L’EST REM­PORTE LA COUPE DE TU­NI­SIE DIF­FÉ­RENCE DE CA­RAC­TÈRE ET D’ATOUTS…

La Presse Business (Tunisia) - - CONTENTS - Par Ra­fik EL HERGUEM

l faut re­mon­ter très loin dans l’his­toire pour re­trou­ver une fi­nale aus­si «dés­équi­li­brée» que celle qu’on a vue sa­me­di 27 août entre l’EST et le CA. Pour une fi­nale-der­by, on at­ten­dait un mi­ni­mum d’équi­libre de forces, un mi­ni­mum de pug­na­ci­té, d’au­tant que c’est un der­by où rien n’était ga­gné d’avance. Et ce fut un der­by terne, et même à sens unique pour l’EST qui ne s’at­ten­dait pas à tom­ber sur un CA aus­si pre­nable et «ré­si­gné». Dans d’autres fi­nales, on a tou­jours vu des «out­si­ders» dé­trô­ner des fa­vo­ris de l’épreuve. C’est ça le charme d’une fi­nale de coupe. Eh bien, rien de ce­la ! On a as­sis­té à une dé­mons­tra­tion de la part des Es­pé­ran­tistes de Am­mar Souayah. Le score (2-0) au­rait pu être plus lourd et «his­to­rique», compte te­nu de la do­mi­na­tion tac­tique de l’EST et de sa su­pé­rio­ri­té tech­nique à tous les ni­veaux, ou presque. Il y avait ce jour-là deux vi­tesses : celle de l’EST qui met­tait le tur­bo quand elle vou­lait et ga­gnait fa­ci­le­ment ses duels au mi­lieu, et une autre beau­coup plus lente d’un CA dont les joueurs étaient déso­rien­tés et lourds sur chaque mou­ve­ment. Ce­la a fait qu’il y avait aus­si au­tant d’es­paces concé­dés dans le bloc clu­biste au pro­fit des joueurs de l’EST. Bguir, Châal­la­li, Ba­dri (quel dé­part !), Me­bar­ki et Re­jaï­bi n’en de­man­daient pas plus pour tri­an­gu­ler, per­cer sans la moindre gêne de­vant des Khé­lil, Ben Ya­hia, Srar­fi, épui­sés et à court d’ins­pi­ra­tion. Il y avait une dif­fé­rence de ca­rac­tère nette et un tem­pé­ra­ment de vain­queur re­trou­vé du cô­té de l’EST et per­du du cô­té du CA.

PLUS QUE LA CONSÉ­CRA­TION…

Cette fi­nale est en­trée dans l’his­toire, mais se trompent ceux qui pensent que ses ef­fets se sont éteints avec le tro­phée de la coupe bran­di. Un der­by vaut plus qu’un titre ga­gné ou per­du, ça a un ef­fet à court terme qui se pro­longe même du­rant des mois. Pour l’EST, dé­mar­rer la sai­son avec un titre ga­gné de­vant le CA et avec au­tant de fa­ci­li­té, il n’y a rien de plus mo­ti­vant. Souayah, tran­quille dans son siège, peut conti­nuer de tra­vailler en toute sé­ré­ni­té et en évi­tant la ten­ta­tion de dé­sta­bi­li­sa­tion de la part de sup­por­ters qui vi­se­rait sa per­sonne. Dans l’autre camp, Yaâ­cou­bi, qui a com­plè­te­ment ra­té sa fi­nale et a condam­né sa car­rière, doit in­ven­ter, lui et ce qui reste des di­ri­geants, un stra­ta­gème pour ab­sor­ber la co­lère, jus­ti­fiée, des sup­por­ters ex­cé­dés non par la dé­faite mais par la pas­si­vi­té et le mau­vais ren­de­ment. L’EST a mar­qué une rup­ture avec la sai­son der­nière et peut en­ta­mer à l’aise le cham­pion­nat, d’au­tant que les ren­forts mo­bi­li­sés ont été de va­leur. Pour le CA, c’est là la suite de la ca­tas­tro­phique sai­son der­nière. Ria­hi et son co­mi­té sont dos au mur et foncent dans une crise de ré­sul­tats, mais sur­tout de confiance, alors que Med­deb a de quoi conti­nuer sans la pres­sion de son pu­blic. Un der­by, c’est, et ça se­ra tou­jours, un match spé­cial dont l’en­jeu est plus que spor­tif pour les deux frères-en­ne­mis, comme dans le monde en­tier. Si cette fi­nale a été ga­gnée par l’EST de­vant une autre équipe, ça n’au­rait ja­mais eu le même goût et les mêmes re­tom­bées. De même pour le CA, qui cu­mule les dé­faites en fi­nale, confir­mant qu’il a per­du sa com­pé­ti­ti­vi­té sur cette épreuve où la chance (dans les an­nées 80) et l’ab­sence de ca­rac­tère lui ont coû­té cher. Ce fut une fi­nale «équi­li­brée» seule­ment sur les gra­dins avec deux cho­ré­gra­phies in­té­res­santes, sur­tout celle du pu­blic clu­biste, avec une touche ar­tis­tique sur un ta­bleau beau à voir. Si­non, sur le ter­rain, l’his­toire re­tien­dra que c’était un match à sens unique. Qui l’eut cru, une mi­nute avant le coup d’en­voi du match ?

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