CAP SUR L'ECO­NO­MIE DE LA MER

La Presse Business (Tunisia) - - EDITO -

En Tu­ni­sie, on n’en parle presque ja­mais ! Et pour­tant, l’éco­no­mie de la mer, ma­ri­time pour cer­tains, gagne ré­gu­liè­re­ment du ter­rain, se po­si­tionne de plus en plus comme une orien­ta­tion stra­té­gique, de­vient, pro­gres­si­ve­ment, la nou­velle as­su­rance pour une crois­sance glo­bale et du­rable et se place même comme un en­jeu de dé­ve­lop­pe­ment d’im­por­tance ca­pi­tale. Bref, un sec­teur d’ave­nir. Un sta­tut plu­tôt lé­gi­time, sur­tout que la mer, comme l’af­firme Vin­cen­zo Zot­to­la, ex­pert éco­no­mique in­ter­na­tio­nal, «n’est plus l’espace ex­clu­sif à la construc­tion na­vale seule­ment, dé­sor­mais c’est toute une liste de métiers qui s’ac­tivent et s’en­tre­mêlent au­tour». Jus­te­ment, plus qu’un espace de jouis­sance et d’es­thé­tisme, l’uni­vers ma­ri­time reste un four­nis­seur ca­pi­tal de res­sources vi­tales et un le­vier de la «crois­sance bleue». Les sta­tis­tiques de l’Or­ga­ni­sa­tion de co­opé­ra­tion et de dé­ve­lop­pe­ment éco­no­miques (Ocde), confirment un tel po­si­tion­ne­ment. En 2011, la mer, qui représente 70% de la sur­face de la Terre, a as­su­ré un chiffre d’af­faires mon­dial de l’ordre de 1.500 mil­liards de dol­lars. En 2030, les pro­jec­tions parlent dé­jà d’un mon­tant glo­bal de 3.000 mil­liards de dol­lars. Ega­le­ment, la mer, par où tran- site 90% du com­merce mon­dial, ren­ferme aus­si 30% des ré­serves mon­diales de pé­trole et de gaz. Et ce n’est pas tout : l’espace ma­ri­time contri­bue à nour­rir, soigne, donne du tra­vail et amé­liore la qua­li­té de la vie de plus de 7 mil­liards d’hommes. En plus de cette di­men­sion éco­no­mique, la mer as­sure un rôle éco­lo­gique fon­da­men­tal. Les océans ab­sorbent ain­si en­vi­ron 90% des ex­cès de cha­leur et plus de 50% du CO2. Mal­gré toute cette im­por­tance, l’éco­no­mie ma­ri­time est en­core peu sou­te­nue en Tu­ni­sie. Notre sys­tème por­tuaire en consti­tue même un frein sé­rieux, faute, sur­tout, d’en­ga­ge­ments fi­nan­ciers consé­quents. Ce­la est d’au­tant plus vrai que les dé­penses dans le do­maine ma­ri­time sont da­van­tage per­çues comme des coûts plu­tôt que des in­ves­tis­se­ments dans la ri­chesse. Une po­li­tique à re­voir ra­pi­de­ment car, à moyen et long termes, elle risque d’être lar­ge­ment pé­na­li­sante. Tout un nou­veau mo­dèle qui prend en compte toutes les exi­gences de ce sec­teur doit donc être mis en place, faute de quoi l’éco­no­mie nationale risque de res­ter, pour long­temps, à la traîne. La te­nue, la se­maine der­nière à Gam­marth, de la pre­mière édi­tion de Yacht Med Fes­ti­val, de­vrait sen­si­bi­li­ser en­core plus nos dé­ci­deurs à l’ur­gence d’une telle orien­ta­tion.

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