IDRISS GHARBI, CHEF DU BU­REAU FRON­TA­LIER DES OPÉ­RA­TIONS COM­MER­CIALES DU PORT DE RA­DÈS « PAR­LONS COR­RUP­TION, À CHA­CUN SA VÉ­RI­TÉ ! »

La douane est per­çue par une grande par­tie des ac­teurs éco­no­miques comme une struc­ture par­mi les plus cor­rom­pues. Au sein du Port de Ra­dès, les res­pon­sables de la douane sont ac­cu­sés, faus­se­ment ou à juste titre, d’être à l’ori­gine d’une par­tie de la corr

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE - Pro­pos recueillis par Me­riem KHDIMALLAH Pho­tos : Hi­chem GOUIAA

L’EN­LÈ­VE­MENT DES MAR­CHAN­DISES AU PORT DE RA­DÈS CONSTI­TUE, SE­LON LES AC­TEURS ÉCO­NO­MIQUES, UN HAN­DI­CAP MA­JEUR DANS LE CIR­CUIT DU COM­MERCE EX­TÉ­RIEUR. QU’EN PEN­SEZ-VOUS ?

Mal­heu­reu­se­ment, les ac­teurs éco­no­miques n’ar­rêtent pas de se plaindre de la com­plexi­té et de la len­teur des pro­cé­dures doua­nières au sein du port de Ra­dès, consi­dé­ré comme un vé­ri­table pou­mon du com­merce ex­té­rieur de la Tu­ni­sie. Mais il faut dire la réa­li­té des choses et ex­pli­quer aux hommes d’af­faires et à tout le monde qu’il n’est pas du seul res­sort de la douane d’ac­cor­der l’au­to­ri­sa­tion d’en­lè­ve­ment de la mar­chan­dise. Si cer­tains pro­duits mettent lar­ge­ment plus de temps que pré­vu dans les lo­caux de l’Of­fice de la ma­rine mar­chande et des ports (Ommp), ce­la peut être dû à un pro­blème ex­té­rieur à la douane. Il pour­rait, à titre d’exemple, être du res­sort du contrôle tech­nique qui re­vient au mi­nis­tère de l’In­dus­trie et du Com­merce. Cha­cun doit, donc, faire son tra­vail et nous, nous de­vons faire le nôtre. Il faut dé­fi­nir où com­mence et où s’ar­rête la res­pon­sa­bi­li­té de cha­cun d’entre nous pour évi­ter la confu­sion des tâches, les doubles em­plois, les in­ef­fi­ca­ci­tés et les coûts sup­plé­men­taires. Je peux même vous as­su­rer que la pro­cé­dure de dé­doua­ne­ment ne prend plus qu’une moyenne de 24 heures si la mar­chan­dise à quai est bien dé­cla­rée par son im­por­ta­teur. Il faut, bien évi­dem­ment,

que toutes les pro­cé­dures lé­gales soient res­pec­tées et que toutes les condi­tions soient rem­plies. Mais le par­fait n’existe pas et des ex­cep­tions pour­raient sur­ve­nir avec, no­tam­ment, la ca­pa­ci­té li­mi­tée du port de Ra­dès qui peine à gé­rer l’en­com­bre­ment des conte­neurs. Mal­heu­reu­se­ment, à nos jours, on conti­nue à en­re­gis­trer des re­tards et len­teurs dans les ré­cep­tion et li­vrai­son des mar­chan­dises et cer­taines com­mandes res­tent blo­quées plu­sieurs mois.

POUR­RIEZ-VOUS NOUS CLA­RI­FIER DA­VAN­TAGE LES PRO­CÉ­DURES À SUIVRE AU SEIN DU PORT ?

Il est à pré­ci­ser que les mar­chan­dises par­ve­nues à la douane font l’ob­jet d’un triage au­to­ma­tique par Sin­da (Sys­tème d’in­for­ma­tion doua­nier au­to­ma­ti­sé) en fonc­tion de cer­tains cri­tères, no­tam­ment de la na­ture du pro­duit et de l’im­por­ta­teur. Le tri dé­bouche sur un sys­tème de cou­loirs : le «cou­loir vert» pour les mar­chan­dises ne pré­sen­tant au­cun risque (vé­ri­fi­ca­tion som­maire des do­cu­ments), le «cou­loir orange» pour les risques moyens (contrôle nor­mal), le «cou­loir rouge» pour les risques ex­trêmes (vi­site in­té­grale). L’ins­pec­tion peut consis­ter à ra­dio­gra­phier l’en­semble du conte­neur, mais éga­le­ment à la ra­dio­gra­phie ou à l’ou­ver­ture de chaque co­lis. Les mar­chan­dises ins­pec­tées re­çoivent une au­to­ri­sa­tion pro­vi­soire d’en­lè­ve­ment qui per­met leur sto­ckage en vue de contrôles sup­plé­men­taires ou une au­to­ri­sa­tion de mise à la consom­ma­tion. Cette der­nière peut prendre jus­qu’à 11 jours. Sur un to­tal de 400 dé­cla­ra­tions par jour, le cou­loir vert ac­ca­pare la part du lion avec un taux de 60% contre 20% pour les deux autres cou­loirs. On ajoute à tout ce­la l’exis­tence d’un gui­chet unique au sein du port de Ra­dès. Ce der­nier ac­cueille tous les in­ter­ve­nants dans les pro­cé­dures du com­merce ex­té­rieur, pour ré­duire en­core plus les sé­jours au port et fa­ci­li­ter la tâche aux pro­fes­sion­nels du sec­teur. L’ac­cent a été mis aus­si sur la no­tion de l’Opé­ra­teur éco­no­mique agréé (OEA), une no­tion adop­tée par l’Or­ga­ni­sa­tion mon­diale des douanes et qui re­pose sur des re­la­tions de confiance entre l’ad­mi­nis­tra­tion doua­nière et les opé­ra­teurs éco­no­miques fon­dées sur des bases scien­ti­fiques bien dé­fi­nies.

THÉORIQUEMENT, TOUT EST POS­SIBLE MAIS, SUR TER­RAIN, LES RÉA­LI­SA­TIONS SONT DIF­FI­CILES À METTRE EN ROUTE

Au sein du Port de Ra­dès et de la douane, on ne laisse rien au ha­sard. D’après les chiffres qui nous ont été com­mu­ni­qués, les re­cettes bud­gé­taires de la douane ont en­re­gis­tré une aug­men­ta­tion stable. En 2011, elles ont at­teint 1.026 mil­lions de di­nars contre 1.119 MDT en 2013 et 1.125 MDT en 2016. Pour cette an­née, les re­cettes bud­gé­taires se sont éle­vées, jus­qu’au 31 août, à 874 mil­lions de di­nars. Se­lon les pré­vi­sions, on peut dé­pas­ser la barre de 1.300 mil­lions de di­nars d’ici la fin de l’an­née. Les re­cettes pro­ve­nant des pro­cès-ver­baux ont, à leur tour, en­re­gis­tré une hausse

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