BORHÈNE DHAOUA­DI, PRÉ­SIDENT-FON­DA­TEUR DE L’AS­SO­CIA­TION BI­ZERTE 2050

QUAND BI­ZERTE SE RÊVE EN SMART CI­TY

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE -

ché lo­cal pour convaincre les grands groupes et so­cié­tés de par­ti­ci­per au sa­lon de Bar­ce­lone pour vendre leur sa­voir-faire à l’in­ter­na­tio­nal. Avec la con­fir­ma­tion ac­tuelle d’une di­zaine d’en­tre­prises, nous se­rons ac­com­pa­gnés par notre éco­sys­tème bi­zer­tin et tu­ni­sien pour pré­sen­ter notre pro­jet de ville in­tel­li­gente et le sa­voir-faire lo­cal. Donc, après la réus­site de la pre­mière édi­tion de Bi­zerte Smart Ci­ty qui porte le même nom du pro­jet, Bar­ce­lone est notre deuxième fer de lance pour pré­sen­ter le pro­jet à l’échelle in­ter­na­tio­nale et cap­ter des par­te­na­riats in­ter­na­tio­naux. Mais il est à no­ter que d’autres or­ga­ni­sa­tions fi­nan­cières in­ter­na­tio­nales à l’ins­tar de la BAD, la Berd, la BEI… nous ont contac­té pour éta­blir un par­te­na­riat avec nous. Le choix entre ces éta­blis­se­ments de­vrait ser­vir l’in­té­rêt de la ré­gion et du pays d’une ma­nière gé­né­rale. Bi­zerte Smart Ci­ty est un pro­jet trans­ver­sal qui touche tous les do­maines et à terme l’en­semble de la ré­gion.On est, éga­le­ment, en train de pré­pa­rer la deuxième édi­tion de Bi­zerte Smart Ci­ty qui se­ra or­ga­ni­sée au pa­lais des congrès de Bi­zerte. On table sur la pré­sence de 10.000 per­sonnes. Il est pré­vu d’or­ga­ni­ser 12 pa­nels spé­ci­fiques sur trois jours (agri­cul­ture, in­dus­trie, lo­gis­tique, san­té…). Je le dis la tête haute : Bi­zerte ose être in­tel­li­gente et nous avons osé nous at­ta­quer à la ville avec sa com­plexi­té.

UN TEL PRO­JET NÉ­CES­SITE FOR­CÉ­MENT DES MIL­LIONS DE DI­NARS. QUEL EST LE COÛT GLO­BAL DE CE PRO­JET ET QUELLES SONT VOS SOURCES DE FI­NAN­CE­MENT ?

Bi­zerte Smart Ci­ty a com­men­cé à prendre forme de­puis 2016. De­puis cette bonne nou­velle, l’as­so­cia­tion «Bi­zerte 2050» vient de créer un compte des­ti­né à ce pro­jet. Par ailleurs, et avec l’aide des deux boîtes de com­mu­ni­ca­tion (gra­phisme et vi­déo), on a pré­pa­ré des dos­siers pour des sub­ven­tions. Avec cet ou­til très im­por­tant, on a com­mu­ni­qué énor­mé­ment sur ce pro­jet et sur­tout on gagne des spon­sors. Les adhé­sions sont donc ou­vertes et bien struc­tu­rées. Pour 2017, notre ob­jec­tif est d’at­teindre 500 co­ti­sa­tions de 100 di­nars, un chiffre qui se­ra ré­vi­sé à la hausse en 2018, pour at­teindre 1.000 co­ti­sa­tions. La pre­mière édi­tion de Bi­zerte Smart Ci­ty a coû­té 130 mille di­nars dont 95 mille di­nars pro­ve­nant du spon­so­ring.Pour le pro­jet de la ville in­tel­li­gente, c’est un in­ves­tis­se­ment de 50 mil­liards d’eu­ros sur 30 ans. On rêve d’un énorme quar­tier vert : 900 ha qui se­ront di­vi­sés en trois par­ties : 300 ha d’es­pace 100% vert, 300 ha d’es­pace vert au sein de l’ur­ba­ni­sa­tion et 300 ha ré­ser­vés au bâ­ti­ment. Cette ville pour­rait ac­cueillir plus de 500 mille ha­bi­tants. Un tel pro­jet pour­rait être réa­li­sé dans d’autres villes à l’ins­tar de Sfax ou Gaf­sa qui, elles-mêmes, veulent lan­cer leurs propres ville in­tel­li­gente.

LA PO­LI­TIQUE UR­BAINE DE LA VILLE N'A PAS VRAI­MENT FAIT SES PREUVES ET LA RÉ­NO­VA­TION TARDE. QU'EST-CE QUE VOUS PRO­PO­SEZ POUR MO­BI­LI­SER CE CONCEPT ?

Le pro­jet du nou­veau pont de Bi­zerte touche le tiers du pé­ri­mètre com­mu­nal. Donc, les quar­tiers qui sont au­tour du pont se­ront im­pac­tés par ce pro­jet et se­ront, par obli­ga­tion, in­té­grés dans un pro­gramme de re­nou­vel­le­ment ur­bain. Le nou­veau pont va, donc, struc­tu­rer l’or­ga­ni­sa­tion de toute la ré­gion et va créer une vraie ro­cade de la ville. Face à ce grand dé­fi, toutes les par­ties concer­nées doivent être fortes pour prendre une dé­ci­sion po­li­tique cou­ra­geuse et ir­ré­ver­sible. Si­non, on va per­mettre à l’anar­chie de rui­ner les nou­veaux axes pour re­ve­nir à la case de dé­part. On a be­soin d’une vraie po­li­tique pour pou­voir gé­rer l’es­pace ur­bain. Ac­tuel­le­ment, on est en train de créer les mé­ca­nismes né­ces­saires pour avoir les moyens pour le lan­ce­ment de ces pro­jets qui pour­raient être fi­nan­cés par l’Etat, à tra­vers des PPP ou bien à tra­vers un ap­pel à can­di­da­tures se­lon un ca­hier des charges. La pré­emp­tion ur­baine est l’un des mé­ca­nismes qui per­met à la ville de pré­emp­ter un es­pace ur­bain. Ce qui per­met­tra d’évi­ter les ventes sous-éva­luées et d’évi­ter, sur­tout, les pro­blèmes de spé­cu­la­tion dans le fu­tur.

VOUS AVEZ ÉTA­BLI UNE ÉTUDE POUR LE TRANS­FERT DE L’AÉ­RO­PORT DE TU­NIS-CAR­THAGE. QUELLES SONT SES GRANDES LIGNES?

La créa­tion d’un nou­vel aé­ro­port est une dé­ci­sion im­por­tante pour an­nu­ler le gas­pillage des de­niers pu­blics pré­vu sur l’aé­ro­port ac­tuel de Tu­nis. Le site qui va ac­cueillir le nou­vel aé­ro­port de­vrait se si­tuer entre les gou­ver­no­rats de Bi­zerte, de La Ma­nou­ba et de l’Aria­na. Il de­vrait avoir une ca­pa­ci­té ini­tiale de 10 mil­lions de pas­sa­gers et pour­rait at­teindre les 20 mil­lions à l’ho­ri­zon 2040.Ce pro­jet va per­mettre aux ré­gions du nord du pays (Grand-Tu­nis, Bi­zerte, Nord-Ouest) de se réunir au­tour d’une nou­velle aire éco­no­mique et de créer un hub mul­ti­mo­dal in­con­tour­nable de trans­port et de lo­gis­tique dans la ré­gion Me­na et en Mé­di­ter­ra­née et as­su­rer le tran­sit des pas­sa­gers et des mar­chan­dises entre l’Eu­rope et l’Afrique. J’es­père qu’il y au­ra un dé­bat na­tio­nal dans ce sens et que l’in­té­rêt de notre pays doit pas­ser avant tout.

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