INDECISION ECO­NO­MIQUE ET FINANCIERE

La Presse Business (Tunisia) - - NEWS -

C'est le sprint fi­nal. Dans deux se­maines au plus, la Tu­ni­sie ac­cueille­ra la confé­rence in­ter­na­tio­nale sur l’in­ves­tis­se­ment. Un ren­dez-vous ca­pi­tal qu’on ne cesse de qua­li­fier, ici et là, de ce­lui de l’es­poir. L’es­poir de voir en­fin la Tu­ni­sie plus at­trac­tive, mieux convain­cante, suf­fi­sam­ment ou­tillée pour dé­fendre son en­vi­ron­ne­ment d’af­faires et to­ta­le­ment ca­pable de s’as­su­rer de nou­veaux flux d’in­ves­tis­se­ments étran­gers. Mais sommes-nous réel­le­ment prêts pour cet évé­ne­ment ? Dis­po­sons-nous d’as­sez d’ar­gu­ments pour es­pé­rer for­cer la décision des bailleurs de fonds in­ter­na­tio­naux ? Dif­fi­cile d’af­fir­mer ou d’in­fir­mer, sur­tout que la vi­si­bi­li­té n’est pas en­core to­tale. Certes, la Tu­ni­sie a tout fait pour bien réus­sir cette ren­contre et en faire ain­si une oc­ca­sion dé­ci­sive pour re­mon­ter la pente des in­ves­tis­se­ments étran­gers (la cam­pagne in­ter­na­tio­nale pour la pro­mo­tion du Plan quin­quen­nal 2016-2020, en­ga­gée de­puis quelques mois dé­jà, n’en est qu’une simple il­lus­tra­tion), il reste néan­moins que ces fac­teurs, tou­jours en mal de ré­so­lu­tion, risquent de jouer «les trouble-fêtes». En ef­fet, notre pays est en­core en état d’ur­gence éco­no­mique, mar­quée es­sen­tiel­le­ment par une crois­sance atone et une hé­mor­ra­gie fi­nan­cière presque gé­né­ra­li­sée. Notre cli­mat so­cial, bien qu’il ait connu un cer­tain apai­se­ment avec le nou­veau gou­ver­ne­ment d’union na­tio­nale, de­meure tou­jours sous pres­sion, en rai­son des éter­nelles re­ven­di­ca­tions, et le main­tien du même bras de fer entre pa­tro­nat, syn­di­cat et gou­ver­ne­ment. Un cli­mat ten­du qui a pé­na­li­sé notre ap­pa­reil pro­duc­tif et af­fec­té sé­rieu­se­ment l’at­trac­ti­vi­té de notre en­vi­ron­ne­ment d’af­faires. On rap­pelle, à ce pro­pos, que le nombre de jours de tra­vail per­dus dans les sec­teurs pu­blic et pri­vé est tout de même res­té quelque peu éle­vé en 2016. Et même s’il a connu une cer­taine amé­lio­ra­tion ces der­niers mois, la décision du gel des aug­men­ta­tions sa­la­riales dans la fonc­tion pu­blique risque de ra­vi­ver, de nou­veau, les pres­sions. En plus de cette ques­tion so­ciale, la pla­ni­fi­ca­tion semble faire en­core dé­faut. Les membres du gou­ver­ne­ment, du reste ré­cem­ment ins­tal­lés dans leurs fonc­tions, n’ont pas eu le temps né­ces­saire pour fi­na­li­ser leurs pro­grammes d’ac­tions. Ce qui jus­ti­fie l’ab­sence de pro­jets concrets, fi­na­li­sés et bien struc­tu­rés. Jusque-là, et comme l’af­firment cer­tains ob­ser­va­teurs éco­no­miques, on dis­pose uni­que­ment d’une simple liste de pro­jets. Ega­le­ment, cer­tains points d’in­ter­ro­ga­tion au triple ni­veau éco­no­mique, fi­nan­cier, et fis­cal no­tam­ment, res­tent en­core sans ré­ponse. C’est pour cette rai­son, d’ailleurs, que le pro­gramme d’ur­gence éco­no­mique tarde en­core à être adop­té et que la nou­velle loi de fi­nances est tou­jours en quête d’una­ni­mi­té. Bref, c’est plu­tôt l’in­dé­ci­sion éco­no­mique et fi­nan­cière.

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