HIGH TECH

UN TA­TOUAGE TAC­TILE POUR CONTRÔ­LER À DIS­TANCE LES OB­JETS CONNEC­TÉS

La Presse Business (Tunisia) - - CONTENTS -

Ef­fleu­rez votre bras vers la droite pour aug­men­ter le vo­lume de votre mu­sique. Exer­cez une lé­gère pres­sion pour chan­ger de titre. Les ta­touages cor­po­rels de­vien­dront bien­tôt plus que des dé­tails es­thé­tiques ou sym­bo­liques, et entrent dans l’ère de la tech­no­lo­gie. C’est en tout cas le pa­ri fu­tu­riste que fait le MIT (Mas­sa­chu­setts Ins­ti­tute of Tech­no­lo­gy), en par­te­na­riat avec Mi­cro­soft Re­search. DuoS­kin est une in­ter­face in­ter­ac­tive, do­tée d’un cap­teur tac­tile di­rec­te­ment fixé sur la peau de l’uti­li­sa­teur, et pour­rait de­ve­nir l’ave­nir de la tech­no­lo­gie sans fil. Ce ta­touage éphé­mère per­met­trait de contrô­ler à dis­tance nos ap­pa­reils connec­tés : té­lé­phones por­tables, ta­blettes, or­di­na­teurs, ba­la­deurs mp3, ... En­core en dé­ve­lop­pe­ment, le pro­duit se­ra pré­sen­té à l’In­ter­na­tio­nal sym­po­sium on wea­rable com­pu­ters (Iswc) qui ras­sem­ble­ra cher­cheurs, four­nis­seurs de pro­duits, créa­teurs de mode et uti­li­sa­teurs sur le thème de l’in­for­ma­tique ves­ti­men­taire, au mois de sep­tembre en Al­le­magne. Vé­ri­table ou­til de com­mu­ni­ca­tion, ce ta­touage du fu­tur se­rait aus­si ca­pable de sto­cker des in­for­ma­tions et de les trans­fé­rer vers un autre ap­pa­reil grâce à une puce NFC (Near field com­mu­ni­ca­tion) qui per­met à deux ap­pa­reils de com­mu­ni­quer au­to­ma­ti­que­ment lors­qu’il sont proches l’un de l’autre. Une ré­ac­tion ther­mo­chro­mique du ta­touage per­met­trait éga­le­ment de le faire par­tiel­le­ment ou to­ta­le­ment chan­ger de cou­leur en fonc­tion de la tem­pé­ra­ture de la peau.

Des feuilles d’or comme conduc­teur élec­tro­nique

DuoS­kin pour­rait avoir des uti­li­sa­tions di­verses dans la vie quo­ti­dienne en don­nant par exemple une nou­velle di­men­sion au paie­ment sans con­tact. Son lien étroit avec la peau laisse éga­le­ment en­tre­voir de larges pers­pec­tives d’uti­li­sa­tions dans le do­maine de la san­té. Le pro­duit pré­sente pour l’ins­tant des élé­ments proches d’in­ter­faces tra­di­tion­nelles telles que des cur­seurs ou des track­pads.

Les feuilles d’or uti­li­sées ont un ren­de­ment par­ti­cu­liè­re­ment es­thé­tique qui fe­rait presque pas­ser ces ta­touages pour des bi­joux. Elles re­lèvent en fait d’un choix tech­nique et pra­tique. Le ma­té­riau est un ex­cellent conduc­teur. Il ne créé pas de ré­ac­tion al­ler­giques lors du con­tact avec la peau, et la fi­nesse des feuilles convient à une ap­pli­ca­tion di­recte sur la peau sans être une gêne pour les ac­ti­vi­tés de la vie quo­ti­dienne. Le coût de ce ta­touage éphé­mère, per­son­na­li­sable à sou­hait, ne se­rait pas aus­si éle­vé qu’il le pa­raît. Sa fa­bri­ca­tion se dé­cline en trois étapes ma­jeures : le cir­cuit est d’abord des­si­né grâce à un lo­gi­ciel de concep­tion gra­phique et se­lon les sou­haits du fu­tur uti­li­sa­teur. Une feuille d’or est en­suite ap­pli­quée sur le des­sin. Elle ser­vi­ra de conduc­teur sur le­quel sont mon­tés les com­po­sants élec­tro­niques. Le ta­touage est prêt, il ne reste qu’à l’ap­pli­quer sur la peau avec de l’eau, à la ma­nière d’un dé­cal­co­ma­nie.

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