UBER, AU SE­COURS!

La Presse Business (Tunisia) - - MOTS CROISES - Par Saous­sen BOULEKBACHE

Uber ra­masse aus­si les pou­belles ! Oui. L’en­tre­prise, connue pour avoir ré­vo­lu­tion­né le ser­vice de chauf­feurs à la de­mande, a dé­ci­dé de prendre en main, aus­si, le pro­blème du ra­mas­sage des or­dures. L’ex­pé­rience est me­née de­puis une an­née au Li­ban. L’en­tre­prise, qui pro­pose d’or­di­naire des vé­hi­cules de tou­risme avec chauf­feur, a dé­ci­dé de conver­tir ces der­niers en éboueurs. Bien que l’idée semble far­fe­lue, elle marche. Sur leur ap­pli­ca­tion smart­phone, les uti­li­sa­teurs peuvent com­man­der gra­tui­te­ment ce ser­vice tous les jours entre 15 et 20 heures et, en moins de trente mi­nutes, un chauf­feur Uber dé­barque à l’adresse géo­lo­ca­li­sée pour trans­por­ter les sacs pou­belle dans un centre de re­cy­clage par­te­naire. Les clients doivent d’abord trier leurs dé­chets : pa­piers, plas­tique et mé­taux. Seul le verre n’est pas pris en charge. Avec ce ser­vice, Uber se rap­proche une nou­velle fois de ses consom­ma­teurs et, même si toute l’opé­ra­tion est gra­tuite, le coup de pu­bli­ci­té est ga­ran­ti et l’acte est ren­table pour l’en­tre­prise. Sa ré­pu­ta­tion em­bel­lie, puis­qu’elle se fait un nom au­près d’une po­pu­la­tion qui était jusque-là ten­tée par l’ex­pé­rience sans avoir dé­jà for­cé­ment re­cours à ses ser­vices tra­di­tion­nels. Il faut dire que les ini­tia­tives dans le genre ne manquent pas, puisque la start-up n’en est pas à son coup d’es­sai. Du­rant les pé­riodes de ca­ni­cule, elle a dé­jà pro­po­sé, le temps d’une jour­née, de li­vrer des glaces à do­mi­cile ou même sur le lieu de tra­vail dans toutes les grandes villes de France. Une fa­çon pour la start-up amé­ri­caine de mon­trer qu’elle n’est pas seule­ment un ser­vice de trans­port et qu’elle sait aus­si se di­ver­si­fier pour ga­gner des ter­rains tou­jours in­ex­ploi­tés. En Es­pagne et aux Etats-Unis, Uber a éga­le­ment li­vré des re­pas en dix mi­nutes. Comme quoi, créer son propre pro­jet n’est pas une ques­tion de di­plômes ni de ca­pi­taux. Pour lut­ter contre le chô­mage, il est in­dis­pen­sable d’in­no­ver. Les jeunes Tunisiens doivent ap­prendre à trans­for­mer seuls leurs rêves en réa­li­té, de ma­nière ins­tan­ta­née et au moindre coût. Ils doivent suivre la ten­dance mon­diale et ad­mettre que, sans ef­forts et sans créa­ti­vi­té, il leur se­ra dif­fi­cile de ga­gner leur vie. A la fin de leurs études, tous les di­plô­més doivent éprou­ver le be­soin de tra­vailler. Ils peuvent même com­men­cer à co­gi­ter sur des idées en étant en­core étu­diants. Qu’ils aient étu­dié l’in­for­ma­tique, le mar­ke­ting, le de­si­gn… ou rien du tout, ces jeunes doivent in­ven­ter des ob­jets, des ser­vices aux­quels per­sonne n’avait ja­mais pen­sé. Et c’est à tra­vers les ré­seaux so­ciaux qu’ils peuvent com­men­cer par tâ­ter le ter­rain et ajus­ter leurs idées en fonc­tion des réac­tions du mar­ché. C’est aus­si à ce­la que servent les ré­seaux so­ciaux ! Pa­ral­lè­le­ment à cette bonne vo­lon­té des jeunes, il est in­dis­pen­sable que l’Etat in­nove et change ses mé­thodes de lutte contre le chô­mage. Il doit sa­voir lut­ter contre la fuite des cer­veaux. L’ap­pren­tis­sage de l’ini­tia­tive pri­vée et du self-made doivent com­men­cer de­puis le jar­din d’en­fants. Il doit fo­ca­li­ser tous ses ef­forts sur la re­fonte du sys­tème édu­ca­tif. L’ac­tuel est loin de for­mer des ci­toyens res­pon­sables et aguer­ris.

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