EL MAN­GAÂ PLAGE SE­CRÈTE ET DÉ­LICES D’AR­RIÈRE-SAI­SON

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE -

On ne fait que le ré­pé­ter à lon­gueur d’an­née : les sai­sons ne sont plus les sai­sons. Elles s’al­longent ou se rac­cour­cissent ; s’in­ter­pé­nètrent et per­mutent. Bref : on ne sait plus où on en est. Bien heu­reux en­core que le ca­len­drier ad­mi­nis­tra­tif soit là pour nous ai­der à nous re­pé­rer. Ce ca­len­drier-là nous in­dique que, de­puis la se­maine der­nière, nous sommes en­trés en sai­son pré-au­tom­nale. Sans orages et sans pluies pour la­ver les meules de foin

avec seule­ment cette cha­leur hu­mide pro­pice au mû­ris­se­ment des coings et des gre­nades. Et, tant qu’à faire, au­tant conti­nuer à se com­por­ter en es­ti­vant, du moins dans ces creux du mois qu’on ap­pelle week-ends. Pour jouir plei­ne­ment de cette «pro­lon­ga­tion de par­tie», nous vous convie­rons, cette se­maine, à une es­ca­pade en mi­lieu bal­néaire ré­ser­vé aux seuls ini­tiés dont vous fe­rez dé­sor­mais par­tie. Il s’agit du lieu-dit el-Man­gaâ. Je vous l’ac­corde : l’ap­pel­la­tion (le ma­rais) au­rait plu­tôt de quoi vous en dé­tour­ner. Et c’est peut-être bien pour­quoi cette baie coin­cée entre Ras Far­tas et Port Prince, sur la côte-nord du Cap Bon, est res­tée pré­ser­vée. Si l’on s’y rend en ve­nant de la ca­pi­tale, il faut se di­ri­ger vers la lo­ca­li­té de So­li­man et, de là, em­prun­ter la route qui mène vers el-Haoua­ria. A hau­teur de Bir Mroua (20 km), prendre la dé­via­tion de gauche, di­rec­tion el-Bkak­cha. Au km 6, une nou­velle bi­fur­ca­tion, tou­jours sur la gauche, conduit à notre des­ti­na­tion, 5 km plus loin. Tour­nant le dos à la route prin­ci­pale, on s’en­gage par­mi les co­teaux où flam­boient dé­jà les cou­leurs chaudes de l’au­tomne dans les feuilles rou­geoyantes de la vigne. Un spec­tacle sai­sis­sant qui ra­conte tout à la fois la gé­né­ro­si­té et le dé­noue­ment dra­ma­tique d’une tranche de la vie de la vigne. Nous cô­toyons le pe­tit bar­rage sur l’oued el-Hmam, édi­fié voi­là une dou­zaine d’an­nées et qui, à l’ins­tar de ses ho­mo­logues un peu par­tout dans le pays, hurle sa soif en ces temps de sé­che­resse pro­lon­gée.

Et la plage ? Elle est pré­ci­sé­ment der­rière ces hau­teurs qui cernent le bar­rage, di­rec­tion nord. Et, pour s’y rendre, il faut s’ar­mer de pa­tience, quand la route s’ar­rête à hau­teur du bar­rage qui en est le vé­ri­table des­ti­na­taire. Il faut en­core par­cou­rir un km et de­mi de piste avant de de­voir aban­don­ner son vé­hi­cule et par­cou­rir en­vi­ron 200 mètres à pied pour re­joindre ce mi­ni-golfe qui a sur­gi en cours de route et que pro­tège, au nord, un cap Ras Far­tas, pla­cide, avan­çant avec as­su­rance dans les flots. La plage est our­lée d’un beau ru­ban de sable blanc et s’étire en di­rec­tion de l’est en ca­res­sant quelques blocs de roches plates avant de se cour­ber à nou­veau pour des­si­ner une nou­velle anse. L’eau y est cris­tal­line par ce calme plat et, hor­mis les chants d’oi­seaux et les cris des mouettes, rien ne vient trou­bler la sé­ré­ni­té de ce ta­bleau. Une ex­cur­sion sur les hau­teurs par­se­mées d’herbes aro­ma­tiques et qui sur­plombent l’anse conduit à un ra­vin au fond du­quel ser­pente un fi­let d’eau pro­ve­nant de sources si­tuées en amont, dans le ma­quis. Mais ici, à l’em­bou­chure de l’oued, au­jourd’hui à sec, et dont les eaux sont re­te­nues par le bar­rage, par­mi la roche blanche, lis­sée par l’éro­sion, sourde une source qui sert à l’ali­men­ta­tion du voi­si­nage. On l’ap­pelle Aïn el-Kher­ba.

Newspapers in French

Newspapers from Tunisia

© PressReader. All rights reserved.