR­NÉES RÉ­GIO­NALES ?

Gé­né­ra­le­ment, les Jour­née ré­gio­nales sont consa­crées à la pro­mo­tion des

ac­ti­vi­tés in­dus­trielles, pour ex­pli­quer, en­ca­drer et ac­com­pa­gner, sur­tout en amont de la créa­tion du pro­jet, pour bien dé­mar­rer et bien for­mu­ler l’idée. Suite à ce­la, nous avons l’hé­ber­ge­ment au ni­veau du ré­seau na­tio­nal des pé­pi­nières d’en­tre­prises que nous gé­rons de­puis 2001. Il s’agit de deux an­nées d’hé­ber­ge­ment à un prix dé­ri­soire où notre ac­com­pa­gne­ment se pour­suit dans la ges­tion, l’étude de mar­ché, la for­ma­tion du pro­mo­teur lui-même, car nous avons re­le­vé que l’un des obs­tacles à la mul­ti­pli­ca­tion de l’in­ves­tis­se­ment est la mé­con­nais­sance des pro­mo­teurs du sys­tème éco­no­mique et de son en­vi­ron­ne­ment (pro­duits, concur­rence, dis­tri­bu­tion...). Pour don­ner un chiffre, le taux de mor­ta­li­té des en­tre­prises hors pé­pi­nières est de 80%, alors que c’est le contraire pour les pro­jets ac­cueillis par les pé­pi­nières et dont le taux de réus­site est de 80%.

LES JOUR­NÉES RÉ­GIO­NALES ONT-ELLES VRAI­MENT RÉUS­SI À DON­NER UN NOU­VEL ÉLAN À L’IN­VES­TIS­SE­MENT DANS LES RÉ­GIONS ?

L’ex­pé­rience a mon­tré que ces Jour­nées sont bé­né­fiques pour les pro­mo­teurs, mais elles sont in­suf­fi­santes et né­ces­sitent un ré­forme. Vous pou­vez par­ler de cadre ré­gle­men­taire, d’in­ves­tis­se­ment... mais, en réa­li­té, quand un pro­mo­teur se dé­place pour al­ler dans une ad­mi­nis­tra­tion, il se heure à une bu­reau­cra­tie en­dé­mique, et bute contre des ac­ti­vi­tés qui ont été li­bé­ra­li­sées dans de nom­breux pays com­pa­rables à la Tu­ni­sie et qui res­tent en­core réglementées chez nous. Ce qui fait qu’il est évident que ces Jour­nées doivent être étof­fées par un ac­com­pa­gne­ment per­son­na­li­sé des pro­mo­teurs, sur­tout pour les pro­jets in­no­vants ou ceux qui ap­portent un plus à la ré­gion. Cet ac­com­pa­gne­ment

‘’Les nou­veaux pro­mo­teurs n’ont plus confiance dans l’Ad­mi­nis­tra­tion et sont tout seuls à ba­tailler contre la dic­ta­ture de cer­taines en­tre­prises fi­nan­cières’’.

‘’Lors du Sa­lon de la créa­tion d’en­tre­prises spé­cia­le­ment pour les ré­gions du Nord et du Cen­treEst, nous avons sé­lec­tion­né 105 pro­jets pour un vo­lume d’in­ves­tis­se­ment qui dé­passe les 103 mil­lions de di­nars’’.

se­rait un lien après-Jour­nées qui se ma­ni­feste par un contact di­rect, une éva­lua­tion, un sui­vi...

CEUX QUI SONT CHAR­GÉS DU SUI­VI, SONT-ILS DES CONSUL­TANTS OU DES CONSEILLERS IN­DÉ­PEN­DANTS, OU BIEN L’API DIS­POSE-T-ELLE DÉ­JÀ DES COM­PÉ­TENCES IN­TERNES CA­PABLES DE LE FAIRE, MOYEN­NANT UNE FOR­MA­TION CIBLÉE ?

Pour al­ler au-de­vant de la ré­forme, nous avons si­gné une conven­tion avec la Caisse des dé­pôts et des consi­gna­tions (CDC) lors du Sa­lon de la créa­tion d’en­tre­prises, et cette conven­tion va être sui­vie par l’im­plé­men­ta­tion d’un cadre de tra­vail com­mun qui sert au sui­vi des pro­jets in­no­vants que la CDC est même prête à fi­nan­cer. Il s’agit là d’un pas im­por­tant qui fait par­tie de la ré­forme car l’Apii, toute seule, n’est qu’un simple ac­teur par­mi d’autres, même si nous avons de nom­breuses com­pé­tences en in­terne. Au­jourd’hui, il faut que toutes les struc­tures d’ap­pui à la créa­tion d’en­tre­prises se liguent pour repenser l’offre na­tio­nale de sou­tien aux nou­veaux pro­jets et ce­la ne peut se faire qu’en im­pli­quant en­semble des struc­tures comme l’Apia, l’Apii, la Fi­pa, la CDC, centres d’af­faires... pour une stra­té­gie na­tio­nale avec des ob­jec­tifs pré­cis, clai­re­ment dé­li­mi­tés.

VOUS AVEZ PLU­SIEURS FOIS IN­SIS­TÉ SUR L’EN­COU­RA­GE­MENT AU CA­RAC­TÈRE IN­NO­VANT DES PRO­JETS. DE CE POINT DE VUE, LES JOUR­NÉES NA­TIO­NALES DE TRANS­FERT DE TECH­NO­LO­GIES VONT-ELLES ÉGA­LE­MENT DANS CE SENS ?

Ces Jour­nées, pré­vues pour no­vembre pro­chain, vont lier le monde de la re­cherche scien­ti­fique et le monde des af­faires. Nous avons re­mar­qué une dé­con­nexion to­tale entre les cher­cheurs qui tra­vaillent dans leurs la­bo­ra­toires et les en­tre­pre­neurs. Nous pro­po­sons de pio­cher dans les in­ven­tions du monde de la re­cherche pour voir ce qui peut être trans­for­mé en pro­jets in­no­vants viables. On de­vrait ar­rê­ter une stra­té­gie na­tio­nale qui lie ces deux mondes à la lu­mière d’une ex­pé­rience in­ter­na­tio­nale qui nous a par­ti­cu­liè­re­ment ins­pi­rés, celle de la Co­rée du Sud. C’est l’un des pays dont l’ex­pé­rience est la mieux réus­sie en termes de re­cherche tech­no­lo­gique vouée à l’en­tre­prise. La Co­rée se­ra notre in­vi­tée d’hon­neur en no­vembre pro­chain. Nous sommes en contact avec l’agence d’in­ves­tis­se­ment sud­co­réenne et je vais per­son­nel­le­ment par­ti­ci­per au Co­mi­té mixte Tu­ni­sieCo­rée du Sud qui va se te­nir à Séoul et l’Apii va si­gner une conven­tion avec cet or­ga­nisme. Nous exa­mi­ne­rons éga­le­ment les moyens de boos­ter les échanges entre les deux pays et étu­dier ce que peut nous ap­por­ter cette ex­pé­rience dans le do­maine tech­no­lo­gique. Ces Jour­nées pour­suivent ain­si un double ob­jec­tif : la connexion re­cherche/en­tre­prise, le bench­mar­king co­réen. Nous y tien­drons la pre­mière édi­tion du Concours na­tio­nal de l’in­ven­tion avec le slo­gan ex­pli­cite ‘’L’in­ven­tion au ser­vice de l’en­tre­prise’’

et l’ap­pel aux in­ven­teurs a dé­jà été lan­cé sur notre site. Les lau­réats, sur un to­tal de 80 in­ven­teurs at­ten­dus, se­ront ré­com­pen­sés lors de l’ou­ver­ture. Le trans­fert tech­no­lo­gique est un

puis­sant mo­teur de crois­sance et nous vou­lons mettre toutes les chances du cô­té de ces Jour­nées en les or­ga­ni­sant en par­te­na­riat avec l’In­nor­pi et l’As­so­cia­tion tu­ni­sienne des in­ven­teurs et avec la par­ti­ci­pa­tion du mi­nis­tère de la Re­cherche scien­ti­fique.

CES IN­VEN­TIONS SE­RONT-ELLES PRÉ­SEN­TÉES AUX IN­VES­TIS­SEURS POUR VOIR QUI, PAR­MI ELLES, SE­RONT SUS­CEP­TIBLES DE PAS­SER À LA PHASE DE PRO­DUC­TION ?

L’Apii va conti­nuer à ac­com­pa­gner ces in­ven­teurs jus­qu’au bout du par­cours. Nous sa­vons dé­jà que cer­tains sont en phase pro­to­type, d’autres vont ve­nir avec des in­ven­tions to­ta­le­ment abou­ties et prêtes à la com­mer­cia­li­sa­tion, d’autres en­core cherchent juste un fi­nan­ce­ment ou l’in­té­rêt d’une en­tre­prise...

AVEC TOUS CES OU­TILS, QUE MAN­QUE­RA-T-IL EN DÉ­FI­NI­TIVE AU SEC­TEUR IN­DUS­TRIEL POUR RÉUS­SIR ?

Plu­sieurs maux conti­nuent en­core au­jourd’hui à frap­per le sec­teur in­dus­triel ; il s’agit de la bu­reau­cra­tie, la cor­rup­tion, le fi­nan­ce­ment et la sé­cu­ri­té. Si la Tu­ni­sie sou­haite réus­sir sa tran­si­tion dé­mo­cra­tique, elle doit tout mettre en oeuvre pour réus­sir à im­plé­men­ter un sys­tème éco­no­mique et un cli­mat des in­ves­tis­se­ments dignes de ce nom. Si notre pays veut vrai­ment at­ti­rer les in­ves­tis­seurs (tunisiens et étran­gers) et les gar­der, il faut vrai­ment faire face à ces maux, donc moins de bu­reau­cra­tie, plus de sé­cu­ri­té, moins de cor­rup­tion et beau­coup de com­pré­hen­sion de la part des ins­ti­tu­tions fi­nan­cières quand elles ac­cueillent de jeunes pro­mo­teurs.

‘’La Co­rée du Sud se­ra l’in­vi­tée d’hon­neur des Jour­nées na­tio­nales de trans­fert de tech­no­lo­gies en no­vembre pro­chain, car c’est l’un des pays exem­plaires en termes de re­cherche tech­no­lo­gique vouée à l’en­tre­prise.’’

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