SOU­CI DE SECURITE ALI­MEN­TAIRE

Il suf­fi­rait jus­te­ment de ré­duire la pau­vre­té ru­rale, d’éli­mi­ner les in­éga­li­tés avec le mi­lieu ur­bain, d’augmenter la va­leur ajou­tée des pe­tits agri­cul­teurs, d’as­su­rer une par­ti­ci­pa­tion op­ti­male aux mar­chés mon­diaux et, sur­tout, de s’as­su­rer une ré­serve a

La Presse Business (Tunisia) - - NEWS -

L’Afrique doit prendre son des­tin en main, en­ga­ger ra­pi­de­ment, mais sû­re­ment sa trans­for­ma­tion agri­cole et in­dus­trielle et se po­si­tion­ner sur les chaînes de va­leur éco­no­mique pour mettre fin ain­si à la mal­nu­tri­tion et à l’in­sé­cu­ri­té ali­men­taire. De ce fait, notre conti­nent doit se prendre en charge pour mettre fin au

re­tard de crois­sance». Le mes­sage du pré­sident de la BAD (Banque afri­caine de dé­ve­lop­pe­ment), lors de ses der­nières as­sises an­nuelles, te­nues en mai der­nier, est sans ap­pel. Un en­ga­ge­ment qu’il qua­li­fie d’in­con­tour­nable. D’où le lan­ce­ment, sur cinq ans, de la nou­velle stra­té­gie bap­ti­sée «Nour­rir l’Afrique». Au­jourd’hui, un nou­veau rap­port de la même ins­ti­tu­tion sur la «pro­duc­tion agri­cole, sé­cu­ri­té ali­men­taire et haute va­leur ajou­tée en Afrique du Nord» vient rap­pe­ler toute l’ur­gence de cette orien­ta­tion stra­té­gique. On re­lève, à ce pro­pos, que la ré­vo­lu­tion tu­ni­sienne est à cet égard lar­ge­ment si­gni­fi­ca­tive. Elle a eu le mé­rite de rap­pe­ler toute l’im­por­tance d’une telle exi­gence. C’est, en ef­fet, une exi­gence de di­gni­té hu­maine qui a conduit au sou­lè­ve­ment. Mieux en­core : l’on es­time qu’ac­tuel­le­ment, les pays, no­tam­ment ceux du nord de l’Afrique, sont as­sez ou­tillés pour re­le­ver cet en­jeu d’ave­nir. Il suf­fi­rait jus­te­ment de ré­duire la pau­vre­té ru­rale, d’éli­mi­ner les in­éga­li­tés avec le mi­lieu ur­bain, d’augmenter la va­leur ajou­tée des pe­tits agri­cul­teurs, d’as­su­rer une par­ti­ci­pa­tion op­ti­male aux mar­chés mon­diaux et, sur­tout, de s’as­su­rer une ré­serve ali­men­taire. Le tout, dans le cadre d’une lo­gique d’in­clu­sion éco­no­mique et de jus­tice so­ciale. Il suf­fi­rait éga­le­ment de pro­cé­der ra­pi­de­ment à une trans­for­ma­tion et à une in­dus­tria­li­sa­tion to­tale de notre agri­cul­ture, ce qui au­rait pour avan­tage d’amé­lio­rer le ni­veau de pro­duc­ti­vi­té, de ga­ran­tir une meilleure va­leur ajou­tée et de mieux ré­pondre aux exi­gences aus­si bien lo­cales qu’in­ter­na­tio­nales. Ces orien­ta­tions sont tout à fait lé­gi­times, sur­tout que l’Afrique est res­tée jusque-là, comme on l’a af­fir­mé le 24 mai 2016 sur ces mêmes co­lonnes, le temple des in­éga­li­tés so­cioé­co­no­miques et des écarts frus­trants. Elles sont plus lé­gi­times en­core plus si l’on tient compte de cette nou­velle prise de conscience afri­caine du po­ten­tiel réel du conti­nent, et no­tam­ment sa ca­pa­ci­té de ré­si­lience. Il reste donc à pas­ser di­rec­te­ment à l’ac­tion. Faute de quoi, la po­pu­la­tion vi­vant to­ta­le­ment dans l’ex­trême pau­vre­té pas­se­rait de 420 mil­lions en 2015 à 550 mil­lions en 2025.

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