RID­HA CH­KOUN­DA­LI, ÉCO­NO­MISTE

Avons-nous vrai­ment un pro­blème avec le FMI ou bien avons-nous des fai­blesses de gou­ver­nance de la chose pu­blique ? Pour Ch­koun­da­li, c’est un peu les deux. Oui, nous avons un pro­blème de pure gou­ver­nance. Mais le FMI a une boîte noire claire, des me­sures

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE - Par Sar­rah O. BAKRY

"DES ME­SURES TYPIQUES QUI NE PRENNENT PAS EN CONSI­DÉ­RA­TION LA RÉA­LI­TÉ DU PAYS"

La chose fait po­lé­mique et notre in­ter­lo­cu­teur, qui en convient sans peine, es­time qu’il faut gar­der la tête froide en fai­sant des cri­tiques sur une question dont beau­coup de cô­tés sont très tech­niques et sur­tout in­con­tour­nables. Car Rid­ha Ch­koun­da­li tient à sa mo­dé­ra­tion d’éco­no­miste, même en dé­mon­trant que toute cette opé­ra­tion au­rait cer­tai­ne­ment dû être trai­tée au­tre­ment sur le fond. Mais com­men­çons par le com­men­ce­ment. Tout le monde était un peu sur les dents, lun­di 12 juin au soir. Comme tou­jours, les ru­meurs les plus in­vrai­sem­blables ac­com­pa­gnaient une question qui, somme toute, est es­sen­tiel­le­ment tech­nique. Nous avons donc po­sé clai­re­ment la question à l’éco­no­miste Rid­ha Ch­koun­da­li : la mis­sion du Fonds mo­né­taire in­ter­na­tio­nal di­ri­gée par Björn Ro­ther vient de sé­jour­ner à Tu­nis pour me­ner à bien la pre­mière re­vue du pro­gramme éco­no­mique de la Tu­ni­sie ap­puyé par un ac­cord qua­drien­nal au titre du Mé­ca­nisme élar­gi de cré­dit. C’est une bonne ou une mau­vaise nou­velle ?

DE L’AR­GENT CONTRE DES RÉ­FORMES

C’est là qu’il nous ré­vèle que c’est plu­tôt ma­tière à an­ti­ci­pa­tion : “Les deux par­ties se sont en­ten­dues sur le nou­veau déboursement car l’an­cien, ayant été pro­mis en mai, nous étions sûrs de le tou­cher. Mais là n’est pas la question. Sur le fond, nous pre­nons de l’ar­gent contre pro­messe d’en­ga­ge­ment dans des ré­formes connues de tous de­puis des an­nées. Il faut bien com­prendre que, se­lon les gens du FMI, l’éco­no­mie na­tio­nale a certes fait preuve de ré­si­lience, mais elle conti­nue de connaître d’im­por­tants dé­fis bud­gé­taires, ex­té­rieures, struc­tu­rels et so­ciaux”, ex­plique Rid­ha Ch­koun­da­li. Pour com­prendre en­core plus l’état d’es­prit du FMI, il faut se rap­pe­ler que ce qu’il de­mande à la Tu­ni­sie, c’est une po­li­tique budgétaire pru­dente qui po­si­tionne la dette pu­blique sur une ten­dance bais­sière et qui contri­bue­ra ain­si à al­lé­ger les contraintes de fi­nan­ce­ment, à ré­duire les dés­équi­libres ex­té­rieurs et à as­su­rer la via­bi­li­té du sys­tème. Le FMI ne s’ar­rête pas là et “exige” une ré­forme glo­bale de la Fonc­tion pu­blique per­met­tant d’amé­lio­rer la pres­ta­tion des ser­vices pu­blics et d’ac­croître les marges bud­gé­taires au pro­fit des in­ves­tis­se­ments prio­ri­taires et cer­taines dé­penses so­ciales. Et, évi­dem­ment, un sys­tème fis­cal plus pro­gres­sif et plus ef­fi­cient qui en élar­gi­ra l’as­siette et ren­for­ce­ra l’équi­té par­mi les contri­buables, ce­ci tout en conti­nuant à sur­veiller les risques bud­gé­taires et les pro­grès de la gou­ver­nance. Par des­sus tout, le FMI “conseille” for­te­ment à la Tu­ni­sie une plus grande in­dé­pen­dance de la Banque centrale, condi­tion qu’il es­time né­ces­saire pour renforcer l’ef­fi­ca­ci­té de la po­li­tique mo­né­taire, tan­dis qu’une flexi­bi­li­té ac­crue du taux de change ren­for­ce­ra les ré­serves en de­vises et fa­ci­li­te­ra l’ajus­te­ment ex­té­rieur.

“RIEN EN MA­TIÈRE D’IN­VES­TIS­SE­MENT PRI­VÉ”

“Dans tout ce­la, rien en ma­tière d’in­ves­tis­se­ment pri­vé. Alors sur quelle force et quelle lo­gique portent ces ac­cords avec le FMI ? Au­jourd’hui, nous sommes in­fluen­cés par les ques­tions de sta­bi­li­té, donc notre pen­sée, ou du moins celle des res­pon­sables di­rects dans le do­maine éco­no­mique n’est pas concen­trée sur les ques­tions de dé­ve­lop­pe­ment et de re­lance, alors que celles-ci doivent être la pierre an­gu­laire de notre dé­marche. Pour­tant, je re­con­nais que si j’étais un in­ves­tis­seur, ce sont les points de sta­bi­li­té et d’ave­nir po­li­tiques qui me tien­draient à coeur. Et là, nous n’avons au­cune vi­si­bi­li­té au-de­là de seu­le­ment quelques mois et, plus grave, cette vi­si­bi­li­té est tri­bu­taire du bon vou­loir de deux per­sonnes. Cette si­tua­tion est pré­caire et elle a des ré­per­cus­sions sur tous les plans”, aver­tit Dr Ch­koun­da­li. Pour­tant, notre in­ter­lo­cu­teur n’hé­site pas à nous confier qu’il par­tage en par­tie le point de vue du FMI concer­nant les pi­liers de l’in­ves­tis­se­ment pri­vé. “Ils disent que, pour pro­mou­voir le dé­ve­lop­pe­ment du sec­teur pri­vé et créer des em­plois, il est es­sen­tiel de ra­tio­na­li­ser les for­ma­li­tés exis­tantes pour les en­tre­prises et d’élar­gir l’ac­cès aux mar­chés en adop­tant un nou­veau code des in­ves­tis­se­ments et en met­tant en oeuvre la loi sur la concur­rence ain­si que celle sur les par­te­na­riats pu­blic-pri­vé. C’est juste mais ce

Nous n’avons au­cune vi­si­bi­li­té au-de­là de seu­le­ment quelques mois et, plus grave, cette vi­si­bi­li­té est tri­bu­taire du bon vou­loir de deux per­sonnes.”

n’est pas du tout suf­fi­sant. Le gou­ver­ne­ment doit vé­hi­cu­ler des mes­sages très forts à l’adresse

du sec­teur pri­vé”, ajoute-t-il. Se­lon lui, cer­taines convic­tions du FMI pour­raient être très fé­condes si elles sont ac­com­pa­gnées des vé­hi­cules opé­ra­tion­nels né­ces­saires, par exemple le fait que le nou­veau pro­gramme vise à rendre pos­sible une crois­sance plus in­clu­sive et à créer des em­plois en aver­tis­sant que la Tu­ni­sie doit tra­vailler sur quatre pi­liers : -conso­li­da­tion de la sta­bi­li­té ma­croé­co­no­mique ; -ré­forme des ins­ti­tu­tions pu­bliques ; -pro­mo­tion de l’in­ter­mé­dia­tion fi­nan­cière ; -amé­lio­ra­tion du cli­mat des af­faires.

NOUS AVONS PERDU NOTRE CRÉDIBILITÉ

Tout est donc à re­faire, som­mes­nous ame­nés à conclure quand nous exa­mi­nons l’am­pleur des ré­formes que le FMI veut in­tro­duire dans notre éco­no­mie. Avons-nous tout faux, quand nous re­cou­rons de plus en plus au FMI alors que nous avions beau­coup de crédibilité sur les mar­chés obli­ga­taires pri­vés où nous pre­nions l’ar­gent à des taux plus conve­nables? Dr Ch­koun­da­li n’y va pas par quatre che­mins : “Nous avons perdu notre crédibilité. Pour les agences de ra­ting, nous sommes au­jourd’hui en zone spé­cu­la­tive et la plu­part de nos autres in­di­ca­teurs ne sont plus en bonne san­té ; donc toute sor­tie se­rait en­ta­chée de risques. Il faut re­voir toute notre stra­té­gie d’en­det­te­ment, mon­trer que nous pou­vons mo­bi­li­ser nos res­sources in­ternes, par la fis­ca­li­té no­tam­ment. Et puis, pour­quoi pen­ser à sou­le­ver des fonds pri­vés sur le mar­ché in­ter­na­tio­nal alors que nous

Sur le fond, nous pre­nons de l’ar­gent contre l’en­ga­ge­ment dans des ré­formes.”

de­vons ré­orien­ter toute notre approche en ma­tière des re­cettes et des dé­penses ? Il nous faut en prio­ri­té trou­ver les idées et créer les mé­ca­nismes pour ra­tio­na­li­ser les dé­penses et non pas pour fi­nan­cer les dé­penses. Dans ce do­maine, la ré­flexion, après la ré­vo­lu­tion, est de­ve­nue in­co­hé­rente, car on aug­mente d’abord les dé­penses et en­suite on se de­mande comment les fian­cer. Pour­quoi ne pas ren­ver­ser cette approche. Il faut chan­ger ra­di­ca­le­ment notre ma­nière de gé­rer l’ar­gent et de l’orien­ter. Mais il reste que le plus im­por­tant de notre ré­flexion doit por­ter sur la des­ti­na­tion des dé­penses, faire la part entre celles qui sont utiles et les autres, iden­ti­fier les dé­penses qui n’ont au­cun ef­fet sur l’éco­no­mie et la so­cié­té tu­ni­sienne.

POUR­QUOI RE­COU­RIR À L’EN­DET­TE­MENT ?

En dé­fi­ni­tive, avons-nous vrai­ment un pro­blème avec le FMI ou bien ne de­vrions-nous pas nous en prendre qu’à notre gou­ver­nance de la chose pu­blique ? Pour Ch­koun­da­li, c’est un pro­blème de pure gou­ver­nance. Le FMI a une boîte noire claire, des me­sures typiques qui ne prennent pas en consi­dé­ra­tion les ca­rac­té­ris­tiques du pays ni la pé­riode par la­quelle il passe. “Les conseillers du Chef du gou­ver­ne­ment doivent com­prendre que notre éco­no­mie est tri­bu­taire des ques­tions dé­li­cates de sta­bi­li­té et que nos dé­bats avec le FMI partent dé­fa­vo­ri­sés quand nous avons des problèmes ré­cur­rents d’in­sta­bi­li­té. En­suite, il faut qu’ils se posent les bonnes ques­tions : pour­quoi re­cou­rir à l’en­det­te­ment ? Pour fi­nan­cer des in­ves­tis­se­ments pu­blics ? Et si le gou­ver­ne­ment oriente toute la dette vers l’in­ves­tis­se­ment pu­blic, pou­vons-nous ac­tuel­le­ment at­tendre une re­lance de l’in­ves­tis­se­ment pri­vé ? Notre po­li­tique budgétaire est-elle in­ci­ta­tive pour l’in­ves­tis­se­ment pri­vé ? Comment faire sans aug­men­ta­tion des ex­por­ta­tions, car nos dettes sont payables en de­vises fortes ? Al­lons-nous vendre les biens du pays pour y faire face ?”, ajoute Ch­koun­da­li. A toutes ces in­ter­ro­ga­tions, nous ajou­tons une autre : que faire pour ren­ver­ser la va­peur? “Il faut ra­tio­na­li­ser les dé­penses, mul­ti­plier les au­dits des en­tre­prises pu­bliques ; il faut opé­rer des re­grou­pe­ments au ni­veau des en­tre­prises pu­bliques, au ni­veau de cer­tains sec­teurs comme la re­cherche scien­ti­fique. Nous de­vons opé­rer des fu­sions entre pu­blic et pri­vé... Il y a énor­mé­ment de ma­té­riel qui n’est pas en train d’être uti­li­sé car il re­lève de telle ou telle en­ti­té et si nous par­ve­nons à créer des mé­ca­nismes de “par­tage”, nous fe­rons des éco­no­mies in­ima­gi­nables. Pour­quoi im­por­ter des ma­té­riels que l’on fi­nit par ne pas uti­li­ser”, ré­pond-t-il.

LES VOIES DE LA BONNE GOU­VER­NANCE

Pour conclure, nous de­man­dons à notre in­ter­lo­cu­teur s’il a des conseils à don­ner au Chef du gou­ver­ne­ment après son en­ga­ge­ment dans la lutte an­ti-cor­rup­tion, et sa ré­ponse

fuse im­mé­dia­te­ment : “Il nous faut en ur­gence un nou­veau mi­nistre des Fi­nances et un nou­veau mi­nistre de l’Em­ploi parce que nous don­nons ac­tuel­le­ment de mau­vais signes au FMI en ma­tière de lea­der­ship. Nous de­vons me­ner la ges­tion des fi­nances pu­bliques au­tre­ment, en em­prun­tant les voies de la bonne gou­ver­nance”, nous ré­pond-il. Sur les conseils plus struc­tu­rels, si l’on ose dire, Rid­ha Ch­koun­da­li pose en pre­mier qu’au lieu de pré­ci­pi­ter les ré­formes qui peuvent ne pas avoir un ef­fet di­rect sur l’in­ves­tis­se­ment pri­vé, il fau­drait ac­cor­der beau­coup plus d’im­por­tance aux fac­teurs qui ont un ef­fet di­rect sur le cli­mat des af­faires. Se­cun­do, me­ner une ré­flexion pro­fonde sur l’agri­cul­ture parce que tel est le sec­teur qui peut avoir de grands ef­fets sur l’éco­no­mie en gé­né­ral et sur la so­cié­té tu­ni­sienne, tout en nous as­su­rant au pays une cer­taine sé­cu­ri­té. Ter­tio, re­pen­ser le tou­risme en pro­fon­deur, dans le sens de la di­ver­si­fi­ca­tion des pro­duits. Et puis en­cou­ra­ger de toutes les ma­nières pos­sibles la ré­con­ci­lia­tion en Li­bye, ar­rê­ter im­mé­dia­te­ment les im­por­ta­tions in­utiles, en­ta­mer une grande ré­forme de la Douane, en­cou­ra­ger le conte­nu à va­leur de sa­voir et don­ner un grand bond en avant à la re­cherche scien­ti­fique, pour­suivre la cam­pagne d’éra­di­ca­tion de la contrebande.

CHANGEMENT de cap pour le groupe Pou­li­na. Après avoir bâ­ti tout un em­pire au­tour de l’oeuf, le groupe fa­mi­lial compte renforcer son po­si­tion­ne­ment sur d’autres sec­teurs

por­teurs. «Le sec­teur des ma­té­riaux de construc­tion fait par­tie de nos nouvelles prio­ri­tés. C’est l’un des prin­ci­paux axes de dé­ve­lop­pe­ment de notre groupe dans les an­nées à

ve­nir», af­firme Ab­del­wa­heb Ben Ayed, fon­da­teur et P-dg de Pou­li­na Group Hol­ding, lors de la com­mu­ni­ca­tion fi­nan­cière te­nue au siège de la so­cié­té. Se­lon Ben Ayed, Pou­li­na va ré­pondre à une ré­vo­lu­tion du bâ­ti­ment que connaî­tra non seu­le­ment la Tu­ni­sie, mais aus­si l’Afrique vers la­quelle les ma­té­riaux de construc­tion se­ront ex­por­tés. «Nous avons mis en place un plan d’in­ves­tis­se­ment de 1 mil­liard

de di­nars sur 10 ans», pré­cise Ben Ayed, ex­pli­quant que les chan­tiers sont lan­cés et les ter­rains sont en train d’être ache­tés. «Nous es­ti­mons que la pre­mière usine de fa­bri­ca­tion de briques éco­lo­giques en­tre­ra en pro­duc­tion en mai 2018. Une grande in­no­va­tion qui ré­vo­lu­tion­ne­ra le sec­teur de la construc­tion en Tu­ni­sie». D’ailleurs, pour les trois pro­chaines an­nées, Ben Ayed pré­voit une évo­lu­tion moyenne de 5,4% des re­ve­nus conso­li­dés soit 1.783MD pré­vus en 2017, puis 1.917MD en 2018 et 1997MD en 2019. Pou­li­na table sur une crois­sance moyenne de 7,4% pour la marge brute. L’Ebit­da devrait suivre un Tcam de 8,9% d’ici 2019, soit 284MD cette an­née, 327MD en 2018 et 343MD en 2019. S’agis­sant des pers­pec­tives d’ave­nir, le groupe pré­voit de bou­cler en 2020 son plan d’in­ves­tis­se­ment en­ta­mé en 2012 et qui au­ra mo­bi­li­sé au to­tal 1.647MD. Le groupe a in­ves­ti pour 154 MD en 2016 et pré­voit d’en­ga­ger une en­ve­loppe de 192MD en 2017, puis 195MD en 2018, pour at­teindre 218MD en 2019 et 175MD en 2020.

UN MIL­LIARD DE DI­NARS D’IN­VES­TIS­SE­MENT

Pour la pé­riode 2017-2020, Pou­li­na GH consa­cre­ra en moyenne 44% de ses in­ves­tis­se­ments à l’in­té­gra­tion avi­cole, dont la part bais­se­ra au pro­fit des ma­té­riaux de construc­tion, ap­pe­lés à de­ve­nir le nou­veau che­val de ba­taille du groupe, et qui consom­me­ra 38% des in­ves­tis­se­ments sur les trois pro­chaines an­nées, et mo­bi­li­se­ra en tout plus d’un mil­liard de di­nars sur 10 ans ; Ab­del­wa­hab Ben Ayed en­tend faire de son groupe un lea­der na­tio­nal dans le sec­teur avec une grande place ac­cor­dée à l’ex­port. Le groupe conti­nue, par ailleurs, à in­ves­tir dans l’éner­gie, pro­dui­sant ac­tuel­le­ment 25 MGW et vi­sant le dou­ble­ment de sa ca­pa­ci­té à terme ; le di­ri­geant a, à ce pro­pos, dé­plo­ré l’im­mo­bi­lisme des au­to­ri­tés pour en­cou­ra­ger ces ini­tia­tives, avec des lois an­ciennes et han­di­ca­pantes. Rap­pe­lons qu’à fin 2016, le chiffre d’af­faires du groupe a at­teint 1.705MD, en hausse de 6,1% par rap­port à 2015, la marge brute a aug­men­té de 12% sur la même pé­riode, l’Ebit­da a évo­lué de 17,8%, et l’Ebit de 18,11%. Le ré­sul­tat net conso­li­dé hors contri­bu­tion conjonc­tu­relle s’est amé­lio­ré de 27,1% à 101,7MD. Le groupe a fi­na­le­ment gé­né­ré un bé­né­fice de 90,7MD, en­re­gis­trant une hausse de 13,4% par rap­port à 2015, mal­gré la contri­bu­tion conjonc­tu­relle dont le taux a avoi­si­né les 12% au lieu des 7,5% pré­vus par la loi, et d’une pro­vi­sion de 8,5MD sur la fi­liale Pou­li­na Bâ­ti­ments, opé­rant sur la Li­bye. Entre 2015 et 2016, la dette nette du groupe a pro­gres­sé de 6,7% et to­ta­lise 1.123MD do­mi­né à 76% par les dettes à long terme, le ni­veau du gea­ring est pas­sé de 167 à 166,7%. Ben Ayed, aler­té sur ce ni­veau ex­ces­sif de la dette, a vou­lu ré­pondre que ce ni­veau d’en­det­te­ment devrait être consi­dé­ré comme un le­vier mul­ti­pli­ca­teur pour le groupe, rap­pe­lant que Pou­li­na n’a ja­mais eu d’in­ci­dents ban­caires en 50 ans d’exis­tence.«L’exer­cice der­nier était ce­lui de l’équi­libre où tous les grands mé­tiers du groupe ont com­men­cé à se ré­ta­blir des ef­fets de la ré­vo­lu­tion», af­firme Ab­del­wa­hab Ben Ayed, pré­sident du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion, rap­pe­lant qu’en 2011, le groupe avait su­bi un dé­cro­chage de 71MD par rap­port à ses pré­vi­sions ; un re­tard que le groupe oeuvre à es­tom­per pe­tit à pe­tit. «La plu­part des ra­tios sont d’ailleurs re­ve­nus au ni­veau de 2010», a-t-il ex­pli­qué, ajou­tant qu’un re­tour à la nor­male en Li­bye se tra­dui­ra par un gain de 2 à 3 points en Ebit­da.

CLÔ­TURE DES SOUSCRIPTIONS

La so­cié­té Tu­ni­sie Lea­sing porte an­nonce que les souscriptions à l’em­prunt obli­ga­taire «TL 2017-1» de 30 mil­lions de di­nars, sus­cep­tible d’être por­té à un maxi­mum de 40 mil­lions, ou­vertes au pu­blic le 21 mars der­nier, ont été clô­tu­rées le 7 juin, pour un mon­tant de 37 mil­lions de di­nars.

DES PERTES EN BAISSE

La so­cié­té AeTech vient de pu­blier ses états fi­nan­ciers 2016 tels qu’ils se­ront sou­mis à l’ap­pro­ba­tion de l’as­sem­blée gé­né­rale or­di­naire qui se tien­dra le 22 juin.La so­cié­té af­fiche un ac­crois­se­ment de 12,5% de ses re­ve­nus pour s’éta­blir à 15,8 mil­lions de di­nars contre 14,1MD un an plus tôt. En re­vanche, les charges d’ex­ploi­ta­tion ont aug­men­té de 11,5% pour at­teindre 16,1MD contre 14,4MD en 2015.Le ré­sul­tat d’ex­ploi­ta­tion res­sort ain­si dé­fi­ci­taire de 249.431 di­nars contre -352.242 di­nars en 2015. AeTech a en ef­fet ac­cu­sé en 2016 une perte ne e de 541.447 di­nars contre un dé­fi­cit net de 1,2MD une an­née au­pa­ra­vant.

PRÉ­VI­SIONS AMBITIEUSES

Se­lon son di­rec­teur gé­né­ral, Ma­j­di Zar­kou­na, le chiffre d’af­faires conso­li­dé de Ser­vi­com devrait pas­ser de 70,1 à 77,6MD, tan­dis que l’Ebit­da re­cu­le­ra de 15,3 à 13,8MD. La marge d’ex­ploi­ta­tion bais­se­ra de 13,1 à 9,6%, les charges fi­nan­cières ne es de­vraient, en re­vanche, bais­ser sen­si­ble­ment, de 6,1 à 4,4MD. Par mé­tier, le chiffre d’af­faires de l’ac­ti­vi­té tra­vaux pu­blics devrait at­teindre 52,9MD, en hausse de 8,4% ; ce­lui de l’ac­ti­vi­té chauf­fage et cli­ma­ti­sa­tion est pré­vu à 9,5MD contre 8,4MD en 2017 alors que l’ac­ti­vi­té as­cen­seurs devrait gé­né­rer 10MD de re­ve­nus contre 7,9MD. En­fin, l’ac­ti­vi­té IT/Té­lé­com af­fi­che­ra se­lon les pré­vi­sions un CA de 5MD, contre 4,5MD en 2016.

NOU­VELLE DÉNOMINATION

Axis Ca­pi­tal Ges­tion an­nonce avoir mo­di­fié sa dénomination so­ciale. La fi­liale tu­ni­sienne du groupe ma­ro­cain Bcme Bank s’ap­pelle dé­sor­mais Bmce Ca­pi­tal As­set Ma­na­ge­ment. Le groupe ban­caire, prin­ci­pa­le­ment ins­tal­lé en Afrique et di­ri­gé par Oth­man Ben­jel­loun, avait ou­vert sa fi­liale tu­ni­sienne en 2006. Ce changement de dénomination devrait perme re à la fi­liale tu­ni­sienne de bé­né­fi­cier du pres­tige de la mai­son-mère.

PRO­DUC­TION EN HAUSSE

Pour l’an­née en cours, Adwya mo­bi­li­se­ra 4 MD d’in­ves­tis­se­ment contre 3,3 MD en 2016, un mon­tant qui ne prend pas en compte le pro­jet gam­ma qui coû­te­ra au to­tal plus de 15MD. Le pro­jet consis­te­ra en la mise en place de 2 uni­tés pour les pro­duits pour in­ha­la­tion d’une part, et les pro­duits oph­tal­miques et so­lu­tions na­sales d’autre part. Les nouvelles uni­tés au­ront une ca­pa­ci­té ins­tal­lée de 5 mil­lions de boîtes an­nuel­le­ment. Le dé­mar­rage de la com­mer­cia­li­sa­tion est pré­vu pour 2018. D’un autre cô­té, 6 nou­veaux lan­ce­ments sont pro­gram­més pour l’an­née en cours. Le ma­na­ge­ment es­père por­ter la pro­duc­tion à 22 mil­lions de boîtes, et table sur une hausse de 4% du chiffre d’af­faires, pour re­ve­nir au ni­veau de 2015. La marge sur coût ma­tière devrait pro­gres­ser de 11% et l’ex­cé­dent brut d’ex­ploi­ta­tion de 18%. Adwya pré­voit une hausse de 40% du ré­sul­tat opé­ra­tion­nel et de 40% du ré­sul­tat net, pour a eindre 4MD.

UN DÉ­FI­CIT DE 2,3MD

Les états fi­nan­ciers conso­li­dés au 31 dé­cembre 2016 de GIF Fil­ter font ap­pa­raître des re­ve­nus de 11,734 mil­lions de di­nars contre 12 MD à fin 2015, en­re­gis­trant un re­cul de 2,87%. Le to­tal des charges d’ex­ploi­ta­tion a en re­vanche pro­gres­sé de 13,3 à 13,6 mil­lions de di­nars. Le groupe af­fiche ain­si un ré­sul­tat d’ex­ploi­ta­tion dé­fi­ci­taire à -1,914 mil­lion de di­nars contre -1,157 MD à fin 2015. Le ré­sul­tat net part du groupe s’est éta­bli à -2.347MD contre -1.340 MD en 2015.

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