"TROIS SEC­TEURS PEUVENT NOUS SOR­TIR DU MA­RASME"

MOUNIR MOUAKHAR

La Presse Business (Tunisia) - - CAHIER A - Par Sar­ra O. BAKRY Pho­tos: Hi­chem GOUÏAA

Le gou­ver­ne­ment qui vient de prendre ses fonc­tions ar­rive à un mo­ment où le pays tra­verse une pé­riode très dé­li­cate de son his­toire.’’

LORS DE LA PARUTION DU DER­NIER BA­RO­MÈTRE DES EN­TRE­PRISES, VOUS N’AVEZ PAS ÉTÉ IN­VI­TÉ AU DÉ­BAT.

Nous n’avons pas été M.M. in­vi­tés, mais nous tra­vaillons beau­coup avec les Chambres de com­merce étran­gères. Je peux vous pro­po­ser le Ba­ro­mètre des en­tre­prises fran­co-afri­caines que nous avons réa­li­sé au­près des en­tre­prises afri­caines et pas uni­que­ment tu­ni­siennes et au­quel la Ccit a très lar­ge­ment par­ti­ci­pé. Je n’ai pas de com­men­taire à faire sur le fait que nous n’avons pas été in­vi­tés et Ernst & Young est libre de choi­sir les in­ter­lo­cu­teurs qu’ils juge les plus cré­dibles pour la réa­li­sa­tion de son ba­ro­mètre. Tout ce que je peux vous dire, c’est que la Ccit, qui fait par­tie des 8 chambres opé­rant en Tu­ni­sie, est en contact per­ma­nent avec les en­tre­prises. Nous avons notre propre ré­seau na­tio­nal et in­ter­na­tio­nal, mais il est vrai que notre rap­pro­che­ment avec des bu­reaux tels que Ernst & Young est très sou­hai­table.

VOUS A-T-ON DÉ­JÀ FAIT PART D’UNE IN­VI­TA­TION AU FO­RUM DE L’IN­VES­TIS­SE­MENT DE NO­VEMBRE ?

Nor­ma­le­ment, nous M.M. sommes par­tie pre­nante. Par­mi les pré­ro­ga­tives des chambres de com­merce, on trouve en bonne place l’at­trac­tion des in­ves­tis­se­ments étran­gers et la for­ma­tion de par­te­na­riats. Ce­pen­dant, je tiens à dire que nous sommes beau­coup plus ac­tifs que d’at­tendre une in­vi­ta­tion. Le gou­ver­ne­ment qui vient de prendre ses fonc­tions ar­rive à un mo­ment où le pays tra­verse une pé­riode très dé­li­cate de son his­toire. Nous avons un gros dé­fi­cit en ma­tière d’in­ves­tis­se­ment et d’ex­por­ta­tion, notre ba­lance com­mer­ciale est dé­fi­ci­taire, nous avons un fort taux d’en­det­te­ment... Je crois donc que toutes les struc­tures na­tio­nales sont ap­pe­lées à jouer un rôle dans le dé­ve­lop­pe­ment de l’in­ves­tis­se­ment, dans la dy­na­mi­sa­tion du tou­risme et de l’in­dus­trie. C’est un de­voir na­tio­nal pour toutes les chambres que de faire par­tie de cette dy-

Je suis pour la mu­tua­li­sa­tion des moyens quand nous al­lons vers les mar­chés étran­gers pour que nous puis­sions ac­cé­der à une plus-va­lue digne de ce nom.’’

na­mique et d’y être to­ta­le­ment im­pli­quées. La Ccit a re­çu de la part de plu­sieurs chambres étran­gères des in­vi­ta­tions et des de­mandes d’in­for­ma­tions et nous sommes ac­tuel­le­ment en contact avec la Fi­pa et le mi­nis­tère de la Co­opé­ra­tion in­ter­na­tio­nale pour af­fi­ner le rôle que nous al­lons jouer dans ce sens.

ALORS QUE VOUS MAIN­TE­NEZ UNE DY­NA­MIQUE AGISSANTE AVEC VOS VIS-À-VIS ÉTRAN­GERS, POUR VOS MIS­SIONS D’AF­FAIRES, QUEL EST LE POINT D’ÉQUI­LIBRE ENTRE LES MOYENS DONT VOUS DIS­PO­SEZ ET VOS AM­BI­TIONS ALORS QUE LA TU­NI­SIE, COMME VOUS VE­NEZ DE LE DIRE, A BE­SOIN QUE TOUT LE MONDE SOIT SUR LE PONT ?

C’est beau­coup moins M.M. un pro­blème de moyens qu’un pro­blème de syn­chro­ni­sa­tion et de co­or­di­na­tion. Les chambres de com­merce jouent un rôle ca­pi­tal dans le dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique et consti­tuent un le­vier en ma­tière de par­te­na­riat mais elles ont be­soin, en plus de la co­or­di­na­tion, de ré­duire les dys­fonc­tion­ne­ments et d’étof­fer la mise en com­mun des re­la­tions de toutes les struc­tures. Je suis pour la mu­tua­li­sa­tion des moyens quand nous al­lons vers les mar­chés étran­gers pour que nous puis­sions ac­cé­der à une plus-va­lue digne de ce nom. La Tu­ni­sie dis­pose de peu de moyens fi­nan­ciers mais de beau­coup de com­pé­tences et de vo­lon­té. Il y a 3 sec­teurs qui peuvent au­jourd’hui nous sor­tir du ma­rasme : l’ex­por­ta­tion, le tou­risme, l’in­ves­tis­se­ment

Nous sommes en­core loin des mis­sions confiées aux chambres dans beau­coup de pays où elles ont en charge la ges­tion des ports, aé­ro­dromes, gares, zones in­dus­trielles, en­tre­pôts, halles...

étran­ger. Ils sont ca­pables d’im­pul­ser un ap­port en de­vises et de re­lan­cer l’éco­no­mie. Entre ces 3 sec­teurs, nous avons be­soin de vo­lon­té com­mune et de tra­vail en com­mun.

EST-CE AVEC CETTE CONVIC­TION QUE VOUS VOUS ATTAQUEREZ AU DOS­SIER DE LA RE­CONS­TRUC­TION IRA­KIENNE, SA­CHANT QUE VOUS ÊTES LE PRÉ­SIDENT DU CON­SEIL D’AF­FAIRES TU­NI­SO-IRA­KIEN ?

L’Irak est un pays imM.M. por­tant pour notre par­te­na­riat glo­bal en ma­tière d’in­ves­tis­se­ment, d’in­fra­struc­tures et de com­merce. Ce­ci, en plus des re­la­tions ex­trê­me­ment fortes entre le peuple tu­ni­sien et le peuple ira­kien. Nous re­ce­vons sou­vent à Tu­nis des hommes d’af­faires ira­kiens et ils n’ont ja­mais ces­sé de nous ex­pri­mer leur vo­lon­té de dé­ve­lop­per en­core plus nos re­la­tions. Nous aus­si, nous avons cette vo­lon­té mais il nous faut avant tout être épau­lés par une vo­lon­té po­li­tique. De­puis quatre ans, il n’y a pas eu un seul res­pon­sable po­li­tique tu­ni­sien qui ait vi­si­té l’Irak, alors que des hauts res­pon­sables de toutes na­tio­na­li­tés se bous­culent au por­tillon. Le gou­ver­ne­ment doit veiller à re­dy­na­mi­ser ces re­la­tions mais nous com­pre­nons que l’Irak tra­verse un mo­ment cri­tique de son his­toire. Il y a les Chi­nois, les Turcs, les Ira­niens mais aus­si les EtatsU­nis, la Rus­sie et plu­sieurs pays eu­ro­péens qui sont en train de se mo­bi­li­ser pour étof­fer leur stra­té­gie en di­rec­tion, l’Irak.

Bien­tôt se tien­dra la Foire in­ter­na­tio­nale de Bagh­dad (du 1er au 10 no­vembre pro­chain). Nous sommes en train de nous y pré­pa­rer et nous es­pé­rons que les en­tre­prises tu­ni­siennes prennent la chose au sé­rieux. Nous avons long­temps ex­por­té vers l’Irak et les pro­duits tu­ni­siens y ont trou­vé un ac­cueil très fa­vo­rable dans les sec­teurs des in­dus­tries mé­ca­niques et élec­triques, l’agroa­li­men­taire, les ma­té­riaux de construc­tion, les câ­blages, les pro­duits d’en­tre­tien, les bat­te­ries, les pneus, les té­lé­coms... Ce­la ne veut pas dire qu’il n’y a pas de pro­blèmes. Le pre­mier est un pro­blème de prix, car il ne faut pas ou­blier que nous sommes, en Irak, en concur­rence avec le monde en­tier. Nous avons aus­si un pro­blème de pré­sence sur place, de contacts... Mais, dans tous les cas de fi­gure, c’est une re­la­tion qu’il faut main­te­nir et dé­ve­lop­per. Dans la même lo­gique, nous de­vons dé­ve­lop­per des mar­chés non clas­siques, no­tam­ment le mar­ché russe, mais je vous ré­pète que notre faille prin­ci­pale est que nous n’avons pas dé­ve­lop­pé une vé­ri­table po­li­tique dans ce sens.

EST-CE QUE VOUS REN­CON­TREZ LES MÊMES DIF­FI­CUL­TÉS POUR L’AFRIQUE ?

On ne peut pas dire que M.M. nous avons des dif­fi­cul­tés à convaincre le gou­ver­ne­ment tu­ni­sien. Au contraire, j’ai eu l’oc­ca­sion de ren­con­trer notre mi­nistre des Af­faires étran­gères et je l’ai trou­vé très ou­vert et très im­pli­qué pour re­lan­cer nos re­la­tions avec l’Irak. Je met­trais plu­tôt nos dif­fi­cul­tés sur le compte des pro­blèmes ren­con­trés par les gou­ver­ne­ments suc­ces­sifs des cinq der­nières an­nées.

C’EST LA MÊME CHOSE POUR L’AFRIQUE OÙ TOUT LE MONDE EST ÉGA­LE­MENT LÀ ?

Le dos­sier afri­cain est M.M. sim­ple­ment un pro­blème de moyens plu­tôt qu’autre chose. Pour­tant, il faut nous ar­rê­ter de nous la­men­ter sur nos moyens. Ils sont ce qu’ils sont. Il faut quand même da­van­tage de sé­rieux de la part de nos en­tre­prises, à com­men­cer par al­ler sur place. La Ccit, en tant que struc­ture in­ter­mé­diaire, nous pou­vons ai­der de par nos re­la­tions avec des chambres afri­caines. Je suis vice-pré­sident de la Confé­rence per­ma­nente des chambres fran­co-afri­caines qui est en train de jouer un rôle im­por­tant dans la dy­na­mi­sa­tion des échanges. Au sein de la Confé­rence, j’es­saie de convaincre tout le monde de dé­ve­lop­per d’abord les échanges Sud-Sud. Il y a beau­coup de struc­tures im­pli­quées dans nos échanges avec le reste de l’Afrique, mais c’est la co­or­di­na­tion entre elles qui doit être dé­ve­lop­pée pour que nous de­ve­nions plus ef­fi­caces, pour perdre moins de temps et pour al­ler di­rec­te­ment vers l’es­sen­tiel.

LA «MU­TUA­LI­SA­TION DES MOYENS» QUE VOUS AVEZ ÉVO­QUÉE À PRO­POS DU DOS­SIER IRA­KIEN VAUT DONC AUS­SI POUR L’AFRIQUE ?

Cette mu­tua­li­sa­tion des M.M. ef­forts concerne toute notre dé­marche éco­no­mique na­tio­nale, pas seule­ment le dos­sier ira­kien ou afri­cain. Il y a de très nom­breuses com­pé­tences dans nos struc­tures mais cha­cun tra­vaille pour soi alors que notre si­tua­tion ac­tuelle nous im­pose d’être ef­fi­caces, d’al­ler vite et d’ob­te­nir des ré­sul­tats.

LA CCIT EST PAR­TIE PRE­NANTE DANS LE DO­MAINE DES FRAN­CHISES, EN GRANDE PAR­TIE POUR LES JEUNES QUI VEULENT SE LAN­CER. COM­MENT LE FAITES-VOUS PRO­GRES­SER ?

Il y a au­jourd’hui une M.M. vraie prise de conscience au sein des struc­tures du com­merce en Tu­ni­sie que les fran­chises consti­tuent un sec­teur de grande im­por­tance qu’il faut en­cou­ra­ger. C’est un do­maine pro­pice en grande par­tie aux jeunes qui veulent se lan­cer, mais il est éga­le­ment vrai que, pour eux, il est dif­fi­cile d’at­tendre plu­sieurs mois avant d’avoir les au­to­ri­sa­tions né­ces­saires. Quand il y a des op­por­tu­ni­tés qui se pré­sentent, il faut les sai­sir vite, au risque de les perdre. Avec les in­ter­lo­cu­teurs de la Ccit, j’ai tou­jours dit que la loi est la loi, mais qu’il fal­lait au moins trou­ver le moyen de don­ner ra­pi­de­ment une ré­ponse, po­si­tive ou né­ga­tive, au de­man­deur de fran­chise. Sur le fond du su­jet, nous avons des re­la­tions très fortes avec le dé­par­te­ment US du Com­merce qui gère ce dos­sier aus­si bien qu’avec la Fé­dé­ra­tion fran­çaise de la fran­chise, et ce­la fait que les choses bougent dans le bon sens.

Nous de­vons dé­ve­lop­per des mar­chés non clas­siques, no­tam­ment le mar­ché russe, mais nous n’avons pas dé­ve­lop­pé une vé­ri­table po­li­tique dans ce sens.’’

SOMMES-NOUS, AU­JOURD’HUI, OB­JEC­TI­VE­MENT EN­TRAέNÉS VERS UNE RÉ­FORME POUR CLA­RI­FIER LES MIS­SIONS ET L’OR­GA­NI­SA­TION DU RÉ­SEAU DE CHAMBRES DE COM­MERCE, MO­DI­FIER LEUR RÉ­GIME ÉLEC­TO­RAL ET RE­VOIR LEURS RES­SOURCES FI­NAN­CIÈRES ?

Ob­jec­ti­ve­ment, pas en­core. M.M. Mais nous sommes in­ti­me­ment convain­cus qu’il est temps de me­ner ces ré­formes. Nous sommes là de­puis plus de 130 ans et nous me­nons de front de nom­breuses mis­sions pour contri­buer à la pro­mo­tion de l’éco­no­mie tu­ni­sienne, no­tam­ment dans les sec­teurs du com­merce, de l’in­dus­trie, de l’ar­ti­sa­nat, des pe­tits mé­tiers, pour four­nir l’as­sis­tance aux en­tre­prises dans les opé­ra­tions de com­merce in­ter­na­tio­nal et le dé­ve­lop­pe­ment de l’en­tre­pre­neu­riat. La concré­ti­sa­tion au quo­ti­dien de cette mis­sion se tra­duit par la dé­li­vrance de cer­ti­fi­cats d’ori­gine, l’or­ga­ni­sa­tion de sé­mi­naires thé­ma­tiques et de mis­sions d’af­faires, l’ex­clu­si­vi­té na­tio­nale de l’émis­sion des car­nets ATA et des car­nets TIR, la for­ma­tion et le re­cy­clage, la four­ni­ture d’in­for­ma­tion ou de do­cu­men­ta­tion, l’in­for­ma­tion sur les foires et sa­lons, la vente des do­cu­ments du com­merce ex­té­rieur et, par la force de son ré­seau, pro­mou­voir les re­la­tions Bu­si­ness to Bu­si­ness entre les dif­fé­rents ac­teurs éco­no­miques à l’échelle na­tio­nale et/ou in­ter­na­tio­nale. La Ccit dis­pose éga­le­ment de 24 centres d’af­faires qui offrent aux pro­mo­teurs et in­ves­tis­seurs des ser­vices vi­sant à im­pul­ser l’ini­tia­tive pri­vée dans les ré­gions concer­nées par leurs ac­ti­vi­tés et ont pour but de fa­ci­li­ter la réa­li­sa­tion des pro­jets et d’of­frir les ser­vices né­ces­saires aux pro­mo­teurs et in­ves­tis­seurs pour le lan­ce­ment ou le dé­ve­lop­pe­ment de leurs pro­jets et, no­tam­ment, ren­sei­gner les por­teurs d’idées de pro­jets, les pro­mo­teurs et les in­ves­tis­seurs ; ac­com­pa­gner les pro­mo­teurs dans les phases de dé­mar­rage et de sui­vi de la réa­li­sa­tion de leurs pro­jets ; or­ga­ni­ser au pro­fit des pro­mo­teurs et in­ves­tis­seurs des sé­mi­naires en vue de les in­for­mer sur les avan­tages com­pa­ra­tifs de la ré­gion. Ce­pen­dant, nous sommes en­core loin des mis­sions confiées aux chambres dans beau­coup de pays où elles ont en charge la ges­tion des ports, aé­ro­dromes, gares, zones in­dus­trielles, en­tre­pôts, halles... Et il évident qu’il fau­drait don­ner bien plus de la­ti­tude à nos propres chambres.

POUR­QUOI LES ÉLEC­TIONS DES CHAMBRES NE SE SONT-ELLES PAS TE­NUES DE­PUIS 2007 ?

La pre­mière rai­son est M.M. sans le moindre doute le fait que notre pays a connu au cours des der­nières an­nées, et même avant la ré­vo­lu­tion, des contextes po­li­tiques qui ont lar­ge­ment in­flué dans ce sens. De plus, il faut voir com­ment le pay­sage éco­no­mique a évo­lué pour bien com­prendre ces rai­sons. Nous avons été confron­tés à la pro­li­fé­ra­tion de tra­fi­quants qui se re­tranchent der­rière une cer­taine ac­ti­vi­té ré­gle­men­taire pour s’as­su­rer une pré­sence for­melle et c’est à par­tir de là que nous avons vu qu’ils se dé­ployaient dans le sens de dé­bour­ser tout ce qu’il faut pour s’as­su­rer de l’ap­pui des élec­teurs de tous bords. En

Il y a 3 sec­teurs qui peuvent, au­jourd’hui, nous sor­tir du ma­rasme : l’ex­por­ta­tion, le tou­risme, l’in­ves­tis­se­ment étran­ger. Ils sont ca­pables de dé­ga­ger un ap­port en de­vises et de re­lan­cer l’éco­no­mie.’’

gros, il faut ain­si com­prendre que nous pour­rions nous trou­ver dans une si­tua­tion où des tra­fi­quants no­toires pour­raient de­ve­nir des membres élus des chambres de com­merce. Pour que les choses soient claires, nous sommes prêts à tout chan­ge­ment qui se fe­rait dans les règles de l’art, dans la stricte ob­ser­vance de l’in­té­rêt de la Tu­ni­sie, de son éco­no­mie et des chambres de com­merce. Mais il est éga­le­ment clair que nous avons au­jourd’hui be­soin en ur­gence de re­voir les règles de pré­sen­ta­tion et d’élec­tion.

VOUS AVEZ ÉVO­QUÉ LES MIS­SIONS CONFIÉES AUX CHAMBRES DANS BEAU­COUP DE PAYS OÙ ELLES ONT EN CHARGE LA GES­TION D’EN­TI­TÉS ÉCO­NO­MIQUES... SE­RAIT-CE UNE BONNE CHOSE QUE NOUS EN AR­RI­VIONS LÀ EN TU­NI­SIE ?

M.M. Pour in­for­ma­tion, c’est ce que fai­sait ja­dis la Ccit et de nom­breux do­cu­ments dans nos ar­chives le prouvent. En vé­ri­té, les choses sont plus dé­li­cates au­jourd’hui et nos voi­sins eu­ro­péens, par exemple, ont op­té pour la pro­fes­sio­na­li­sa­tion de ces struc­tures. Par exemple, le port au­to­nome de Mar­seille est gé­ré par une au­to­ri­té in­dé­pen­dante. D’ailleurs, le pré­sident du port est éga­le­ment le pré­sident de la Chambre de com­merce de Mar­seille.

CER­TAINS PARLENT D’UNE RI­VA­LI­TÉ DES CHAMBRES AVEC LES CONSEILS RÉ­GIO­NAUX. RI­VA­LI­TÉ OU COM­PLÉ­MEN­TA­RI­TÉ ?

M.M. Si les chambres de com­merce sont do­tées des ou­tils qu’il faut, elles peuvent de­ve­nir une vé­ri­table dy­na­mo ré­gio­nale, car nous connais­sons les rouages, nous avons les contacts qu’il faut et, sur­tout, cha­cune dans sa ré­gion, ces chambres pos­sèdent cette connais­sance de proxi­mi­té qui fait vrai­ment la dif­fé­rence dans la ré­so­lu­tion des pro­blèmes et dans la dy­na­mi­sa­tion de l’en­tre­prise et de l’em­ploi. Seule­ment, à ce jour, nous ne sommes pas membres per­ma­nents des conseils ré­gio­naux, alors que nous pou­vons clai­re­ment sou­te­nir cette struc­ture conduite par les gou­ver­neurs, sa­chant que les 8 Chambres de com­merce et d’in­dus­trie se trouvent dans toutes les ré­gions. Si les con­seil ré­gio­naux sou­haitent vrai­ment dé­ve­lop­per l’en­tre­prise pri­vée dans les ré­gions, ils ont tout bé­né­fice à as­so­cier les chambres.

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