FLAMBEE DES PRIX DE LA TO­MATE ET DES POMMES DE TERRE QUAND LA «OJJA» DE­VIENT AMERE

La Presse Business (Tunisia) - - ÉDITO - Par Has­sine BOUAZRA

NOUS avons le don de ré­agir sen­ti­men­ta­le­ment à tout. De­puis la nuit des temps, nous sa­vons que cette pé­riode de dé­but d’au­tomne est loin d’être la sai­son pro­pice à la cul­ture et, en­core moins, à la consom­ma­tion des pi­ments la pomme de terre, et, bien plus en­core les to­mates. Nos an­cêtres et tous les nu­tri­tion­nistes re­com­mandent la consom­ma­tion de chaque lé­gume ou fruit du­rant sa sai­son. A l’entre deux sai­son, on man­geait autre chose, mais tout sauf ce qui n’est plus de sai­son. Rien à faire, nous vou­lons, de­puis la gé­né­ra­li­sa­tion de la cul­ture sous serre, tout man­ger à n’im­porte quelle pé­riode de l’an­née aux prix les plus bas, comme si nous avions une seule sai­son éta­lée sur 12 mois et où tout est en abon­dance…

TER­RIBLE SI­TUA­TION ET IR­RA­TION­NEL COM­POR­TE­MENT

Dans moins de 2 se­maines, les pommes de terre nou­velles vont mû­rir et ar­ri­ve­ront sur les étals des mar­chés. Dans l’at­tente, on re­met tout en cause et on se plaint des prix éle­vés de cette den­rée si re­cher­chée et qui ne peut être pro­duite 12 mois sur 12 pour que les ama­teurs des frites bien cro­quantes en consomment au prix le plus bas pos­sible.Pour les to­mates, nous nous trou­vons face à une autre si­tua­tion et de nou­velles contraintes.En ef­fet, comme tout le monde le sait de­puis de longues an­nées et , sur­tout, de­puis l’in­dus­tria­li­sa­tion de la conser­va­tion de nos belles to­mates, «l’ab­sence d’une pré-pro­gram­ma­tion claire entre les agri­cul­teurs pro­duc­teurs de to­mates des­ti­nées à la trans­for­ma­tion et les in­dus­triels ain­si que la hausse du coût et le manque de main d’oeuvre comptent par­mi les prin­ci­pales pro­blé­ma­tiques de la fi­lière des to­mates sai­son­nières des­ti­nées à la trans­for­ma­tion.Entre les agri­cul­teurs et les in­dus­triels, il n’a pas été pos­sible de réus­sir un quel­conque contrat de pro­duc­tion. Rien ne peut être pro­gram­mé.En plus des pro­blèmes po­sés par les centres de col­lecte des to­mates, «no­tam­ment le non oc­troi aux pro­duc­teurs de to­mates par les pre­miers de fac­tures de ré­cep­tion du pro­duit ain­si que leur ater­moie­ment lors du rè­gle­ment des mon­tants qu’ils leur doivent, sou­lignent l’ur­gence d’iden­ti­fier des mé­ca­nismes obli­geant les dif­fé­rentes par­ties à res­pec­ter et à ap­pli­quer le ca­hier des charges éla­bo­ré à cet ef­fet. Quatre uni­tés de trans­for­ma­tion des to­mates doivent pro­cé­der au paie­ment des to­mates des­ti­nées à la trans­for­ma­tion se­lon la qua­li­té, sou­li­gnant l’im­pé­ra­tif de contrô­ler les ap­pa­reils de pe­sage et in­di­quant qu’une com­mis­sion contrô­le­ra les mé­thodes de pe­sage». Les su­per­fi­cies dé­diées aux to­mates est es­ti­mée à en­vi­ron 14 mille hec­tares pour la sai­son 2017. Elles sont sup­po­sées cou­vrir les be­soins du mar­ché in­té­rieur, qui dis­pose en plus du stock dis­po­nible de­puis l’an­née pré­cé­dente.A Na­beul, la su­per­fi­cie de plan­ta­tion des to­mates sai­son­nières s’élève à 5 mille hec­tares, la même que pour les an­nées pré­cé­dentes.Mais, par rap­port à 2009, la ten­dance est à la ré­gres­sion des su­per­fi­cies consa­crées à la to­mate. Ce­la re­vient à la hausse du coût et à la ré­ti­cence des agri­cul­teurs à plan­ter ce pro­duit, ce qui a en­traî­né la baisse de la contri­bu­tion de la ré­gion Na­beul dans la pro­duc­tion na­tio­nale de to­mates de 65% à 25%.

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