EGYPTE DANS LA TOUR­MENTE DE LA LI­BÉ­RA­LI­SA­TION

La Presse Business (Tunisia) - - ÉDITO -

DIX mois après le pas­sage à la conver­ti­bi­li­té to­tale de la livre égyp­tienne, l’in­fla­tion reste su­pé­rieure à 30 % par an. Le FMI et les au­to­ri­tés s’en ac­com­modent, mais la po­pu­la­tion, qui su­bit de plein fouet les fortes hausses de prix et les con­sé­quences de la dé­va­lua­tion de la mon­naie est loin de par­ta­ger leur op­ti­misme.Fin sep­tembre 2017, l’Égypte a pas­sé avec suc­cès, mais avec près de six mois de re­tard, la pre­mière re­vue de son am­bi­tieux pro­gramme de sta­bi­li­sa­tion lan­cé avec et grâce au Fonds mo­né­taire in­ter­na­tio­nal (FMI) le 3 no­vembre 2016. «C’est un bon dé­part», a com­men­té son con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion. Le nou­veau pa­tron de son équipe «Égypte», l’In­dien Su­bir Lall, a énu­mé­ré de­puis Wa­shing­ton les suc­cès : la fin des pé­nu­ries de de­vises grâce à l’éta­blis­se­ment d’un nou­veau sys­tème de change qui laisse la va­leur de la livre égyp­tienne fixée par l’offre et la de­mande, en l’ab­sence (en prin­cipe) de toute in­ter­ven­tion des au­to­ri­tés, que ce soit la Banque cen­trale d’Égypte ou le mi­nis­tère des Fi­nances ; l’in­tro­duc­tion de la taxe sur la va­leur ajou­tée (TVA) — un im­pôt à grand ren­de­ment — a ren­for­cé les fi­nances pu­bliques. Les rece es ont aug­men­té de 31,8 % en 2016-2017, soit 8 % de plus que pré­vu par la loi de fi­nances. En­fin, les ta­rifs des car­bu­rants et plus gé­né­ra­le­ment de l’éner­gie ont for­te­ment aug­men­té en juillet der­nier. La me­sure la plus im­por­tante est évi­dem­ment la conver­ti­bi­li­té to­tale de la livre. Jus­qu’ici, la conver­ti­bi­li­té était cou­rante, c’est-à-dire ré­ser­vée, en prin­cipe, aux opé­ra­tions de com­merce ex­té­rieur. Les pé­nu­ries ré­cur­rentes de de­vises, et d’abord de dol­lars, ont au fil des ans trans­for­mé de fait la Banque cen­trale en grand dis­tri­bu­teur de mon­naies fortes. Ja­mais, de­puis la ré­vo­lu­tion de 1952, Le Caire n’avait osé fran­chir le pas, la ba­lance des paie­ments étant par trop dés­équi­li­brée. Le pré­sident Ab­del Fa­tah Al-Sis­si a long­temps hé­si­té avant d’imi­ter le pré­sident russe Vla­di­mir Pou­tine et son ho­mo­logue ar­gen­tin Mau­ri­cio Ma­cri qui sont les deux seuls à avoir aban­don­né le contrôle des changes ces der­nières an­nées par­mi les pays émer­gents.

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