DE NOU­VELLES PISTES D’AC­TIONS À EX­PLO­RER

Les in­di­ca­teurs dans le do­maine du trans­port montrent que 80% du com­merce ex­té­rieur de la Tu­ni­sie passent par la mer. Plus de 80 en­tre­prises de tran­sit et plus de 400 en­tre­prises ma­ri­times et por­tuaires par­ti­cipent aux opé­ra­tions d’im­por­ta­tion et d’ex­port

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE - Par Na­joua HIZAOUI

A po­si­tion de la Tu­ni­sie en plein mi­lieu de la Mé­di­ter­ra­née offre des avan­tages com­pa­ra­tifs in­con­tour­nables en termes de proxi­mi­té du grand mar­ché eu­ro­péen, de mi­toyen­ne­té des prin­ci­pales routes ma­ri­times mé­di­ter­ra­néennes et de po­si­tion­ne­ment en tant que tête de pont oeu­vrant sur le grand es­pace magh­ré­bin et nord-afri­cain. La Tu­ni­sie a mis en place un plan d’ac­tion vi­sant à ser­vir de ma­nière ef­fi­ciente tant ses ex­por­ta­tions que le tra­fic gé­né­ré par les en­tre­prises étran­gères im­plan­tées sur son ter­ri­toire. Ce plan est axé sur l’adap­ta­tion et la mo­der­ni­sa­tion de l’in­fra­struc­ture ma­ri­time, aé­rienne et fer­ro­viaire, la li­bé­ra­li­sa­tion des échanges ma­ri­times et rou­liers des mar­chan­dises et la ré­forme por­tuaire. Avec cent mille se­mi-re­morques par an, une soixan­taine de trans­por­teurs TIR (trans­por­teurs in­ter­na­tio­naux rou­liers) et plus de 80 transitaires, tra­dui­sant la réa­li­té du trans­port mul­ti­mo­dal, la Tu­ni­sie est ap­pe­lée à dé­ve­lop­per son ré­seau pour sa­tis­faire l’ac­crois­se­ment sou­te­nu des échanges ex­té­rieurs, no­tam­ment avec l’Eu­rope. Elle en­tend ti­rer pro­fit de son avan­tage éco­no­mique com­pa­ra­tif lié à sa po­si­tion géo­gra­phique, via une maî­trise de la lo­gis­tique in­té­grée. Il est à no­ter qu’à l’ac­tif du sec­teur du trans­port ma­ri­time, 23 lignes re­liant les ports tu­ni­siens aux prin­ci­paux ports mé­di­ter­ra­néens et eu­ro­péens. Des na­vires ra­pides, of­frant les ca­pa­ci­tés né­ces­saires, as­surent le trans­port ma­ri­time des mar­chan­dises, dans le res­pect des règles de sé­cu­ri­té et de l’en­vi­ron­ne­ment.

CA­RENCES DES SER­VICES POR­TUAIRES

Le port de Ra­dès, ce­pen­dant, connaît de­puis quelques an­nées une dé­gra­da­tion conti­nue des ser­vices ren­dus aux opé­ra­teurs éco­no­miques (im­por­ta­teurs, ex­por­ta­teurs, ar­ma­teurs, transitaires...) au point de de­ve­nir un vé­ri­table gou­lot d’étran­gle­ment du dé­ve­lop­pe­ment du com­merce ex­té­rieur et un han­di­cap ma­jeur pour les en­tre­prises ex­por­ta­trices. Cette dé­gra­da­tion se ma­ni­feste à tra­vers les constats sui­vants: - un rythme de dé­char­ge­ment et de char­ge­ment des na­vires par­mi les plus lents des ports mé­di­ter­ra­néens ; -une at­tente en rade très longue ; -une désor­ga­ni­sa­tion ma­ni­feste sur le ter­rain : grande dif­fi­cul­té à iden­ti­fier l’em­pla­ce­ment des conte­neurs ; - mul­ti­pli­ca­tion des na­vires de re­morque

et conte­neurs ; - vé­tus­té et in­dis­po­ni­bi­li­té fré­quentes

des ma­té­riels de ma­nu­ten­tion ; - in­adé­qua­tion des cours im­po­sés aux in­ter­ve­nants avec le ser­vice ren­du ; - re­cours fré­quent à la sai­sie des na­vires. Se­lon M. Nou­red­dine Fer­chi­chi, re­pré­sen­tant de la So­cié­té com­mer­ciale tu­ni­sienne de trans­port in­ter­na­tio­nal de mar­chan­dise (So­co­tu), il est né­ces­saire d’amé­lio­rer la qua­li­té des ser­vices ren­dus dans les ports

La Tu­ni­sie souffre de l’ab­sence d’une offre glo­bale et com­plète des ser­vices lo­gis­tiques, de pôles de spé­cia­li­sa­tion lo­gis­tique et ma­ri­time à proxi­mi­té des aé­ro­ports, des ports ou des zones de tran­sit, et, en­fin, d’une flotte mal adap­tée aux normes.

Le port de Ra­dès, ce­pen­dant, connaît de­puis quelques an­nées une dé­gra­da­tion conti­nue des ser­vices ren­dus aux opé­ra­teurs éco­no­miques (im­por­ta­teurs, ex­por­ta­teurs, ar­ma­teurs, transitaires...) au point de de­ve­nir un vé­ri­table gou­lot d’étran­gle­ment du dé­ve­lop­pe­ment du com­merce ex­té­rieur et un han­di­cap ma­jeur pour les en­tre­prises ex­por­ta­trices.

en créant des zones de libre- échange pour les conte­neurs et les re­morques et une zone spé­ci­fique dans l’hin­ter­land du port pour le dé­doua­ne­ment des voi­tures neuves im­por­tées. Il s’agit éga­le­ment d’amé­lio­rer la pro­cé­dure de trai­te­ment des ava­ries, de don­ner plus d’au­to­no­mie aux ports ré­gio­naux, de créer plus de concur­rence dans la ma­nu­ten­tion por­tuaire et d’oeuvre à ré­duire les dé­lais de dé­doua­ne­ment en vue de les rap­pro­cher des normes in­ter­na­tio­nales. M. Fer­chi­chi pré­cise que des pistes d’ac­tions sont à ex­plo­rer en vue de mas­si­fier les flux de mar­chan­dises et re­pen­ser les ré­seaux de dis­tri­bu­tion, dé­ve­lop­per le ré­seau na­tio­nal in­té­gré mul­ti-flux (pla­te­formes, conte­neurs, pla­te­formes de ser­vices lo­gis­tiques, pla­te­formes agroa­li­men­taires...), re­pen­ser la lo­gis­tique ur­baine .... Par ailleurs, et d’après le rap­port éla­bo­ré ré­cem­ment par l’Ocde, la Tu­ni­sie souffre de l’ab­sence d’une offre glo­bale et com­plète des ser­vices lo­gis­tiques, de pôles de spé­cia­li­sa­tion lo­gis­tique et ma­ri­time à proxi­mi­té des aé­ro­ports, des ports ou des zones de tran­sit, et, en­fin, d’une flotte mal adap­tée aux normes. Se­lon la même source, les in­fra­struc­tures et les ser­vices lo­gis­tiques sont peu adap­tés aux nou­velles ten­dances mon­diales et de­meurent re­la­ti­ve­ment peu com­pé­ti­tifs. Les ser­vices de trans­port ma­ri­time, en par­ti­cu­lier, n’ont pas pu se mo­der­ni­ser, ce qui a conduit à une perte de com­pé­ti­ti­vi­té dans le sec­teur de la lo­gis­tique par rap­port à d’autres pays émer­gents.

LES IN­DI­CA­TEURS DE PER­FOR­MANCE AU PORT DE RA­DÈS 2017

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